« Don’t worry, he won’t get far on foot » de Gus Van Sant ****

Le parcours vers la rédemption de John Callahan, alcoolique, dessinateur satirique, devenu tétraplégique à 21 ans. Né en 1951, décédé en 2010.

Coup de coeur pour ce film dont le discours sur l’alcoolisme se situe par delà le bien et le mal.

Construit sous forme kaléidoscopique, dans un éclatement temporel, l’histoire garde une grande cohérence, dans le sens de la rédemption de John Callahan. Gus Van Sant recolle les morceaux au fur et à mesure.

L’essentiel du temps est consacré aux discussions dans le groupe de parole des Alcooliques anomymes, et leur effet sur le quotidien du dessinateur.

Les acteurs sont épatants et investis, notamment Jonah Hill et Joaquin Phoenix, des rôles plus discrets sont attribués à Rooney Mara et Jack Black.

https://www.senscritique.com/film/Don_t_Worry_He_Won_t_Get_Far_on_Foot/24054827

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« Candelaria » de Jhonny Hendrix Hinestroza ***

En 1994, l’embargo américain est en cours à Cuba, alors que la chute du communisme fragilise définitivement les relations commerciales de l’île. La crise économique frappe la société cubaine de plein fouet.

A La Havane, un vieux couple, Victor Hugo et Candelaria, vivent comme ils le peuvent, travaillant , trafiquant, élevant des poussins et déjouant les multiples pannes d’électricité. Leur amour est à l’image de ce pays usé. Jusqu’au jour où Candelaria découvre sur son lieu de travail un caméscope oublié par des touristes.

Le couple connaît un nouveau souffle, jouant de cette caméra, mais c’est sans compter l’emprise du parrain mafieux local qui les entraîne sur une pente glauque.

L’intérêt du film se situe dans les possibilités de l’amour après de nombreuses années de vie commune, davantage que par son témoignage sur la vie à Cuba. C’est plutôt touchant.

https://www.senscritique.com/film/Candelaria/29375593

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« Ready player one » de Steven Spielberg ****

Nous sommes en 2044 et la réalité est difficile. La majeure partie des terriens passent une grande partie de leur temps, sur Oasis, un immense jeu virtuel.

Le défunt créateur de ce jeu, James Halliday, offre la direction de son monde virtuel au gagnant d’un concours qu’il a organisé au sein d’Oasis. Pour gagner le concours, il est nécessaire de bien maîtriser la culture geek des années 1980 : les films, les jeux vidéo et la musique de l’époque.

Wade et un groupe de jeunes personnes courent vers la victoire mais doivent affronter une société dirigée par le cynique Nolan Sorrento.

Ce n’est qu’après l’émotion que j’ai un peu analysé le film.

Il y a beaucoup de bonnes choses :

– Il apparaît que celui qui domine et dirige le monde virtuel, imaginaire domine également le monde réel, plus essentiel que les univers fictifs : ceci est bien montré par Steven Spielberg et constitue l’essentiel de son message.

– Je ne maîtrise de loin pas la culture pop des années 80, surtout pas les jeux vidéo, mais j’ai bien suivi le film aux nombreuses références. Un plaisir ludique de s’amuser à les deviner dans telle ou telle allusion.

– Le groupe de jeunes qui cherche à gagner le concours est éminemment sympathique.

– Quoique très véloce, l’animation virtuelle n’est pas indigeste et très bien réalisée.

– Malgré un événement dramatique (le seul) et ce sera mon bémol, le film est peu violent. Disons que la violence se situe dans le monde virtuel, différente dans le monde réel. Les désastres du virtuel entraînent la ruine ou le déclassement des joueurs.

J’ai beaucoup aimé aussi ce jeu entre réel et virtuel, personnes et avatars, bien plus abouti que dans le film « Avatar », moins énigmatique que dans « Matrix ».

En bref, je pense que ce film est un excellent divertissement. J’ai été complètement happée par le scénario et la mise en scène extrêmement bien rythmés.

https://www.senscritique.com/film/Ready_Player_One/13489086

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« Marie-Madeleine » de Garth Davis ****

Garth Davis raconte la dernière année de la vie de Jésus et le chemin vers Jérusalem, à travers les yeux de Marie-Madeleine, rencontrée à Magdala.

Marie de Magdala vit avec ses frères et son père à Magdala, elle a des dons d’accoucheuse. Elle refuse de se marier, ses proches disent qu’elle est habitée par des démons. Elle rencontre Jésus qui lui redonne confiance en elle et elle décide de le suivre au même titre que les autres disciples.

S’il y a plusieurs infidélités par rapport aux Evangiles (inexactitude du texte pour le discours de la montagne ou la résurrection de Lazare ; 10 (dont Marie) au lieu de 12 apôtres lors de la Cène, les propos sur le rôle de Pierre dit par Pierre et non par Jésus …. et j’en oublie) je n’ai trouvé le film ni irrespectueux ni blasphématoire.

Autre reproche : Joaquin Phoenix est peut-être trop âgé pour rentrer dans le rôle de Jésus.

Ceci dit j’ai énormément aimé son jeu : ni gourou, ni orateur, ni tout à fait homme, ni tout à fait Dieu, très tourmenté, discret, humble , il semble vivre une lutte intérieure, lutte entre le divin et l’humain, à la fois proche des autres, mais aussi lointain.

Rooney Mara joue avec grâce. Pure et confiante jusqu’au bout, elle sera le premier témoin de la résurrection de Jésus.

Si j’ai beaucoup apprécié ce film c’est pour trois raisons :

Garth Davis choisit une forme naturaliste, avec de magnifiques reconstitutions et photographies. L’essentiel du film raconte le cheminement de Jésus et de ses apôtres, dans un décor minéral, parfois aquatique. Les couleurs terreuses et grises dominent, conférant une grande simplicité au film. De nombreux gros plans sur les visages, des compositions intéressantes lorsqu’il y a la foule.

Ceci permet une immersion, grâce aussi à une musique sobre et intense, amplifiant les émotions. J’ai été captivée tout au long du film.

L’autre raison est le regard sur Marie de Magdala qui questionne finement, -à mon avis sans incohérence historique- la place des femmes auprès de Jésus ; rôle pas forcément respecté par les traditions religieuses.

Enfin, le principal thème religieux abordé par « Marie-Madeleine » est la nature du « Royaume » promis par Jésus. Plusieurs réponses sont données.

Des récents films sur la religion récemment sortis en salle, « Marie-Madeleine « est celui que je préfère.

https://www.senscritique.com/film/Marie_Madeleine/23038911

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« Phantom thread » de Paul Thomas Anderson **

D’emblée je dirais que mon intérêt pour le film s’est estompé à cause d’une fin trop « venimeuse » et improbable à mes yeux.

Reynolds Woodcock, dans les années 1950 à Londres est un couturier de génie, perfectionniste, égoïste, débordant de manies, qui habille les personnalités de l’époque. Il dirige sa maison avec l’aide de sa soeur célibataire, Cyril. Aucune de ses maîtresses occasionnelles n’est parvenue à obtenir un engagement de sa part.

Jusqu’au jour où il rencontre Alma, serveuse dans une station balnéaire britannique. Il l’emmène dans sa maison de campagne et lui fait essayer des vêtements. Elle devient son égérie. Alma va tenter d’occuper une place prépondérante dans la vie de Reynolds Woodcock, quels qu’en soient les moyens.

Comme le soulignent de nombreuses critiques, la réalisation du film est brillante et précise, la photographie magnifique, parfois légèrement voilée, comme soyeuse, avec une musique omniprésente qu’on apprécie ou non.

Pour moi, la musique donne un aspect « film muet » à l’ensemble et participe au sentiment que l’histoire se déroule dans un monde clos, un monde à part, un univers dans un univers, dont Woodcok est l’ordonnateur, sur un rythme donné par la partition.

Je suis pleinement rentrée dans le scénario, mais la tournure sulfureuse malsaine m’a au final déplu.

https://www.senscritique.com/film/Phantom_Thread/21561078

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« La belle et la belle » de Sophie Fillières *

L’idée de départ est originale : Margaux 40 ans, rencontre Margaux 20 ans, laquelle semble être son double en plus jeune. Le début de film est accrocheur avec de bonnes répliques et de l’humour.

Sandrine Kiberlain, de rouge vêtue, pétillante et enjouée porte le film. Mais le scénario s’embrouille, je dirais un peu après la rencontre des deux femmes. Peu de choses à mes yeux font sens ensuite.

Le film reste agréable à regarder, même s’il est par moments ennuyeux.

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« La prière » de Cédric Kahn ***

Thomas, 22 ans, toxicomane à l’héroïne, se rend dans les Alpes. Il rejoint une communauté catholique de jeunes hommes, encadrée par un prêtre et un homme anciennement alcoolique, afin de suivre un programme de désintoxication.

Dans la communauté, la vie est rude : ni alcool, ni tabac, ni drogue, ni filles ; travaux manuels fatigants et prières chaque jour, dans des paysages alpins magnifiques.

Malgré cette entrée en matière intéressante et sobrement mise en scène, laissant place aux visages et aux décors, j’ai été un peu déçue par le film. Beaucoup d’ellipses en rythment le déroulement. Le spectateur n’apprend pas pourquoi Thomas se droguait, ni pourquoi il a décidé d’arrêter. Le film ne dit pas ce qui dans la vie en communauté et la foi aura permis à Thomas de se diriger vers la guérison physique et psychologique.

Je n’ai de ce fait pas trop été impliquée dans le film.

Le face à face avec soeur Myriam, l’errance dans les montagnes et la relation avec Sybille auront été déterminants, mais je m’attendais à davantage d’explications.

J’ai beaucoup aimé ceci dit les rares prises de parole des jeunes lors de la fête ou lors du départ de Thomas.

Reste un film très bien joué, avec naturel et simplicité, très bien réalisé avec de belles photos.

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« Il y a 123 ans aujourd’hui, le premier film voyait le jour » par Alexandre Nessler

Je vous laisse découvrir cet intéressant article d’Alexandre Nessler :

https://www.meero.com/fr/news/cinema/128/Il_Y_A_123_Aujourdhui_Le_Premier_Film_Voyait_Le_Jour

L’article : « Un jour historique

Il y a 123 ans, jour pour jour, c’est-à-dire un 22 mars à Paris, les frères Lumière présentaient officiellement le premier film de tous les temps à une audience collective éblouie par l’innovation qu’apportait la machine nommé le cinématographe dans le monde à l’aube du 20è siècle.

C’est en effet à cette date précise qu’eu lieu la première diffusion de la séquence intitulée « Sortie de l’Usine Lumière à Lyon », dans laquelle on assiste en plan fixe à la sortie du travail d’un groupe d’ouvrières suivies des cadres de l’usine. Le film est un très court métrage puisqu’il dure environ 45 secondes et ne contient aucun son pour l’accompagner, fort logiquement. Le cinématographe, mis au point par les frères Lumière, permettait à l’époque la captation des images mais aussi la projection de celles-ci. Cela permit de tourner la courte séquence à Lyon seulement 3 jours avant sa projection.

Le film a ensuite été présenté parmi une liste de 10 films similaires au Salon indien du Grand Café en décembre de la même année.

Quelques polémiques et imprécisions

Il est parfois confondu pour le statut de film le plus ancien de tous les temps avec la séquence « Arrivée d’un train en gare de La Ciotat » en raison, probablement, du mythe qui entoure cette dernière et qui voudrait que lors de la projection, les spectateurs se seraient enfuis, pris de panique en croyant que le train était réel. Mais ce film fut en réalité diffusé l’année suivante, en janvier 1896, bien que son tournage ait eu lieu en 1895.

Grâce à ce film, les frères Lumière sont aujourd’hui considérés comme les inventeurs du cinéma. Certains historiens privilégient, eux, les travaux de Thomas Edison comme pionniers du cinéma. Néanmoins, ce qui les différencie de lui, c’est que les frères Lumière ont mis au point un outil permettant la projection de films en audience collective tandis que le kinétographe d’Edison ne permet que le visionnage individuel des séquences. Par ailleurs, les frères Lumière s’approchent plus du concept de cinéma tel qu’il est représenté aujourd’hui car leurs premiers films témoignent d’une recherche du cadre idéal et d’une attention particulière accordée à la position du cinématographe dans le but de proposer la meilleure image à son audience. Ce sont ces caractéristiques du travail des frères Lumière qui les rapprochent le plus du travail d’un réalisateur de cinéma.

Il est intéressant de noter qu’à l’époque, les frères Lumière prédisaient une durée de vie limitée dans le temps à l’image animée. Ils pensaient que cette mode et ce curieux nouveau média allait intéresser le grand public quelque temps puis s’estomper. La suite on la connaît et la place qu’ont le cinéma et l’image animée dans la culture aujourd’hui n’est pas près de disparaitre. »

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« Hostiles » de Scott Cooper ***

Scott Cooper raconte le périple d’une équipée de soldats, d’indiens et d’une femme dont la famille a été massacrée par des Comanches. Ils se dirigent vers le Montana, pour permettre à un chef indien gravement malade de mourir sur ses terres.

Ce Western est intéressant, car il parle aussi de la cruauté des indiens, il ne les montre pas juste en victimes. Même s’il met des bémols. Les femmes en tous cas, sont les grandes victimes de ces affrontements.

Les paysages sont magnifiques. L’histoire est une sombre tragédie, peu d’entre les protagonistes survivent. La mort est partout, les monstres sanguinaires aussi. Certains ont peut-être un code de l’honneur que d’autres n’ont pas.

L’ouest américain du 19ème siècle fait peur.

C’est un bon et beau film qui manque peut-être un peu d’humour.

https://www.senscritique.com/film/Hostiles/19558706

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« Ladybird » de Greta Gerwig ***

Christine vit à Sacramento. Elle préfère qu’on la nomme « Ladybird ». En 2003 elle entame son année de Terminale dans une école de soeurs catholiques. Prise dans une relation compliquée avec sa mère et complice avec son père, elle fait face aux doutes des jeunes de son âge : comment gérer sa vie amoureuse, comment construire son avenir après le lycée ? Difficile, de plus de ne pas se comparer aux jeunes issus de milieux plus aisés.

Ce teen age movie, sage, doux amer et souvent drôle, est réalisé avec un regard rempli de tendresse pour tous ses personnages. Quelques très bons moments (par exemple pour tout ce qu’entreprend « Ladybird » pour ses 18 ans).

Saoirse Ronan est vraiment l’actrice qu’il fallait, à la fois touchante, fantasque, un rien insolente.

J’ai bien aimé. Parmi les films récents sur l’adolescence j’ai trouvé « Jamais contente » d’Emilie Deleuze plus malicieux et audacieux ou « Sing Street » plus fiévreux et passionné.

Mais « Ladybird » est en partie autobiographique, ce qui le rend très intéressant pour qui comme moi aime énormément Greta Gerwig.

https://www.senscritique.com/film/Lady_Bird/19781450

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