« So long my son » de Wang Xiaoshuai ****

La compréhension du film fait appel à de fines qualités d’observation. Pour évoluer dans ce labyrinthe spatio-temporel de plus de 3 heures, jonché d’ellipses, chaque détail est important, essentiellement dans les images : un téléviseur des années 80, une mèche de cheveux blancs, tantôt une moustache, tantôt un visage glabre, un smartphone… Quelques mots lancés ici et là permettent de se repérer à qui reste attentif.

Plusieurs époques se mêlent et mènent vers les jours actuels, non sans allées venues d’une époque à l’autre, avançant toujours davantage vers la vérité des faits et la vérité des sentiments.

Cette gymnastique intellectuelle à travers le temps se fait parfois au détriment de l’émotion, mais c’est peut-être une façon d’être pudique.

C’est l’histoire d’un couple d’ouvriers, de leur fils, Xingxing, et de leurs amis proches, deux couples avec des enfants. En filigrane, l’Histoire de la Chine depuis les années 80, dont le fil conducteur reste la politique sur l’enfant unique. Le rapport aux enfants est central et essentiel, au coeur de cette narration éclatée.

J’ai beaucoup aimé la photographie, belle et précise, tout le travail sur le vieillissement des personnes des lieux et des objets. Les événements les plus graves sont finement amenés, davantage suggérés que frontalement filmés.

Pas une minute d’ennui devant ce film complexe, porté par des acteurs expressifs et impliqués malgré une grande retenue.

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« Toy Story 4 » des studios Disney Pixar ***

Si vous ne connaissez pas Toy Story (comme moi il y a peu de temps) : C’est l’histoire d’une bande de jouets qui prennent vie lorsque les enfants sont absents. Le jouet leader est un cow-boy du nom de Woody. Woody et ses amis appartiennent à Andy. Mais le garçonnet a grandi et a cédé ses jouets à la petite Bonnie.

Bonnie participe à la journée de présentation de l’école maternelle où les jouets apportés de la maison sont interdits. Elle s’y fabrique une poupée à base de déchets, dont une fourchette en plastique. La fourchette se considère comme un déchet, non comme un jouet et cherche à s’enfuir. Woody veille sur elle et tente de la convaincre de rester.

La fillette et ses parents partent quelques jours avant la rentrée en camping-car. Ils s’arrêtent dans une ville accueillant une fête foraine située à côté d’un grand magasin d’antiquités.

L’aventure commence au détour du chemin, alors que Woody perd le jouet fourchette dans la boutique d’antiquités.

On rencontre des jouets méchants et amers, des jouets indépendants sans enfants, et des jouets dont l’existence trouve son sens dans le fait d’appartenir à un enfant.

Je pense que l’histoire plaira essentiellement aux enfants, je n’ai pas trop accroché à l’idée des jouets animés avec leurs crises existentielles.

Ceci dit l’animation est très réussie, riche en couleurs et détails réalistes. Le récit est palpitant quoiqu’un peu long dans les scènes du magasin d’antiquité.

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« Yesterday » de Danny Boyle ***

Jack Malik, chanteur et guitariste, se consacre à la musique pop en acceptant des jobs précaires. Il met sa carrière de professeur entre parenthèses. Aidé par son amie de toujours, Ellie, il ne rencontre malgré tout aucun succès.

Un soir, une étrange panne de courant touche la planète entière. A cet instant, Jack se fait percuter par un bus. Je n’en dirai pas davantage.

J’ai aimé de nombreuses choses dans ce film : Les acteurs principaux, éminemment sympathiques et frais ; les seconds rôles très réussis, avec des personnages bien caractérisés ; le choix de Ed Sheeran, tout en autodérision, dans son propre rôle ; l’humour British, même parfois redondant ; des surprises ; une romance assez convenue mais aux accents sincères ; la BO et l’interprétation très sensible des tubes des Beatles ; le charme de l’ensemble.

Si Danny Boyle décline à sa façon l’idée du film français « Jean-Philippe », pourquoi pas ?

Tous les bons côtés font oublier un scénario parfois peu original, mais toutefois judicieusement écrit. En effet, peut-être davantage que dans un biopic classique, on réalise l’intemporalité de leur musique et le vide qu’ils ont laissé : Danny Boyle transmet une furieuse envie d’écouter et ré écouter les Beatles !

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« Men in black : international » de F.Gary Gray **

2016 à Paris. Deux « Men in Black » (MIB : agents spéciaux chargés de gérer les populations d’extra-terrestres transitant par la Terre) montent au sommet de la tour Eiffel à la rencontre de visiteurs de l’espace visiblement mal intentionnés.

20 ans plus tôt à Brooklyn, une fillette, Molly, sauve la vie d’un mignon alien, malgré une intervention des MIB.

De nos jours à Londres, l’agent H est infiltré au sein d’un groupe de trafiquants aliens…Alors que Molly, à New York tente de rejoindre l’équipe des MIB.

Voici le début du dernier opus des MIB (Men in black) , dont le scénario banal …une arme terrible convoitée par des très méchants…est sauvé par l’humour jovial et l’imagination débordante des créateurs d’aliens.

En ce dimanche de juin j’étais sérieusement ralentie par la fournaise estivale précoce. Passer l’après-midi dans un complexe cinématographique bien climatisé et regarder un film « pop corn » sans prise de tête furent des activités bien rafraichissantes.

Fidèle au premier opus dont j’avais trouvé l’humour décapant et l’idée initiale originale, j’ai été bien sûr moins surprise et déroutée par ce quatrième volet.

Mais la légèreté et l’autodérision présentes dans ce film au casting très sympathique ont eu raison de mes réticences.

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Eté au jardin : Un jardin philosophe à Boersch

Les cloches de l’église de Boersch résonnent, à 15 heures l’hôtesse des lieux ouvre les portes de ce jardin privé qui longe le front ouest de l’enceinte médiévale du village.

Nous attendons d’éventuels autres visiteurs. La visite guidée du jardin commence par une traversée d’espaces où le symbolisme lié aux jardins est dévoilé au long de treillages offrant perspectives et supports aux plantes grimpantes, parmi des végétaux originaires des lieux ou ajoutés par les propriétaires. Tout cela parle de paradis, de labyrinthes, de grottes et de cloîtres.

Avec une vue saisissante sur le Mont Sainte-Odile entre deux hêtres remarquables, le jardin offre aussi des enclos bordés de buis centenaires, une allée de thuyas aux allures de cyprès, un verger riche en fruitiers anciens, un ruisseau longeant l’ombre des remparts, des arbres spectaculaires. Partout présentes : des herbes folles, signes de la sagesse de ce jardin philosophe.

Nous avons passé plus de deux heures, comme un moment intemporel, riche de la culture de Mme et Mr Kern. Ils parlent avec passion de botanique, d’histoire locale, de zoologie, d’art et d’histoire ancienne, grâce à une connaissance précise et érudite de leur jardin.

Encore merci à eux !

https://www.un-jardin-philosophe.com/

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Eté au jardin : Jardin d’un brocanteur à Barr

Entre deux salles obscures, nos pas nous ont conduits à Barr au jardin d’un brocanteur.

Depuis la rue, après avoir franchi la porte, des escaliers passant à côté d’une piscine, nous mènent sur une terrasse où les propriétaires nous accueillent chaleureusement. Ils nous expliquent l’histoire de ce jardin créé sur une pente raide, terrassée, également refuge LPO (Ils ont pu observer une quinzaine d’espèces d’oiseaux différents.).

La visite s’effectue sur des sentiers tortueux et des escaliers, laissant découvrir divers espaces et terrasses où la végétation est parfois exubérante, avec une très grande variété de plantes. Des objets de brocante sont disposés ici et là souvent avec une pointe d’humour.

Un jardin à découvrir absolument !

https://www.alsace-jardins.eu/jardin.php?id=68

https://fr-fr.facebook.com/pages/category/Patio-Garden/Le-jardin-dun-Brocanteur-171452486607916/

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« Noureev, the white crow » de Ralph Fiennes ***/****

J’ai préféré le biopic « Tolkien » sorti la même semaine, plus profond et davantage centré sur la recherche des germes d’une oeuvre magistrale. J’ai également préféré « Soleil de nuit » de Taylor Hackford sorti en 1985, si vous vous souvenez, avec la musique de Lionel Richie. Sur le même sujet le film était plus puissant et davantage d’actualité à l’époque.

Ceci dit « Noureev » reste pour moi un bon film, captivant, mêlant plusieurs périodes de la vie de Rudolph Noureev, de son enfance à l’année 1961, lorsqu’il est « passé à l’ouest ».

Les passages sur sa naissance et son enfance sont touchants et bien réalisés. Ensuite c’est le tempérament antipathique, ambitieux et magnétique et les ambivalences du danseur qui deviennent importants, avec de beaux moments de danse.

L’histoire, intéressante est construite sous forme de va-et-vient entre les différentes époques. Je suis bien rentrée dans le film et je n’ai pas vu le temps passer.

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