« Eté 93 » de Carla Simon Pipo ***

Le thème de l’histoire -une enfant de 6 ans qui a perdu ses parents, recueillie par un oncle et une tante à la campagne- peut faire peur et craindre un mélo saturé d’émotions.

C’est tout autre chose que montre Carla Simon Pipo. Déjà l’histoire est auto-biographique, elle sent le vécu, dans ce qu’il a de singulier et de sincère. Le choix narratif, naturaliste, réaliste met en valeur le jeu exceptionnel des deux enfants. Ici la caméra est un témoin discret de scènes du quotidien de Frida, recueillie par son oncle. L’enfant est centrale.

Le drame qui se joue n’explose qu’à la fin du film et l’ensemble devient une histoire très poignante et vraie.

Ce que j’ai apprécié, c’est l’absence de lourdeur, d’analyses psychologiques, le fait d’être juste le témoin discret d’une histoire à la fois belle et rude.

https://www.senscritique.com/film/Ete_93/24857016

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« On the milky road » de Emir Kusturica ***

Une des grosses lacunes de ma culture cinématographique est la connaissance du cinéma d’Emir Kusturica. Je crois n’avoir vu que « Papa est en voyage d’affaire ».

Découvrir « On the milky road » est ainsi une première pour moi. Je vais essayer d’en parler sans préjugés, avec un regard neuf de Candide.

C’est un film très éprouvant, trop long sur la fin. Pourtant ..

Il est clair que Kusturica est profondément marqué par la guerre. Cette allégorie qui en exprime toute l’empreinte est très poignante.

Le film est construit et imagé comme un rêve éveillé, avec de réels passages cauchemardesques. De la poésie onirique, de la musique tzigane, des fêtes, de la danse, de l’alcool , des tronches. Mais aussi du sang, du feu, des larmes. De magnifiques paysages, des scènes de guerre angoissantes, des situations improbables elles aussi oniriques.

Les animaux occupent au moins la moitié de la scène : oies, poules, faucon, cochon, chats, ours, moutons, chèvres, âne, serpent, abeilles, papillons …attachants, inquiétants, indispensables, dans des scènes aussi malheureusement tragiques.

Une fin très apaisante et mélancolique. Une histoire d’amour touchante.

Alors mon envie en sortant du cinéma, est de vite regarder d’autres oeuvres de ce cinéaste créateur d’univers, comme « le temps des gitans » ou « chat noir, chat blanc. »

https://www.senscritique.com/film/On_the_Milky_Road/10439828

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« Entre deux rives » de Kim Ki-Duk **

Un pêcheur Nord coréen, pour avoir fait dériver sa barque en panne sur les eaux de la Corée du Sud se voit capturé par les services secrets de Séoul. A part un jeune agent qui cherche à le protéger et le comprendre, personne ne le ménage.

Je suis partagée par ce film. Le pêcheur est très touchant, comme le jeune agent qui le soutient. L’histoire est construite comme un fable qui met dos à dos les deux Corée, les deux systèmes, qui finissent par broyer l’individu, le peuple.

Le grand mérite du film est de souligner habilement la différence des enjeux entre un système politique et le peuple qui en dépend.

Ceci dit j’ai été lassée par les interrogatoires incessants, c’est dommage, l’idée du film aurait pu être exploitée par d’autres biais que les interrogatoires.

Ca reste un film à voir, je pense.

https://www.senscritique.com/film/Entre_deux_rives/22350183

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Moi, moche et méchant (3) ***

Ne vous fiez pas trop à ma critique, parce que je suis extrêmement bon public pour cet opus ! J’avais le sourire aux lèvres pendant tout le film que j’ai trouvé hilarant !

De nombreux points très drôles : le choix du méchant en caricature réussie de Michaël Jackson ou autre pop star des années 80. L’île sur laquelle vit le frère de Gru, comme ses habitants et les petits cochons qui la peuplent, la fuite des minions, leur chorale, leur emprisonnement, leur évasion. L’escapade des frères jumeaux sur l’île du méchant. Beaucoup de détails amusants dans les costumes, les décors. La licorne découverte par Agnès …Et j’en passe !

Une seule chose ne m’a pas plu, c’est l’attaque finale du méchant, ça m’a fait penser à  l’attaque finale dans le film consacré aux minions : lourde et dépourvue de sens.

Mais sans cela, je dois dire que j’ai bien ri !

https://www.senscritique.com/film/Moi_moche_et_mechant_3/10768382

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« Les hommes du feu » de Pierre Jolivet ****

Enfin le cinéma français produit un film consacré à ce métier au service des autres. De plus un film extrêmement bien fait, au scénario poignant.

Bénédicte (Emilie Dequenne, tout en intensité) , femme pompier professionnelle, arrive dans une brigade dirigée par Philippe (Roschdy Zem, très humain). Malgré une faute commise dès sa première intervention, Bénédicte essaie de s’intégrer à cette équipe masculine et va partager le travail quotidien de la brigade.

La film tente une certaine exhaustivité et montre toute l’étendue du travail des pompiers. Il est très précis et documenté, les missions sont des plus variées : de l’accouchement poignant d’une sans papier dans le véhicule ; au caillassage et jet de pot de fleurs dans une cité ; en passant par un incendie de garrigue ou des faits plus dramatiques.

Pierre Jolivet évite les images trop dures, il évoque davantage les situations tragiques, qu’il ne les montre. J’ai apprécié que le feu ne soit pas mis au premier plan comme un élément fascinant, mais réellement relativisé par le réalisateur comme par les héros.

Ce que le cinéaste valorise, c’est essentiellement le dévouement des pompiers, le rôle difficile et essentiel qu’ils occupent, le travail effectué équipe avec rudesse et humour.

J’espère que le public viendra nombreux assister à cet hommage.

https://www.senscritique.com/film/Les_Hommes_du_feu/24527038

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« Memories of murder » de Bong Joon Ho ****

Cette semaine, c’est l’occasion de voir ou de revoir ce film sud coréen sorti en 2003.

L’histoire se déroule en 1986, et se conclut en 2003. Elle s’inspire de faits réels : de crimes imputés à un tueur en série jamais arrêté par la police.

Amateurs des séries policières comme « les experts », « esprits criminels », « NCIS » et autres fictions qui voient se résoudre des crimes complexes en moins de 40 min chrono en main grâce à des équipes à l’efficacité redoutable et aux méthodes rigoureusement scientifiques, vous serez foncièrement déçus ou frustrés par « memories of murder ».

Et pourtant il y a énormément à voir et à dire sur ce film considéré par beaucoup comme un chef de file du thriller coréen.

Loin de moi toute complaisance liée à des considérations exotiques. Le cinéma coréen est riche de plusieurs thrillers mémorables. (Je pense à « the chaser », « strangers » ou encore « mother »)

L’intrigue se situe dans la province sud coréenne avec ses industries, ses mines et sa ruralité : cet univers provincial et joliment filmé, au besoin devient le cadre des crimes et des poursuites policières.

Ensuite, le climat est lui aussi un acteur important du film, les journées pluvieuses et sombres servant de décors aux meurtres. A l’opposé, le film débute par une scène champêtre ensoleillée quasi idyllique, avec un enfant impertinent qui imite un inspecteur …si ce n’est que celui-ci découvre le corps d’une victime.

Les policiers du coin, des brutes aux aspects burlesques, avec un côté superstitieux, trafiquant au besoin les preuves, se voient secondés par un inspecteur venu de Séoul, aux méthodes plus rigoureuses. Celui-ci va cependant être contaminé progressivement par la violence de ses collègues.

Bong Joon Ho dresse le portrait de marginaux inquiétants ou candides, suspects idéaux dans cette enquête.

Les investigations finissent par avancer, mais les manques de moyens scientifiques de la police coréenne vont freiner le cours des choses.

Quelques scènes d’anthologie : le meurtre de la femme sous la pluie près de l’usine, l’observation du pervers au soutien gorge sur une scène de crime, la course poursuite de nuit, la scène à la mine, les deux scènes sur les rails … Des coups de maître assurément.

L’ensemble est un film complexe et original, parfois drôle malgré le réalisme de la tragédie qui se joue, dans un décor pas du tout décoratif, avec un constat social acerbe. Il y a du suspense, des frustrations (pour tout amateur de polar), mais aurait-il pu en être autrement ? Et une réalisation magistrale !

https://www.senscritique.com/film/Memories_of_Murder/453901

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« Le Caire confidentiel » de Tarik Saleh ***

Si vous aimez les films policiers à atmosphère, avec poussière, urbanisme et corruption, « Le Caire confidentiel » qui se déroule sur fond de printemps arabe, ne pourra que vous plaire.

Un commandant de la police égyptienne se démène pour trouver la vérité sur le meurtre, au Hilton, d’une chanteuse très belle. C’est tout autre chose qu’il découvrira au bout du chemin.

L’intrigue, simple et tortueuse à la fois, sur déroule dans une ville fiévreuse et agitée comme une fourmilière, aussi bien de jour que de nuit, superbement filmée.

Placer un polar à l’ancienne dans un tel décor est une belle et sombre réussite.

https://www.senscritique.com/film/Le_Caire_confidentiel/25016094?logged=true

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