« Edmond » de Alexis Michalik *****

L’histoire commence en 1895.  Le dramaturge Edmond Rostand marié à Rosemonde Gérard et père d’un enfant, est en panne d’inspiration, malgré le soutien indéfectible de l’actrice Sarah Bernhardt.

Deux ans plus tard, le célèbre acteur Constant Coquelin le contacte et lui demande de lui écrire une pièce … qu’Edmond n’a pas encore écrite. Deux mafieux corses vont financer ce projet théâtral, une des plus époustouflante aventure artistique de l’Histoire. Edmond Rostand écrit et met en scène « Cyrano de Bergerac » en quelques semaines, avec des décors impressionnants, en s’inspirant d’une histoire épistolaire qu’il vit simultanément.

J’ai adhéré avec un énorme enthousiasme au récit endiablé de la genèse de « Cyrano », récit parsemé d’épisodes truculents -j’ignore s’ils ont eu lieu-, joué avec énergie et bonne humeur, mettant sur un réel piédestal ce si célèbre texte.

J’ai littéralement plongé avec plaisir dans ce Paris de la fin du 19ème siècle avec son histoire et ses célébrités, palpable grâce à des décors et des costumes travaillés dans le détail.

Fidèle à l’esprit de la pièce d’Edmond Rostand, on peut dire que ce film superbe, au rythme effréné, a bien du panache !

Publié dans Films vus en salle | 1 commentaire

« Asako I § II » de Ryusuke Hamaguchi ****

Osaka, de nos jours. Alors qu’elle visite une exposition de photos, Asako croise Baku. Il l’aborde et l’embrasse à la sortie du musée. Commence une passion entre Asako et Baku. Celui-ci est fantasque et imprévisible, avec un look adolescent bohème. Un jour il part sans donner de nouvelles.

Deux ans plus tard, Asako travaille à Tokyo dans un café. Elle fait la connaissance de Ryohei, un commercial, véritable sosie de Baku, version costume cravate. S’en suit une relation durable, équilibrée, avec beaucoup d’amour.

Mais 5 ans plus tard, Baku refait surface. Pendant toutes ces années, Asako est entourée d’amis, dont les personnalités sont développées par le réalisateur. Elle a un chat qui a un certain rôle (Il m’a fait penser au chat d’Audrey Hepburn, dans « diamants sur canapé ».)

Comme on peut le lire dans la presse, ce thème de l’amant qui ressemble à un premier amant est abordé de mémoire dans un seul film : Vertigo » de Hitchcock. La comparaison s’arrête là, « Asako » n’est pas un thriller, de plus le rapport entre Baku et Ryohei n’est pas celui des femmes de « Vertigo ».

Ceci dit, j’ai énormément aimé « Asako » , je l’ai d’ailleurs nettement préféré à « Senses ». L’histoire a davantage de relief, de péripéties et de sens, très bien écrite. De la finesse et de belles images.

Hamaguchi y rend un hommage discret et émouvant aux victimes de Fukushima.

Sa réflexion sur l’amour dans un couple est très intéressante, montrant qu’il faut aller bien au-delà des apparences pour comprendre les choses.

Encore un très bon film pour ce début d’année.

Publié dans Films vus en salle | 4 commentaires

« Qui a tué Lady Winsley ? » de Hiner Saleem ****

Le beau et ténébreux inspecteur Fergün débarque d’Istanbul sur une île turque et se présente à la morgue où se trouve le cadavre d’une romancière américaine, Lady Winsley. Il prend la relève du commissaire de l’île pour mener l’enquête sur ce décès qui est en réalité un meurtre.

L’inspecteur Fergün loge chez Azra, dans un hôtel insulaire. Il fait progressivement la connaissance des habitants de l’île, presque tous cousins, ancrés dans leurs traditions paternalistes et leurs secrets. Les soupçons se posent bientôt sur le vétérinaire de l’île.

Grâce à des recherches d’ADN il s’approche de la vérité, lorsque la presse locale s’acharne sur ses origines kurdes.

Hiner Saleem nous offre une véritable galerie de portraits, avec des plans et des séquences assez burlesques (tous les hommes buvant le café…)

« Qui a tué Lady Winsley » est un petit film sans aucune prétention, doté d’un humour caustique auquel j’ai bien accroché et d’une ambiance méditerranéenne hivernale pittoresque plaisante. Hautement politique aussi, Hiner Saleem règle ses comptes avec le racisme anti-kurde présent en Turquie.

Encore un polar captivant, intéressant à découvrir pour ce début d’année.

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires

« Un beau voyou » de Lucas Bernard ***

Voici pour commencer l’année, un film très plaisant, pendant lequel on ne voit pas le temps passer, avec un humour décalé pas toujours politiquement correct.

Le commissaire Beffrois vit seul, même si ses fils ont laissé des affaires chez lui. Avec sa femme, il visitait régulièrement les musées d’art. Il approche de la retraite et règle les affaires courantes avec un certain détachement nonchalant et ironique.

L’histoire d’un voleur de tableau qui opère par les toits de Paris le captive, il y met toute sa détermination, malgré l’arrêt de ses activités professionnelles. On fait par ailleurs la connaissance du cambrioleur, un escroc malin également ironique. Plusieurs personnes intéressantes sont mêlées à l’enquête.

Dans ce film à l’ambiance parisienne teintée d’humour noir, point de violence, d’agitation; C’est une enquête à l’ancienne avec étude fine des caractères, en rapport avec le milieu de l’art.

Les comédiens s’en donnent à coeur joie, campant leur rôle avec enthousiasme.

Un film tout à fait original que je conseille chaudement.

Publié dans Films vus en salle | 1 commentaire

« Miraï ma petite soeur » de Mamoru Hosoda **

Je suis le cinéma de Mamoru Hosoda, j’avais particulièrement aimé « les enfants loups ».

Kun est un jeune enfant qui vit avec ses parents et son chien jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite soeur. C’est un moment très difficile pour lui, des émotions, des pensées variées et contradictoires le traversent. Il trouve refuge dans le jardin de la maison, où son imagination, au contact d’un arbre le fait voyager aux côtés des membres de sa famille à différents âges.

Les histoires que racontent ses parents autour des albums photo alimentent ces sauts dans l’imaginaire.

Le film se déroule ainsi selon différents modes : sur un mode réaliste et parfois drôle, sur un mode métaphorique avec en l’occurence un cauchemar mémorable.

Ce n’est pas le film que je préfère chez ce cinéaste, j’y ai trouvé quelques longueurs et parfois il est très infantilisant, malgré une forme complexe pour les plus petits à qui il s’adresse pourtant.

Quelques très beaux dessins en font tout de même un film d’animation de qualité.

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires

Très bonne année 2019 !

Je vous souhaite une belle et heureuse année 2019, riche en découvertes cinématographiques !

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires

« Monsieur » de Rohena Gera ***

Ratna est une très jeune veuve vivant à la campagne près de Bombay. Pour payer des études à sa soeur et aider sa belle-famille, elle occupe un emploi de servante chez le fils d’une riche famille de Bombay, Aschwin. Celui-ci vient d’annuler son mariage avec une femme qui le trompait et qu’il n’aimait pas.

Ratna rêve de devenir créatrice de mode, elle prend des cours de couture tout en effectuant sa tâche avec modestie et dignité. On le devine, Aschwin va tomber amoureux d’elle.

L’histoire est racontée avec délicatesse et malgré un côté « eau de rose », échappe à une perception trop naïve des choses. Ratna est pauvre, mais toute sa richesse réside dans son honneur et son honnêteté, c’est ce qu’Aschwin devra comprendre.

La façon dont est filmée l’Inde m’a beaucoup plu : couleurs, foules, beaux paysages, magnifiques saris et tissus. Cette histoire est une réflexion un peu amère, sur les différences sociales en Inde. La condition des femmes modestes reste très traditionnelle et aliénante, malgré des lueurs d’espoir. La liberté se trouve dans le travail et les études.

Publié dans Films vus en salle | Laisser un commentaire