« Les grands esprits » de Olivier Ayache-Vidal ****

Ce film très optimiste, malgré un constat qui égratigne non sans causticité l’Education Nationale, est porté par Denis Podalydès spirituel et fin et aussi par le jeune Abdoulaye Diallo.

François Foucault, professeur agrégé du Lycée Henri IV se trouve parachuté, suite à un quiproquo, dans un collège de quartier. Une phrase lors d’une séance de dédicace « il faudrait nommer des professeurs expérimentés dans les quartiers difficiles ». En fait c’est ce que le film démontre. Ca risque de ne pas plaire à tout le monde et aussi ce n’est peut-être pas suffisant.

Toujours est-il que le film qui sonne très juste, souvent drôle, fin et bien vu, montre un professeur qui ne renonce ni à lui-même ni à ses principes. Il vouvoie et impose le vouvoiement et un respect réciproque. Il est très sévère avec une souplesse pleine d’esprit. Il se bat pour maintenir le savoir au centre de l’enseignement et fait honneur au chef d’oeuvre de Victor Hugo, « Les Misérables », ou emmène ses élèves à Versailles et non à Disneyland.

Peu de profs du collège l’apprécient au final, pas davantage que l’administration, pourtant il va faire progresser ses élèves.

Ce film pétillant délivre son message sans démagogie et donne à réfléchir.

https://www.senscritique.com/film/Les_grands_esprits/25408621

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« Mary » de Marc Webb ***

Mary, suite au suicide de sa mère, mathématicienne de génie, est élevée par son oncle, ex professeur de philosophie, devenu réparateur de bateaux.

La rentrée scolaire en CP va permettre de déceler que Mary est surdouée.

Arrive la grand-mère maternelle, persuadée que l’enfant doit pouvoir bénéficier d’une éducation hors norme. L’oncle de Mary, lui, ne souhaite que lui offrir une enfance normale. S’en suit un procès.

Le débat sur l’éducation des surdoués reste assez superficiel. Le scénario est édulcoré (heureusement pour le chat borgne, Fred).

Ceci dit, la relation entre l’oncle et la petite fille est très poignante, très bien jouée et constitue l’intérêt majeur du film, par ailleurs très agréable à regarder.

https://www.senscritique.com/film/Mary/17040781

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« Valérian et Laureline » la Bédé réédition de l’oeuvre Intégrale *****

Exceptionnellement je dédie un article à une bédé.

Une littérature abondante a été publiée sur cette bande dessinée mythique, considérée par certains comme archétypale. Je ne puis qu’être humble à côté de cela.

Je ne la connaissais pas avant d’avoir vu le film de Luc Besson, « Valérian et les mille planètes ». Depuis quelques semaines je découvre la saga grâce à la lecture de la réédition des épisodes sous forme de version intégrale chez Dargaud. J’en suis à un peu plus de la moitié de l’oeuvre.

En quelques mots : chef d’oeuvre, richesse scénaristique et imaginative, personnages décalés, humour, analyse politique fine et non classable.

Les albums n’ont rien de formaté, d’idéologique ou de modélisé. Chaque épisode est un petit chef d’oeuvre, une création originale. Si les idées sont a priori de gauche, elles se retrouvent au final exposées à l’humour, au décalage, à l’absence de théorisation et n’ont rien de définitif. Ce sont des odes à la liberté, à l’imagination et à l’égalité, tant au plan des idées, des scénarios que des graphismes.

Je suis reconnaissante à Luc Besson d’avoir dédié un film à ces héros, qui rende hommage à la Bédé, mais aussi aux récents films de science fiction (j’ai pensé à Avatar, à Star Treck), car même s’il a détourné l’original en ajoutant des touches de son imaginaire propre, il m’a donné envie de connaître l’oeuvre de Christin et Mézières, tout à fait passionnante.

Vous avez compris que je recommande la lecture des Bédés, comme le visionnage du film, sans modération.

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Bibliographie cinématographique

Un internaute que je remercie m’a communiqué récemment une intéressante bibliographie sur le cinéma (proposée par Gilles Jacob sur Twitter). Je la partage avec vous:

  • Hollywood Story, de Frank CAPRA
  • La grande parade, de King VIDOR
  • L’écran démoniaque, de Lotte EISNER
  • L’amour du cinéma, de Jean-Louis BORY et de Claude MAURIAC
  • Les grands cinéastes, de Henri AGEL
  • Le cinéma et ses hommes, de Henri COLPI
  • Histoire(s) du cinéma, de Jean-Luc GODARD
  • L’âge moderne du cinéma français, de Jean-Michel FRODON
  • Mémoires d’une fripouille, de George SANDERS
  • Le cinéma français, de Jacques SICLIER
  • The Movies, de Richard GRIFFITH et de Arthur MAYER
  • Panorama du film noir, de Raymond BORDE et de Étienne CHAUMETON
  • Cinéma mémos, de David O. SELZNICK
  • Laterna magica…, de Ingmar BERGMAN
  • Le surréalisme au cinéma, de Ado KYRO
  • Le langage cinématographique, de Marcel MARTIN
  • Mon dernier soupir, de Jean-Claude CARRIERE et de Luis BUNUEL
  • Chroniques américaines, de Pauline KAEL
  • Jean Vigo, de P.E. Salès Gomès,
  • La comédie italienne, de Jean GILI
  • La guerre froide dans le cinéma d’espionnage, de Roland LACOURBE
  • Notes sur le cinématographe, de Robert BRESSON
  • Stanley Kubrick, de Michel CIMENT
  • Louis Malle, le rebelle solitaire, de Pierre BILLARD
  • 30 ans au cinéma, de Alberto Moravia
  • John Ford, de Lindsay ANDERSON
  • Cher moi, de Peter USTINOV
  • Chaplin – sa vie, son art, de David ROBINSON
  • La Suite à l’écran, de Jean AURENCHE
  • Cinéma: autopsie d’un meurtre, de Pascal MERIGEAU
  • Les classiques du cinéma bis, de Laurent AKNIN
  • Erostisme et cinéma, de Gérard LENNE
  • L’antiquité au cinéma, de Hervé DUMONT
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« Barbara » de Mathieu Amalric *

Jeanne Balibar est l’actrice idéale pour incarner Barbara au cinéma, tant par sa fine silhouette brune, son talent que par son timbre de voix et son regard de braise. J’aime beaucoup Mathieu Amalric, je suis une admiratrice de Barbara. Et pourtant, je ne suis pas vraiment convaincue par ce film, malgré des qualités indéniables.

L’identification entre l’actrice et la chanteuse est troublante au point de parfois provoquer la confusion entre les deux femmes comme dans un jeu de miroir. Certains moments de la vie de Barbara sont évoqués comme son implication auprès d’actup, les concerts qu’elle donne dans les prisons pour femmes, sa relation avec Jacques Brel. Certains cadrages et éclairages sont vraiment réussis. Les interprétations de chansons par Jeanne Balibar ou Barbara sont très belles.

Cependant …Le tout à mon goût, reste abstrait. A force de filmer le film qui se joue dans le film, de passer de vrais décors à faux semblants, le cinéaste semble en rester là, sans fil conducteur (ni thématique, ni logique, ni chronologique) et présente une histoire hermétique, peu lisible.

Le film ne m’a pas vraiment donné envie d’écouter un disque de la grande artiste dans l’immédiat.

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« Otez-moi d’un doute » de Carine Tardieu ***

Voici une comédie tout à fait réjouissante, avec quelques moments très drôles ,une ambiance sympathique, une virée en Bretagne, un scénario avec coups de théâtre et moments de vérité …ou de doute.

Les six acteurs principaux sont tous excellents : François Damiens, très touchant dans ce rôle de père pudique et taiseux ; Cécile de France et son sourire rayonnant, Guy Marchand et André Wilms deux papis pétillants, philosophes et graves à la fois ; Alice de Lencquesaing fragile et dynamique ; Esteban foufou et sérieux aussi.

L’histoire met en scène 4 pères différents. Carine Tardieu, sur le ton de la comédie parle de paternité avec beaucoup de profondeur.

Une comédie intelligente à ne pas manquer cette semaine.

https://www.senscritique.com/film/Otez_moi_d_un_doute/25005494

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« Gabriel et la montagne » de Felippe Barbosa ****

« Gabriel et la montagne » est un gros coup de coeur, un film que j’ai trouvé magnifique.

Le film débute au Malawi en 2009, lorsque deux hommes découvrent le corps de Gabriel Buchmann, étudiant brésilien, décédé d’épuisement au pied du mont Mulanje.

Le réalisateur, Fellipe Barbosa, un ami d’enfance de Gabriel, décide de raconter les 70 jours qui précèdent le décès du jeune homme.

Gabriel, avant de travailler sur son doctorat d’économie en Californie, s’octroie un tour du monde d’un an et le termine en Afrique. L’histoire se situe en fin de périple, peu de temps avant de regagner le Brésil. La plupart des acteurs africains sont des personnes qui ont réellement croisé le chemin du jeune étudiant. Le film est ponctué de réflexions de ces hommes sur leur réelle rencontre avec Gabriel. Cela renforce le sentiment d’immersion dans le voyage de Gabriel, même si la sincérité des acteurs n’est pas évidente.

Immersion, c’est bien le mot qui convient à cette expérience cinématographique de plus de deux heures, en partie grâce à la beauté des images de l’Est africain : Kenya, Tanzanie, Zambie, Malawi. J’ai eu vraiment l’impression de voyager avec Gabriel, à pied, en bus, au sommet d’une montagne, dans les villes, refuges, villages, réserve. Pendant quelques jours c’est en compagnie de sa petite amie Cris que se poursuit la route. L’acteur joue avec un réalisme et une présence déconcertants, nous entraînant avec lui.

Ce jeune homme, débordant de jeunesse, rempli de contradictions est aussi très attachant. Idéaliste, défendant avec ardeur ses opinions sur l’économie mondiale, amoureux, mais aussi obstiné, parfois insupportable, certain que les plus expérimentés n’ont rien à lui apprendre, que le monde lui appartient, sûr de sa puissance, pressé de vivre, pressé de gravir les montagnes … au point de gravir l’ultime montagne sans aucune prudence.

Sa façon de voyager est un peu celle du routard occidental à l’ancienne, comme le faisaient les soixante-huitards à leur époque. Des générations de jeunes voyageurs peuvent se reconnaître avec nostalgie dans son tour du monde.

Mais Gabriel n’a pas eu de chance, victime de sa façon de brûler la chandelle par les deux côtés.

Contrairement à « Into the wild », film triste dont je me rappelle surtout la fin fatale, ici je garde le souvenir d’un Gabriel ivre de vivre et d’aimer, bien vivant, c’est là que l’hommage de Felippe Barbosa est vraiment réussi.

https://www.senscritique.com/film/Gabriel_et_la_montagne/25217173

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