« Les oiseaux de passage » de Ciro Gerra et Cristina Gallego ****/*****

Vers 1968, en Colombie, dans la péninsule aride de Guajira les indiens Wayuu perpétuent les rites ancestraux. La jeune Zaïda après un an d’isolement est devenue femme, elle présente un tissu à une vieille femme avant d’entamer une danse initiatique. Rapayet, issu d’un clan voisin convoite la belle. Le chef accepte la demande en mariage à condition que le jeune homme fournisse une dot hors de portée.

Rapayet croise des étrangers hippies avides de marihuana et leur propose son aide. Aussitôt il part négocier avec un cousin cultivateur et rapporte une belle quantité d’herbe, gagne un paquet d’argent, de quoi rassembler la dot. Il part au village de Zaïda.

Ainsi s’achève le premier tableau sur les cinq qui constituent le dernier film de Ciro Guerra et Cristina Gallego. Des ellipses pertinentes rythment le déroulement des cinq chants.

Les clans d’indiens développent le trafic de marihuana et après plusieurs événements malheureux, c’est l’escalade, la guerre est bientôt déclarée.

Ce film sombre et violent, tourné dans de magnifiques décors avec une superbe photographie à la beauté sauvage, est ponctué par les rêves et la présence d’insectes et d’oiseaux.

Si je le trouve inclassable, il est écrit sur un mode tragique, avec des dialogues qui vont à l’essentiel et des visages aux expressions puissantes. Les acteurs sont remarquables.

Le fumeurs de marihuana aux idéaux pacifistes se doutaient-ils des drames causés par la production de leur herbe ?

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« Monsieur Link » de Chris Butler ****

Film d’animation en stop motion.

Fin du 19ème siècle, Lionel Frost est un explorateur, spécialisé dans la recherche des animaux extraordinaires. A peine rentré d’Ecosse où il a photographié le monstre du Loch Ness,  un courrier l’informe de l’existence d’un primate vivant aux USA, certainement le chaînon manquant. Il cherche par ailleurs à tout prix à intégrer le prestigieux club des explorateurs de Londres.

C’est le début d’une longue aventure, avec au bout du chemin, des découvertes inattendues.

Ce voyage autour du monde qui peut faire penser à Jules Verne ou à Indiana Jones est d’abord une aventure au pays de l’animation image par image, avec un résultat qui à lui seul justifie le déplacement au cinéma. Très riche en détails, précis et coloré, le film est une vraie réussite.

J’ai beaucoup aimé aussi les messages du film : notamment sur les bénéfices des voyages -pas ceux qu’on croirait- et sur la critique de l’esprit communautaire. Le cinéaste met en valeur les richesses personnelles, la singularité et l’amitié. (Lionel Frost comme Monsieur Link, cherchent chacun à être reconnu par une communauté).

Je conseille la version française avec les voix d’Eric Judor et de Thierry Lhermitte.

Un film qui plaira aux petits et à leurs parents.

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« Tanguy, le retour » de Etienne Chatiliez **

Si « Tanguy, le retour » n’est pas un chef d’oeuvre et sera peut-être vite oublié, je trouve qu’il ne mérite pas les notes désastreuses des critiques sur les sites de cinéma.

D’accord, la plupart des gags sentent le réchauffé (sauf celui du vélo), le rythme du film est assez mou, mais c’est très sympathique de retrouver les 3 acteurs principaux du premier opus.

Sabine Azéma et André Dussolier sont excellents.

Dans leur magnifique appartement parisien, Edith et Paul Guetz vivent une retraite dorée malgré quelques soucis de santé.

Un jour, Tanguy qui a maintenant 44 ans, arrive de Pékin, accompagné par sa fille de 17 ans, Zhu. Sa femme vient de le quitter.

Le père et sa fille s’incrustent, de fil en aiguille, font entrer leurs amis et familles dans la vie du couple de retraités, qui trouve cela insupportable.

Au final, Edith et Paul paraissent assez égoïstes, sans aucun esprit de famille, alors que l’entourage de Tanguy apporte une note de gaieté et de solidarité. Les valeurs du premier opus ne sont plus les mêmes ici. Je ne regrette pas d’y être allée.

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Une web série documentaire à découvrir : « Paroles de zinc »

Je vous propose de découvrir cette web série, très intéressante et bien réalisée :

Un comptoir. Une tireuse. Un barman. Et des verres qui s’entrechoquent dans un joyeux brouhaha.
Le bistrot parisien, ultime bastion populaire, est sans nulle autre pareille : un lieu de rencontres, d’échanges, de rires et de débats. Un lieu où la parole se libère parce qu’elle est spontanée et sans fard.
Paroles de Zinc, série documentaire au format court, a choisi de poser sa caméra et son micro dans deux bistrots parisiens typiques : Chez Ammad, dans le XVIIIème arrondissement de Paris et à La Liberté dans le XIIème. Au milieu de cette foule d’habitués (cadre, chômeur, étudiant, retraité…), Paroles de Zinc capte des instantanés et prend, sans en avoir l’air, le pouls d’un pays. Le bistrot devient alors poème, salle de bal ou arène politique. Il vibre. Il débat. Il interpelle. Il chante. En deux mots : il vit.
Sans sucre s’il-vous-plaît!

Bande annonce
https://www.youtube.com/watch?v=XpKqdLrgXWc&t
Episode 1 Bistrots
https://www.youtube.com/watch?v=4robkgTMKMM&t
Episode 2 Crise
https://www.youtube.com/watch?v=ZEVttFY69Ps
Episode 3 Paname
https://www.youtube.com/watch?v=__8IfXuXi0I
Page facebook
https://www.facebook.com/ParolesdeZinc/

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« Mon inconnue » de Hugo Gélin ***/****

Raphaël est un lycéen qui rêve de devenir écrivain de science fiction. Un soir il rencontre Olivia, qui se cache dans une salle du lycée pour jouer du piano. Une idylle commence. Olivia et Raphaël construisent leur vie ensemble. 10 années passent, Raphaël réussit brillamment sa carrière, laissant Olivia dans l’ombre et la négligeant davantage chaque jour.

Si vous aimez les comédies romantiques, surtout ne vous privez pas, vous aimerez « Mon inconnue » ! Avec une idée déjà souvent utilisée au cinéma, la rupture temporelle et les mondes parallèles, Hugo Gélin écrit pourtant un scénario créatif avec des moments originaux (l’arrivée dans la salle de classe, le match de ping pong, les discussions avec son ami Félix…)

Pour ce qui est de la comédie : C’est souvent drôle -parfois un peu lourd- et extrêmement bien joué notamment par Benjamin Lavernhe, mais aussi par les autres acteurs principaux.

Quant au romantisme, la morale de l’histoire est fine, généreuse et intelligente.

Pour passer un agréable moment.

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« Tel Aviv on fire » de Sameh Zoabi ***

Salam vit à Jérusalem et travaille dans un studio de cinéma à Ramallah. Il est stagiaire puis scénariste d’un soap opera Arabe se déroulant en 1967 : « Tel Aviv on fire ». Tous les jours il franchit un check point jusqu’au moment où une maladresse le fait mener devant Assi, un officier Israélien. Celui-ci comme sa famille, est un fan de la série Arabe. Il entraîne Salam dans un chantage l’obligeant à modifier le scénario au fur et à mesure.

C’est une partie du conflit israélo-palestinien qui se rejoue par la médiation de cette habile métaphore, sous une forme comique, tentant de transcender la situation réelle, avec un final amer mais bien vu toutefois.

La position de Sameh Zoabi n’est pas forcément transparente ni claire, si ce n’est que j’ai ressenti parfois une volonté de pacification par l’humour et la dérision. Les acteurs ont un bon potentiel comique.

J’ai trouvé l’idée du scénario originale.

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« Dumbo » de Tim Burton ****

USA, en 1919 les hommes rentrent du Front. Holt Farrier, ancien cavalier au cirque Medici rentre lui aussi et retrouve ses deux enfants pris en charge par la troupe. Sa femme est décédée pendant son absence. Le directeur du cirque a vendu ses chevaux et lui demande de devenir dresseur d’éléphants. Le directeur vient d’acheter une éléphante qui met rapidement bas. L’éléphanteau a d’énormes oreilles qui le rendent monstrueux aux yeux des adultes. Les enfants Farrier découvrent rapidement que l’animal sait voler grâce à ces oreilles.

L’utilisation du numérique n’est ici pas indigeste et les images sont très soignées, « propres » et nettes, travaillées dans le détail. Je trouve ceci dit le décor du parc « Dreamland » un peu chargé.

Le style n’est ni macabre, ni rose bonbon, mais on y trouve la griffe de Tim Burton. Costumes, maquillages, détails des décors sont empreints de fantaisie. J’ai apprécié ses déclinaisons du merveilleux.

Mais surtout, Tim Burton propose une histoire au scénario rythmé, il distille le suspense de façon haletante : c’est un véritable spectacle auquel il invite le spectateur, digne de la magie du cirque. Il apporte sa touche sur l’utilisation des animaux dans les cirques.

J’ai pris un vrai plaisir assez régressif (comme dans « Miss Peregrin et les enfants particuliers ») à suivre la défaite progressive du méchant !

Je fais partie des rares personnes qui n’ont pas vu le « Dumbo » de Walt Disney, je n’ai ainsi pas de points de comparaison, je le regarderai à l’occasion !

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