« L’apparition » de Xavier Giannoli ***

Jacques, grand reporter, rentre en France après un voyage au Proche Orient où il a perdu un collègue. Un évêque du Vatican le contacte peu de temps après et lui demande de participer à une commission canonique qui enquête sur l’authenticité d’apparitions de la vierge à une jeune novice dans le Sud de la France.

Cette affaire commence à poser problème à la préfecture, en effet les pèlerins -filmés avec retenue- se pressent sur les lieux, le prêtre qui soutient la jeune femme se démarque de l’Eglise et les marchands du temple commencent à faire recette.

La commission d’enquête procède de façon très rigoureuse et scientifique, Jacques apporte son regard et ses méthodes d’investigation journalistique. Un lien privilégié se crée entre lui et Anna, la novice. Il découvre en elle une jeune orpheline ballotée de foyer en famille d’accueil, solitaire mais soutenue par deux amitiés fusionnelles, décidée à vouer sa vie à Dieu.

Au fur et à mesure que Jacques s’approche de la vérité, la jeune Anna se fragilise.

Le film ne tranche pas sur la nature des apparitions.

J’ai trouvé cela très intéressant d’aborder le thème religieux par le biais du surnaturel. Sous un angle scientifique, l’origine des religions semble fondée sur le surnaturel et le mystère. C’est un peu le coeur de toute croyance qui est sondé.  Xavier Giannoli montre une Eglise attachée à ne pas confondre superstition, délire, imposture et foi, quitte à utiliser les dernières découvertes scientifiques dans ses enquêtes.

Dans diverses affaires d’apparitions évoquées sa position est rarement tranchée, laissant une part de liberté aux croyants.

Je n’ai pas tout compris à la fin … Ce qu’a vu et fait Meriem, le rôle de l’icône.

Je reste ceci dit sur une impression très positive, je ne me suis pas ennuyée une seconde.

https://www.senscritique.com/film/L_Apparition/24561643

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« Le retour du héros » de Laurent Tirard **

Début du 19ème siècle en Bourgogne, sous le règne de Napoléon. Le capitaine Neuville demande Pauline en mariage juste avant d’être mobilisé par l’armée.

Les semaines passent, Neuville ne donne aucune nouvelles. C’est alors qu’Elisabeth, la soeur de Pauline écrit des lettres de la part du capitaine, lettres remplies de faits héroïques. Neuville a en réalité déserté l’armée.

En 1812, le capitaine refait surface en Bourgogne. Il croise Elisabeth, puis décide de se présenter devant leur famille. Il est précédé par une réputation de bravoure et de courage grâce aux récits épistolaires d’Elisabeth. Pauline, à présent mère de 2 enfants, est mariée à un autre, ceci n’empêche pas Neuville de s’incruster sous le regard furieux d’Elisabeth.

Ce vaudeville amoral en costumes est porté par le jeu de Mélanie Laurent et de Jean Dujardin. Mélanie Laurent se révèle très douée pour la comédie, l’une et l’autre de ses tirades sont très drôles.

Un petit quelque chose ne m’a pas convaincue entièrement. La cohérence psychologique du scénario m’a semblé artificielle, je n’ai pas vraiment cru, même si je me suis plutôt amusée.

https://www.senscritique.com/film/Le_Retour_du_heros/25326072

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« Demain et tous les autres jours » de Noémie Lvovsky ****

Film vu en DVD. Il n’était pas passé dans les cinémas inclus dans mon abonnement. Je tenais à le visionner, j’apprécie beaucoup la sensibilité de Noémie Lvovsky.

C’est un film triste, dur et pourtant si délicat, extrêmement respectueux et sans jugement, sur la folie d’une maman et les souffrances engendrées chez sa fille qui l’adore.

Le film raconte plusieurs moments de la relation entre Mathilde et sa maman, avec des épisodes de folie successifs et les réponses que donne Mathilde. La fillette vit sa vie malgré tout, déchirée par l’amour impuissant qu’elle voue à sa mère. Son père, intervient au bon moment. Pour adoucir les moments de souffrance, Noémie Lvosky fait appel à des métaphores (allusions à « Ophélie » de Shakespeare) et une dose de fantastique poétique (la chouette qui parle).

Ces moments imaginaires sont peut-être ceux qui expliquent la résilience de Mathilde, résilience palpable dans le final du film, très touchant.

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Woody Allen et Clint Eastwood

Ces deux dernières semaines, comme tous les ans, arrivent sur les écrans le dernier Woody Allen et le dernier Clint Eastwood.  Je suis une aficionada de ces deux réalisateurs, et je manque rarement leur nouveau film.

Les critiques presse et spectateurs de « Wonder Wheel » et de « Le 15h17 pour Paris » sont calamiteuses. J’ai longtemps hésité à aller voir ces deux films.

Je reste sur le brillant « Sully » de Clint Easwood et le très bon « Cafe society » de Woody Allen.

Il est toujours pénible d’écrire une chronique négative et encore davantage lorsqu’il s’agit de réalisateurs adulés. Je leur laisse le bénéfice du doute et je décide pour l’instant de ne pas noircir mes souvenirs. Je remets à plus tard le visionnage des deux derniers films de ces cinéastes cultes.

 

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« Jusqu’à la garde » de Xavier Legrand ***

Miriam et Antoine Besson divorcent. Antoine demande la garde partagée de leur jeune fils de 11 ans, Julien. Malgré les témoignages du garçon , de sa soeur Joséphine et de Miriam, empreints de crainte, d’insécurité ; malgré le refus des enfants de voir leur père, la juge, en l’absence de preuves tangibles, accède à la requête d’Antoine.

Celui-ci utilise son droit de garde de l’enfant pour accéder à son ex-femme, qui refuse tout contact. La violence devient palpable petit à petit.

Avec une mise en scène et une réalisation sobres ; une écriture parfois lapidaire, très stylée, inventive, le film est un chef-d’oeuvre formel. Je retiens certaines scènes vraiment remarquables : l’audition, plus vraie que nature ; la façon de filmer l’enfant dans la voiture ; la scène des toilettes ; les échanges sourds pendant l’anniversaire ; la scène de la baignoire , des portes qui se ferment…

Le scénario est explicatif et évite le jugement, il montre bien comment et pourquoi la tension monte chez Antoine.

Ceci dit, j’ai trouvé le scénario assez prévisible, dès le début. Certains détails sont énormes (comme la mention qu’Antoine est chasseur dès l’audition initiale).

L’histoire est très éprouvante, extrêmement réaliste, surtout dans le jeu excellent des acteurs. C’est pourquoi, je vois le film davantage comme un docu-fiction glaçant sur les violences familiales, qu’un thriller devant lequel on pourrait éprouver un quelconque plaisir (comme le frisson du spectateur qui a peur). Ici tout plaisir est absent, la forme est au service du fond.

Je pense, à la lecture de certains faits divers, que la réalité doit être plus terrifiante encore que la fiction.

https://www.senscritique.com/film/Jusqu_a_la_garde/25520329

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« Gaspard va au mariage » de Antony Cordier ***

Laura rencontre Gaspard dans un train de façon rocambolesque. Celui-ci se rend au remariage de son père. Il propose à Laura de l’accompagner et de se faire passer pour sa petite amie.

Ils arrivent au zoo familial, tenu par le père de Gaspard et son amie Peggy, son frère, Virgile qui aspire à une autre vie, sa soeur Coline aux allures animales, vêtue d’une peau d’ours.

Les nouvelles contrariantes se succèdent, mais le climat familial reste teinté d’humour, quoique complexe et atypique, n’échappant pas aux crises.

Ceci dit la gestion du zoo est difficile et on assiste à la découverte de cadavres d’animaux tués par des chiens errants.

J’ai bien aimé ce film qui parle entre autre du deuil de l’enfance, du noyau familial et d’un foyer idéalisés.

Le père de Gaspard et son amie sont excellents, plutôt fantasques.

C’est aussi une originale histoire d’amour, avec des dialogues décalés et drôles, touchants.

Le décor, très beau, empreint de nostalgie est dépaysant.

https://www.senscritique.com/film/Gaspard_va_au_mariage/21852271

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« Centaure » de Aktan Arym Kubat ****

Coup de coeur pour ce film Kirghize aux accents de liberté qui rend hommage au cinéma.

Bichkek surnommé Centaur, la cinquantaine, marié à une jeune femme sourde et muette et père d’un garçon de 5 ans, qui ne parle toujours pas, vit dans un village kirghize.

C’est un homme attachant, bon, rêveur non dénué d’humour.

Plusieurs histoires constituent ce film, légères et plus graves, racontées finement par touches qui s’entrecroisent :

– L’histoire du couple de Centaur et l’amitié de celui-ci avec Sharapat.

– L’histoire professionnelle de Centaur, qui fut projectionniste de cinéma jusqu’à ce que le cinéma ne soit transformé en mosquée par les islamistes.

– L’histoire des vols de chevaux, par un professionnel hargneux ; et par Centaur qui veut retrouver des sensations d’un autre temps, lorsque les hommes des steppes fusionnaient avec les chevaux.

– L’histoire du peuple des steppes, dans de magnifiques paysages lumineux. Il passe du joug communiste à l’intolérance et au prosélytisme religieux ainsi qu’à la mondialisation et les inégalités qui s’en suivent. Qu’en est-il de l’identité de ce peuple, de ses traditions de fraternité, de son amitié avec les chevaux ?

Centaur tente de retrouver un paradis perdu, tout en cultivant et transmettant son amour pour le cinéma. Parmi les concitoyens du kirghize, certains semblent toutefois résister. Malgré la tristesse de la fin, le film ne laisse pas le spectateur sans espoir.

https://www.senscritique.com/film/Centaure/20677290

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