« Trois jours et une vie » de Nicolas Boukhrief ***/****

Je dévoilerai peu de choses du synopsis de ce thriller psychologique que j’ai beaucoup apprécié.

Il se déroule en deux parties, l’une fin 1999, l’autre 15 ans plus tard, la plupart du temps autour de Noël, dans un village des Ardennes Belges, à Olloy.

L’histoire est centrée sur le personnage d’Antoine et fait la part belle à plusieurs seconds rôles (sa mère, la famille des voisins, le médecin, un commerçant, le policier..)

L’écriture est précise, détaillée, lente et met en place un univers rural et toute une ambiance. La façon, dans la première partie, dont les circonstances malheureuses et hasardeuses s’enchaînent jusqu’au drame et ses conséquences est particulièrement réussie.

Dans la seconde partie, le personnage d’Antoine reste énigmatique, hermétique et imperméable, ce qui ne permet que peu d’empathie, même si tout reste compréhensible.

J’ai eu du mal à saisir la position du réalisateur, je pense qu’il laisse le spectateur libre de son jugement.

Le film m’a captivée je le recommande.

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires

« Edith, en chemin vers son rêve » de Simon Hunter ***/****

Edith, plus de 80 ans vit en Angleterre où elle soigne son mari handicapé depuis 30 ans, jusqu’au jour où celui-ci décède. Le temps passe et Nancy, la fille d’Edith envisage de placer sa mère en maison de retraite.

En rangeant sa maison, Edith trouve une carte postale où son père parle de randonnée en Ecosse. Un désir l’envahit : escalader le Mont Suilven en Ecosse. Elle fait des bagages, emporte ses économies, laisse un message à sa fille et prend le train jusqu’à Inverness.

Elle fait la connaissance de Johny à la descente du train.

L’histoire est simple et touchante. Simon Hunter raconte l’amitié entre la dame âgée et le jeune homme, mais aussi ce désir d’entreprendre une randonnée avec peu de moyens, malgré la fragilité liée à l’âge.

J’ai apprécié que le cinéaste laisse entre parenthèses toute intervention de la famille d’Edith et la maintienne dans la liberté de réaliser son rêve, comme pour prendre une revanche sur une vie de sacrifices.

Avec des paysages magnifiques, de surcroît.

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires

« Ad Astra » de James Gray ***/****

Dans un avenir proche … Roy Mac Bride travaille dans une station reliée à la Terre lorsqu’une surtension électrique s’abat sur la structure et le fait chuter de plusieurs centaines de mètres.

La société qui gère la colonisation de l’espace soupçonne une ancienne mission spatiale perdue près de Neptune, d’être à l’origine de ces phénomènes électriques dangereux pour le système solaire et la Terre. Il s’avère que le père de Roy Mac Bride était responsable de cette expédition chargée de découvrir l’existence de toute autre forme de vie et de conscience dans l’espace.

La société spatiale envoie Roy en mission sur Mars via la Lune : il devra envoyer à son père hypothétiquement encore en vie près de Neptune, un message à propos des événements récents.

S’il y a peu de rebondissements ou d’imprévus dans ce film très linéaire, celui-ci constitue une belle réflexion sur la solitude.

La réalisation est impeccable et n’a rien de futuriste, ce qui laisse à penser que ce voyage très crédible pourrait se réaliser prochainement. Les paysages lunaires et martiens, les bases souterraine et lunaire, comme les engins, structures et véhicules spatiaux, semblent presque appartenir au présent. C’est sur ces deux points (la réflexion sur la solitude et la réalisation très réaliste) pour moi que réside la réussite de « Ad Astra ».

Publié dans Films vus en salle | 6 commentaires

« Un jour de pluie à New York » de Woody Allen ****

Issu de la haute bourgeoisie new-yorkaise, Gatsby est étudiant en lettres dans une université du Nord-Est, en partie pour contenter sa mère. S’il n’a pas vraiment de projet d’avenir, il passe du temps à jouer et parier. Pour le grand bonheur de sa mère, il est amoureux d’Ashleigh, une riche héritière venue d’Arizona.

La jeune femme envisage d’interviewer Roland Pollard un cinéaste célèbre à  New York. Avec Gatsby elle se rend à Manhattan. Mais la journée ne se déroule pas comme prévu.

J’ai un peu pensé à « Eyes wide shut », mais dans une version diurne, post adolescente, soft et comique !

L’humour de Woody Allen évolue avec le temps, plus décapant, toujours aussi référencé et féroce.

Personne n’est épargné dans « un jour de pluie à New York » sauf peut-être l’Amour lorsqu’il est associé à l’humour.

La ville de New York cette fois filmée sous la pluie offre des belles perspectives, une lumière automnale et de beaux appartements.

Les acteurs sont brillants, avec un bagou fluide et passionné, dont seul Woody Allen a le secret. Timothée Chalamet, à la fois cool et intelligent sait distiller l’ironie. Les autres personnages sont bien croqués.

Le film passe comme un tourbillon que j’aurais souhaité plus long.

Publié dans Films vus en salle | 1 commentaire

« Deux moi » de Cédric Klapisch ****

J’ai vraiment beaucoup aimé le dernier film de Cédric Klapisch et je regrette vivement que tant de détails du début du film soient dévoilés dans la bande annonce. Ca gâche un peu le charme de la découverte du film.

La caméra suit le quotidien de Rémy et Mélanie, la trentaine, à Paris. Les images entremêlent la vie de l’un avec celle de l’autre, ils sont voisins, se croisent mais ne se rencontrent jamais.

Je me demandais pendant la projection si les deux héros allaient se rencontrer, si oui,  quand et comment. Le cinéaste joue habilement avec la curiosité du spectateur pour son plus grand plaisir.

Cédric Klapisch parle de solitude et d’isolement, leur lien avec l’urbanisme, les nouveaux média et les systèmes de vente. Il parle aussi de deuil et de la difficulté de devenir un adulte épanoui.

J’aime sa façon de filmer les grande villes, de mettre en évidence ce qu’est la vie au coeur des ces multiples maisons et immeubles alignés.

Le film qui montre des alternatives à la solitude fait une belle place aux chats, aux psychothérapeutes, aux petits commerces de quartier et aux initiatives individuelles.

François Civil est très touchant dans sa gaucherie et son manque d’assurance, il joue avec justesse, il donne un ton mélancolique à l’histoire. Ana Girardot apporte charme et fragilité à cette histoire où l’issue dépend finalement de peu de choses.

Je conseille vivement.

Publié dans Films vus en salle | Laisser un commentaire

« Fête de famille » de Cédric Kahn ***

Dans une belle propriété ancienne, Andréa, reçoit sa famille pour fêter son anniversaire : son fils Vincent, sa femme et leurs deux petits garçons ; son fils Romain et son amie argentine, sa petite-fille Emma.

L’histoire se déroule sur une seule journée. Dans la matinée, sa fille Claire et mère d’Emma, téléphone et annonce sa venue après plusieurs années d’absence. D’abord festives, les retrouvailles tournent au règlement de compte.

La beauté des lieux apporte de l’oxygène à l’atmosphère du film au ton parfois caustique. Il m’est arrivé de rire jaune pendant des scènes dramatiques.

La découverte de la psychologie de chaque personnage est riche en surprises jusqu’à la fin du film. Les portraits de Claire, de Romain et d’Emma sont complexes et intéressants. Cela dit, j’ai regretté qu’il manque des éléments importants pour bien saisir les enjeux du drame. (Pourquoi Claire a-t-elle disparu sans donner de nouvelles ? Que s’est-il passé avec son père ?)

J’apprécie toujours beaucoup les films qui déclinent le thème de la réunion de famille. « Fête de famille » est plutôt réussi.

Publié dans Films vus en salle | Laisser un commentaire

« Apollo11 » de Todd Douglas Miller *****

Malheureusement ce documentaire époustouflant n’est plus projeté dans les salles que pour les scolaires. Il a bénéficié de 6 projections je crois. Si vous avez eu la chance de le voir, j’espère que vous l’avez aimé autant que moi. J’en ai eu le souffle coupé.

A partie d’images d’archives souvent inédites et en couleur, d’échanges radio entre les astronautes et la base de la NASA, le cinéaste propose un montage où le suspense rythme les diverses étapes de l’odyssée d’Apollo 11, du décollage au retour sur Terre, avec les 18 jours de quarantaine. Certains passages plus pédagogiques permettent de comprendre ce qui se passe.

C’est émouvant de voir les spectateurs du lancement à 30 km des lieux, en 1969, dans des images sans trucages, ni effort de reconstitution historique, avec une mode qui déchire et les visages des vraies personnes.

J’ai trouvé incroyable le décalage entre la technologie de l’époque et la précision des trajectoires, de la coordination et du timing.

Le film est ponctué par plusieurs moments très forts : le lancement, la séparation, l’arrivée dans l’orbite lunaire avec le lâché du module lunaire. L’alunissage, les premiers pas, le retour du module et l’arrimage à la fusée, le largage du module, le retour avec l’arrivée angoissante dans l’atmosphère, puis l’ouverture des parachutes et l’arrivée dans l’eau !

Et puis les paroles de Nixon, la liesse à Chicago. Je ne fais que résumer ce film d’une richesse historique et avec des images impressionnantes. Je le reverrais volontiers.

Publié dans Films vus en salle | 2 commentaires