« Perdrix » de Erwan Le Duc ***

J’ai été sous le charme de ce film fantaisiste tourné dans les Vosges entre Gérardmer et Plombières-les- Bains. Si vous avez envie de fuir l’actualité et les préoccupations habituelles, « Perdrix » permet de passer un petit moment intemporel et déconnecté.

Juliette Webb a tout ce qu’elle possède dans sa voiture, comme ses petits carnets dans lesquels elle consigne chaque jour de sa vie. Au moment où elle s’arrête sur un parking vosgien, une nudiste lui dérobe sa voiture.

Pierre Perdrix est capitaine dans une gendarmerie du coin où le temps semble interminable. Juliette le rencontre là. Pierre vit avec sa mère, veuve inconsolable et animatrice d’une émission radio dédiée au grand amour, avec son frère, biologiste spécialisé dans les vers de terre, et sa nièce qui ne rêve que de quitter cet endroit.

Dans le même temps des associations locales travaillent sur des reconstitutions historiques de la seconde guerre mondiale.

Erwan Le Duc met en place des circonstances et un décor que j’ai trouvées dépaysants et parfois amusants, avec en filigrane des histoires d’amour touchantes, dont celle entre Pierre ancré dans sa routine et ses responsabilités, et Juliette, légère et libre.

Comme dans le regard de Swann Arlaud, quelque chose pétille dans ce film et lui donne une légèreté qui le rend très attachant.

A découvrir.

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« Je promets d’être sage » de Ronan Lesage **

En Bourgogne, de nos jours. Franck est metteur en scène de pièces contemporaines qui ne séduisent pas forcément la critique. Après un échec cuisant, au bord du burn out, il abandonne le théâtre et trouve un emploi d’agent de surveillance dans un musée d’art. Parmi ses collègues tous peu ordinaires, Sybille est encore plus à part à cause d’un caractère acerbe. Obligé de travailler sur l’inventaire du musée avec elle, il découvre qu’elle cherche à camoufler un vol d’oeuvres d’art.

La début du film est plutôt drôle et prometteur, ceci dit, je trouve que le film de prend pas.  Les gags ne m’ont pas fait rire et je n’ai pas trop cru à l’idylle entre Franck et Sybille. Pio Marmaï ne m’a pas convaincue pas dans ce rôle de metteur en scène raté, à la vie de bohème et mal dans sa peau.

Dommage, même si j’ai suivi l’histoire malgré tout agréable, sans ennui.

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« Once Upon a Time… in Hollywood » de Quentin Tarantino *****

Je fais partie des personnes qui n’apprécient pas habituellement Quentin Tarantino. Même si j’ai toujours reconnu son talent de surdoué, je n’accrochais jamais à la thématique de son cinéma. L’ultra-violence au service de la réécriture jubilatoire de l’Histoire comme dans « Django enchained » ou « inglorious basterd » m’avait fortement déplu.

Ceci dit, j’ai été complètement passionnée par « Once Upon a Time …in Hollywood » et très touchée par l’émotion, voire la délicatesse (c’est ainsi que j’ai ressenti des passages pourtant atroces, restant malgré tout du cinéma) qui se détachent de l’hommage rendu à Sharon Tate. Je ne trahis pas l’histoire en parlant de Sharon Tate dont tout le monde connaît le destin tragique.

Le film est dédié à ce drame qui a eu lieu en 1969 à Hollywood. Quentin Tarantino reconstitue le Hollywood de cette année-là en introduisant dans la grande Histoire deux héros imaginaires : l’acteur Rick Dalton et sa doublure pour les cascades, Cliff Booth.

C’est une ville fantasmée qu’il met en scène en lui donnant une dimension mythique fascinante. Rien que pour cela le film vaut largement le déplacement.

Léonardo Di Caprio et Brad Pitt sont brillants, cabotins à leur moment, il est clair que ce sont des acteurs, et de grands acteurs ! Certaines scènes resteront dans les annales, bien sûr, la fin du film, mais j’ai été scotchée par la scène dans le ranch des Hippies avec Brad Pitt. Je n’en dis pas davantage pour les scènes d’anthologie.

Ainsi, Quentin Tarantino reconstitue dans les moindres détails et sur la durée (je salue le travail titanesque) le contexte d’un massacre, lequel s’inscrit dans un moment charnière de l’Histoire du cinéma américain. Cette double articulation lui donne une grande complexité que je laisserai aux spécialistes le soin d’analyser.

Pour moi, c’est un des grands films de l’année, préféré à « Parasite ».

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« Le gangster, le flic § l’assassin » de Lee Won-Tae ***/****

Dans cette ville de Corée du Sud, sévit un tueur en série : il a déjà fait plusieurs victimes avec son poignard. Pendant le même temps une guerre des gangs oppose deux caïds et leurs hommes. Un policier tente d’y mettre de l’ordre malgré un chef corrompu. Il va malgré lui faire alliance avec un des chefs de gang pour traquer le tueur en série.

Tout est excellent dans ce film : la mise en scène, les acteurs, la musique, le rythme, l’orchestration et l’histoire survoltée.

S’il s’agit d’un pur film d’action au scénario bien huilé, la question des limites entre les forces de l’ordre et la mafia reste en filigrane. Je conseille de le voir en VO, pour les accents vocaux très marqués en coréen. Ultra-violent et généreux en hémoglobine, le film garde une bonne dose d’humour.

Si vous ne cherchez pas de film à message mais du bon cinéma d’action, avec une dose d’intelligence et d’humour, je vous conseille le dernier « Lee Won-Tae ».

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« Une grande fille » de Kantemir Balakov *

Iya travaille dans un hôpital auprès de blessés de guerre à la fin de la deuxième guerre mondiale à Leningrad. Elle est très grande et souffre de moments d’absences certainement dus à de l’épilepsie (ce n’est pas dit dans le film). Elle vit dans un appartement communautaire avec son petit garçon : Pashka.

Le film n’est pas explicite sur les événements historiques, mais il met en scène des personnages qui ne sont que douleur. Le thème, c’est le désir de maternité d’une femme qui a perdu un enfant. Il est aussi question d’euthanasie, d’homosexualité.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est ce sentiment de malheur impalpable,  dans une URSS exsangue, avec des personnages déshumanisés tant ils ont souffert. Seul le médecin semble éprouver des sentiments non corrompus, une certaine morale.

Les acteurs sont taiseux et leurs gestes sont lents, leurs visages souvent comme figés.

Kantemir Balakov a écrit un film visuellement très beau et coloré dans lequel le vert et le rouge sont à l’honneur.

Pourquoi alors si peu d’étoiles ? J’ai été très mal à l’aise : j’avais l’impression de faire le grand écart tout au long du film entre le plaisir des images à l’esthétique parfaite et la souffrance portée par une histoire avec des scènes et une ambiance très éprouvantes. Du plaisir mêlé à de la souffrance, ça m’a beaucoup dérangée. Je préfère les films dramatiques avec une réalisation très classique, discrète, sobre, dans lesquels, la forme s’efface devant le fond.

Ma notation ne révèle que mon ressenti et non les qualités certaines du film.

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« Les faussaires de Manhattan » de Marielle Heller ****

Lee Israël, auteure solitaire de biographies qui ne se vendent plus, amatrice de Whisky au parler caustique et au look négligé, vit à Manhattan avec son chat. Elle peine à payer ses factures et son loyer. Lors d’une sortie au bar elle fait la connaissance d’un dandy dealer Jack Hock. Dans les mêmes temps, elle découvre par hasard une lettre d’un écrivain dans un roman emprunté à la bibliothèque. L’idée de rédiger de fausses lettres d’écrivains célèbres fait son chemin, Jack Hock l’accompagne dans cette entreprise.

J’ai aimé beaucoup de choses dans cette histoire inspirée du livre de la vraie Lee Israël, que Marielle Heller prend le temps de raconter :

La photographie de New-York, l’ambiance des milieux littéraires et des librairies/bibliothèques des années 90 à New York décrite de façon corrosive et réaliste, l’amitié atypique entre les deux héros et les dialogues ciselés sur mesure pour les acteurs, excellents.

J’ai surtout été très touchée par les portraits de ces anti-héros « antisociaux », ces laissés pour compte d’un système dont ils sont des contre-modèles à tous les niveaux. Ils restent malgré tout éminemment sympathiques. Leur sens de l’humour et de la dérision  les maintient dans une dignité qui les hisse au-delà de la misère les menaçant à chaque instant.

Je me souviendrai un bon moment de Melissa Mc Carthy et Richard E. Grant dans la peau de Lee et de Jack.

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« Le Roi Lion » par Jon Favreau ****

Vous avez certainement vu la première version ou vous l’avez revue la semaine dernière à la télévision. Je n’en ferai pas un résumé.

Pour moi, la version de Jon Favreau même si elle reprend l’originale quasiment plan pour plan, a été un vrai coup de coeur. J’ai trouvé le film grandiose et plus captivant même que le dessin animé.

Peut-être moins poétique,  le film de 2019 donne, ceci dit, une autre intensité aux personnages qui semblent bien vivants, même s’ils ne sont pas forcément réels, parce que « parlants ». J’ai trouvé les images de la jungle, de la savane et du désert magnifiques. Les différentes espèces représentées de façon si fidèle, ont quelque choses de très saisissant quand on sait que les vertébrés disparaissent à une vitesse exponentielle de nos jours.

Après, certains détails de l’histoire (d’il y a vingt ans déjà) rappellent que c’est une histoire où les animaux sont humanisés comme dans les fables. Par exemple le fait que le lion Simba mange des vers ou que les hyènes sont une espèce « méchante ». Ce n’est pas l’histoire de Disney que je préfère.

Mais je conseille vivement d’aller voir ce film (en 3D de préférence) si vous souhaitez une immersion dans la splendide nature sauvage africaine.

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