« Brooklyn affairs » de Edward Norton ****/*****

Lionel Essrog travaille pour un détective privé qui est aussi un ami proche, Franck Minna, à New York dans les années 50. Malgré un handicap mental, Lionel Essrog est un homme d’une intelligence très fine. Fine aussi, la qualité du jeu d’Edward Norton.

Lors d’une négociation dans le cadre d’une enquête, Franck est mortellement blessé sous les yeux de son ami.

Lionel tente de rendre justice à son patron et plonge au coeur de l’enquête qui était en cours. Cette investigation le mène à travers New York, de Brooklyn à Harlem et le met face à divers personnages : un responsable des travaux immobiliers et ses sbires, des personnes gravitant autour d’un club de jazz, les acteurs de la lutte contre la discrimination pour le logement…

Si « Brooklyn affairs » est un excellent film noir américain à l’ancienne ( décor et ambiance jazzy impeccable des années 50), c’est aussi une histoire non dépourvue d’humour, qui met en scène de belles valeurs : la loyauté, la reconnaissance, la gentillesse, le respect et la droiture et raconte tout en délicatesse une histoire d’amour.

Sans ennui, j’ai passé un très bon moment de cinéma, portée par des musiques bien choisies.

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« Le voyage du Prince » de Jean-François Laguionie et Xavier Picard ****

Ce film d’animation est réalisé avec des couleurs pastels et des lignes au tracé très doux. L’animation très agréable, laisse le loisir d’observer la richesse des détails.

Un vieux singe, prince d’une contrée civilisée de type médiéval est parti découvrir le monde, persuadé que d’autres singes le peuplent. Il échoue dans un pays très technicisé, où les singes luttent contre l’invasion de la forêt. Il est recueilli dans un musée d’histoire naturelle (qui semble antérieur à la civilisation actuelle) par un scientifique et ses assistantes. Un jeune singe lui sert d’interprète.

J’ai beaucoup aimé le rythme presque contemplatif de l’histoire et le voyage au coeur d’images qui mènent dans des univers riches et étonnants.

Si le peuple de la Canopée semble adopter un comportement écologique, j’ai vu dans le film plutôt un éloge des capacités d’adaptation de l’espèce humaine et au-delà du darwinisme, un éloge de la curiosité et de la soif de découvrir, malgré l’âge.

Une film philosophe qui montre plusieurs facettes de l’humanité, dont certaines très belles.

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« A couteaux tirés » de Rian Johnson ****/*****

L’histoire se passe de nos jours (utilisation de smartphones) aux USA mais dans une atmosphère de début de 20ème siècle, essentiellement dans un manoir incroyablement décoré de façon baroque et fantaisiste.

Le propriétaire des lieux, Harlan Thrombey, auteur de romans policiers à succès, fête ses 85 ans. Le lendemain, sa gouvernante le retrouve dans son bureau, avec la gorge tranchée. Visiblement il s’agit d’un suicide, ceci dit le détective Benoît Blanc assiste la police pour mener l’enquête, embauché par un généreux employeur anonyme.

Cette énigme façon Agatha Christie, aux allures et à l’humour plus Yankee que British est un film savoureux et jubilatoire. C’est avec délice que j’ai apprécié le final et même si l’essentiel des coups de théâtre sont prévisibles, le film regorge d’idées et se déroule de façon rythmée, sur un scénario tout sauf linéaire, menant le spectateur de faux semblants en faux semblants jusqu’à la vérité.

Un casting de choix : Daniel Craig, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Toni Colette, Chris Evans, Christopher Plummer … et la très douée Ana de Armas.

C’est un gros coup de coeur, un film que je conseille chaudement à qui souhaite passer un moment de détente et de loisirs raffiné, inventif, stimulant et un brin kitsch.

Je n’en dirais pas davantage, la surprise doit rester entière.

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« Les Misérables » de Ladj Ly ****

Attention spoilers.

Cet été 2018, les français écrasés par la chaleur, assistent à la finale de la coupe du Monde de football. Dans les rues de Paris la foule en liesse défile et déborde, agitant les drapeaux tricolores à la victoire de la France. Issa et ses camarades sont venus de la cité des bosquets à Montfermeil pour assister à l’événement.

Juste après, Stéphane, policier, arrive de Cherbourg à Montfermeil et s’associe à Chris et Gwada de la BAC pour patrouiller dans la ville. C’est son premier jour. Chris, le chef de patrouille a un humour assez douteux et s’emporte facilement, mais c’est aussi un père de famille ordinaire. Gwada, originaire de la cité, a un côté zen et médiateur, mais il faut se méfier de l’eau qui dort. Stéphane plutôt réfléchi et ouvert au dialogue, n’a pas encore beaucoup d’expérience du métier en banlieue. On découvre un quartier tenu sous tension par les trafiquants de drogue, un habitant charismatique qui fait office de  pseudo Maire, les religieux musulmans et les forces de l’ordre. Ce sont les vacances scolaires, l’école n’est pas représentée, les politiques sont absents. Une paix apparente, un consensus semblent régner, en tout cas entre les différents « pouvoirs » adultes.

Un cirque s’installe à Montfermeil. Le jeune Buzz est passionné par la vidéo et fait voler son drone au-dessus des immeubles. Quant à Issa il semble préparer un mauvais coup : il a volé des poules vivantes à un roumain.

Des forains du cirque débarquent alors chez le dit « Le Maire » et menacent de faire brûler la cité si le jeune qui a volé « Johnny » ne le rend pas. En fait, Johnny est un lionceau. Les policiers partent à la recherche du petit lion. Petit à petit chacun va perdre le contrôle de la situation, mais était-elle réellement contrôlée ?

Ladj Ly donne une leçon de cinéma. Après le prologue puissant (riche de sens au regard du scénario), l’histoire commence de façon classique, tout se met en place. Le spectateur découvre les différents protagonistes et l’atmosphère générale. Mais la mécanique va s’emballer et le cinéaste nous mène vers un chemin que j’ai trouvé hitchcockien, mêlant suspense et action jusqu’à un paroxysme.

Le constat est terrible, effrayant : les jeunes adolescents : voilà les vrais animaux sauvages. Plus personne n’a leur confiance ni leur respect, encore moins d’autorité sur eux : ni parents, ni policiers, ni dealers. Les religieux ont un rôle à part : c’est chez le voyou devenu salafiste que va se cacher un jeune. Les jeunes ne s’en prennent pas aux religieux, même si ceux-ci ne savent canaliser leur colère. (Je me suis demandé dans quelle mesure ils ne l’attisent pas, même si Ladj Ly n’en dit mot.)

Comment expliquer cette colère, cette haine, cette violence chaotique chez les plus jeunes ?

Ladj Ly y répond en partie dans le générique final en citant Victor Hugo :

« Mes amis, retenez ceci, il n’y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs. »

J’ai trouvé le film vraiment poignant. Il met les adultes quels qu’ils soient dos à dos sans faire de procès à personne et décrit une situation d’urgence.

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« Un monde plus grand » de Fabienne Berthaud ***/****

Fabienne Berthaud raconte l’histoire vraie de Corinne Sombrun, finement interprétée par Cécile de France.

Corinne est veuve depuis peu et a du mal a exercer sa profession en France. Son patron l’envoie en Mongolie, au coeur d’une tribu d’éleveurs de rennes pour effectuer un reportage sur la spiritualité de ce peuple.

Au cours d’une cérémonie chamanique, Corinne connaît une transe. D’après la chamane mongole, Corinne serait aussi une chamane.

Cette particularité, ce don improbable, conséquence du deuil ou atout pour traverser le deuil, mène Corinne à la frontière entre psychiatrie et monde des esprits.

Les images sont souvent fugitives, l’histoire racontée de façon impressionniste. Le film permet un voyage exceptionnel en Mongolie, au sein d’une réelle tribu mongole, et au-delà vers « un monde plus grand » grâce au chamanisme.

Le pourquoi et le comment du chamanisme restent des questions effleurées. Malgré ce côté peu explicite le film parvient à hypnotiser, Cécile de France et les villageois y sont pour beaucoup.

Une parenthèse de magnifiques paysages et d’étrangeté qui fait du bien.

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« J’accuse » de Roman Polanski ****

Le 5 janvier 1895, dans la Cour Morlan de l’Ecole militaire de l’Armée devant des milliers de soldats, le capitaine Alfred Dreyfus est dégradé, après une condamnation par la cour martiale pour haute trahison. Il est incarcéré au large de la Guyane, dans l’île du Diable.

Peu de temps après, le colonel Picquart qui fut son instructeur, se retrouve à la tête des services secrets, succédant à un homme atteint lourdement par la syphilis. Homme très rigoureux et précis, il tente de remettre de l’ordre dans le service et découvre un document qui de fil en aiguille va le mener à la preuve de l’innocence d’Alfred Dreyfus.

Mais l’Etat Major de l’armée ne considère pas la réalité sous cet angle et refuse de tenir compte des découvertes du colonel Picquart.

Ce film à la reconstitution très soignée et documentée, avec décor et costumes impeccables bénéficie d’un casting haut de gamme : Jean Dujardin, Grégory Gadebois, Mathieu Amalric, Denis Podalydès, Louis Garrel, Emmanuelle Seignier, Melville Poupaud, Laurent Stocker, Vincent Perez, Michel Vuillermoz … Roman Polanski, à l’instar du maître du suspense y fait une apparition.

La construction du film, très méticuleuse, est centrée sur  la recherche de la vérité du colonel, s’opposant aux obstacles de ses détracteurs. Un moment fort est l’entrée en scène d’Emile Zola, (de Clémenceau aussi) et la publication son réquisitoire contre les accusateurs d’Alfred Dreyfus, le fameux texte « J’accuse ».

J’ai été interpellée par deux points de ce film haletant comme un thriller :

– Le capitaine Dreyfus a pâti essentiellement de l’incompétence des enquêteurs initiaux, qui ont bâclé le travail, profitant de l’antisémitisme ambiant. L’armée française, quelques années avant la grande guerre semble bien défaillante.

– Très rares sont les personnes qui s’intéressent à la vérité des faits et se battent pour la reconstituer. La majorité des protagonistes tiennent à rester dans leur zone de confort quitte à vendre leur âme.

Le film ne pouvait embrasser toutes les problématiques de cette affaire et semble extérieur aux effets de la crise sur la société et le peuple français. Ceci dit, certaines scènes courtes et fortes donnent une idée de l’atmosphère qui régnait en France : On voit un pays divisé par l’affaire et un antisémitisme latent ( Les titres des journaux, les réflexions des uns et des autres, la scène choc de l’autodafé des livres de Zola). L’opinion semble pencher vers l’Etat Major. (La scène des applaudissements devant le tribunal).

J’ai trouvé le film factuel et soucieux de restituer un moment crucial de l’Histoire.

Roman Polanski propose une introduction pertinente pour qui étudierait l’Histoire de la France du début du 20ème siècle.

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Jeu Concours « Vivre et chanter » de Johnny Ma – Gagnez 2×2 places de cinéma

« VIVRE ET CHANTER » du réalisateur Johnny Ma a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes cette année.

Il sortira en salles le 20 novembre.

Le film raconte l’histoire d’une troupe d’opéra chinois traditionnel. Quand sa gérante Zhao Li reçoit un avis de démolition pour son théâtre, elle le cache aux autres membres de la compagnie et décide de se battre pour trouver un nouveau lieu où ils pourront tous continuer de vivre et de chanter. S’engage alors une lutte pour la survie de leur art. A travers le combat de cette petite troupe d’opéra typique, VIVRE ET CHANTER illustre la modernisation à marche forcée de la Chine aux dépends des traditions.

Ce  second long métrage du réalisateur sino-canadien Johnny Ma a été intégralement tournée dans une province du centre de la Chine. En suivant les efforts de ces artistes pris en étau entre les avancées du « progrès » à l’extérieur et leur art vieillissant qui n’intéresse plus que les vieux, Johnny Ma nous livre ainsi un portrait en creux de la Chine d’aujourd’hui.

Gagnez 2×2 places de cinéma en répondant à la question suivante avant le 19 novembre minuit :

Dans quelle ville et quelle province a été tourné le film ?

Si vous avez la réponse envoyez-la (ainsi que vos coordonnées postales) à l’adresse mail suivante : contact.larroseurarrose@gmail.com

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586132&cfilm=273677.html

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