« Les siffleurs » de Corneliu Porumboiu ***/****

Zsolt, un trafiquant qui blanchit de l’argent sale est arrêté par la police de Bucarest suite à un appel anonyme. Plusieurs millions d’euros liés à son trafic ont disparu. La police tente de démanteler le réseau, alors que la mafia cherche à récupérer les millions. Cristi, un policier énigmatique est contacté par la mafia pour faire évader Zsolt. Avec l’amie de Zsolt, Gilda, il part aux Canaries pour apprendre une langue sifflée, tant la surveillance en Roumanie empêche toute action.

Cornéliu Porumboiu plonge le spectateur dans une Roumanie post-communiste où les outils de répression et de surveillance sont omniprésents. Le ton pince-sans-rire crée un climat burlesque, même si aucune réplique n’est vraiment humoristique et malgré des scènes sanglantes. Ce qui est en rapport avec la langue sifflée est plutôt réussi. Le cinéaste tourne en dérision les mafieux comme les policiers presque tous corrompus. Le pays semble avoir perdu toute valeur, seul l’amour semble sauf.

Les rapports humains sont filmés avec finesse sur un scénario tortueux mais compréhensible.

J’ai bien aimé.

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« Les filles du Docteur March » de Greta Gerwig ****

Les filles du Docteur March fait partie de ces films romanesques que j’aime bien revoir de temps en temps. La nouvelle version de Greta Gerwig est la bienvenue, d’autant que c’est une franche réussite.

Le narrateur se place à l’époque où Jo March travaille et écrit à New York et où Amy March voyage en France avec Tante March. C’est à partir de flash-back et de changements de lieux qu’on fait connaissance avec les membres de cette famille de femmes, soudées par les épreuves et la forte affection familiale.

Tout est vraiment enthousiasmant : les acteurs charmants, impliqués et passionnés,  les jeunes comme comme les plus âgés. J’ai beaucoup apprécié l’ensemble du casting. La fougue de Jo March est celle du jeu de Saoirse Ronan et de la mise en scène de Greta Gerwig.

Chaque lieu et chaque époque a ses couleurs et ses lumières propres. Les décors et costumes sont travaillés dans le détail, on reconnaît la touche originale et chatoyante de Greta Gerwig ou son goût pour les atmosphères New-Yorkaises.

Les moments d’émotion sont joués avec une réelle sincérité et très touchants.

Le texte est écrit avec finesse et esprit.

C’est un film de femmes, parlant d’émancipation, mais aussi d’amour, peut-être plaira-t-il malgré tout aussi à un public masculin amateur du travail de Greta Gerwig.

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« Séjour dans les monts Fuchun » de Xiaogang Gu ****

J’ai bien mis 45 minutes à comprendre qui est qui, lequel est le jeune frère, parmi ceux qui ont des problèmes d’argent, lequel gagne de l’argent sale, qui est le fils, qui est le fiancé …

J’ai pris le temps qu’il fallait et j’ai été enchantée par ce film sur la Chine d’aujourd’hui qui ouvre l’année 2020.

Tout commence par les 70 ans de la grand-mère récemment veuve. Elle fête son anniversaire avec ses 4 fils et leur famille, dans le restaurant du fils aîné. Malheureusement à cause d’une forte tension, elle a une attaque. Elle ne pourra plus vivre seule.

On fait progressivement la connaissance des 4 fils. Leur destinée se dessine dans cette chronique familiale non dépourvue de surprises et ponctuée d’ellipses.

Le film se passe au bord de la rivière Fuchun, dans la ville de Fuyang, bordée de montagnes et de forêts magnifiques, en chemin constant vers la modernité, sur plusieurs saisons bien marquées.

Malgré le modernisme en marche, le poids comme le charme des traditions marquent leur empreinte sur les vies.

Les images sont extraordinaires, très travaillées. Chaque plan et chaque champ sont explorés, Xiaogang Gu en joue, le cadrage est superbe et les couleurs limpides.

Ce film romanesque au langage cinématographique très riche et abouti est le premier volet d’une trilogie à suivre.

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« L’art du mensonge » de Bill Condon ***

Mon premier film de l’année est plutôt une bonne surprise, alors que certains journaux annonçaient un échec. De plus les sorties intéressantes sont nombreuses cette première semaine de janvier.

L’affiche, la distribution et la BA laissent imaginer un film de style british, parlant d’arnaque sur un mode léger, malin et pince sans rire. Mais « L’art du mensonge » s’apparente davantage à un drame en partie historique, assez violent et cruel, malgré le final.

A Londres en 2009, Roy arnaque les gens sur plusieurs fronts : les vieilles dames qu’il séduit et cherche à dépouiller, les investisseurs naïfs…Bill Condon nous entraîne également à Berlin.

Par le biais d’un site de rencontre, il fait la connaissance de Betty avec qui il sympathise.

Ian McKellen et Helen Mirren jouent tout en subtilité, plongeant le spectateur sous tension dès les premières minutes. On se demande d’emblée ce que chaque apparence cache en elle de vérité.

Certains points ne m’ont pas convaincue, mais l’histoire dans sa globalité reste cohérente et bien ficelée.

Un film intéressant.

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Bonne Année 2020 !

Je vous souhaite une très belle année 2020, riche en belles découvertes cinématographiques. Merci pour votre fidélité.

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« La vérité » de Hirokazu Kore-eda ***

Fabienne, actrice célèbre en fin de carrière, vit dans une grande demeure à Paris avec son compagnon et son imprésario. Alors qu’elle vient d’écrire ses mémoires, elle joue aussi dans un film d’anticipation sur le thème « relation mère/fille ». Sa fille qui vit à New York est de passage avec son mari et sa fillette.

Kore-eda ne raconte pas ici une histoire complexe sur un scénario aux multiples rebondissements. La caméra est centrée sur le personnage de Fabienne (irrésistible Catherine Deneuve), les dialogues acérés et une relation mère fille, digne d’un film d’Ingmar Bergman, trouvant des échos dans le film tourné dans le film. Il est question de jalousie, d’amour, d’amour trahi, de tendresse et d’amertume, de rancoeur.

Comme l’indique le titre, une question essentielle se pose : Quand l’actrice cesse-t-elle de jouer, quand dit-elle la vérité ? Jusqu’à la fin la différence entre jeu et réalité reste imperceptible.

Si le scénario peut décevoir, les qualités du film se situent dans le talent des acteurs, le texte, le charme des décors, la fine analyse des relations, les réflexions sur le cinéma d’hier et d’aujourd’hui et la réflexion sur le jeu illimité de l’actrice.

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Mes films préférés de 2019

J’ai aimé de nombreux films cette année, même si j’en ai vu moins que d’habitude.

Mon classement est lié à l’empreinte que m’a laissé chaque film.

Deux d’entre eux ont ma préférence :

Edmond

Il était une fois à Hollywood

Les films suivants sont des coups de coeur :

Le Mans 66

Papicha

Apollo 11

Parasite

La chute de l’empire américain

L’oeuvre sans auteur

Sorry we missed you

Green book

Ces derniers films m’ont beaucoup plu :

A couteaux tirés

So long my son

Les oiseaux de passage

Deux moi

Mention spéciale humour à :

The dead don’t die

Ma liste s’arrête là mais elle n’est pas exhaustive.

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