« Bécassine !  » de Bruno Podalydès ***

Bécassine est née un jour où des bécasses ont pris leur vol. Elle grandit dans une ferme bretonne et chérit particulièrement son oncle Corentin.

Devenue adulte, elle décide de partir à Paris. A peine partie, elle croise le chemin de la marquise de Grand-air et de son conseiller Mr Proey-Minans. Ils viennent de renvoyer la nounou de la petite Loulotte, une enfant qu’ils ont adoptée. D’emblée Bécassine est douée pour s’occuper du bébé. Elle est alors engagée par la marquise.

Commence une nouvelle vie dans la propriété de sa patronne, avec les autres membres du personnel.

J’ai trouvé ce film très plaisant, tour à tour poétique, burlesque, décalé (je pense qu’on peut aimer ou non le ton pris par la comédie). Avec Bruno Podalydès on a parfois le sentiment d’évoluer dans un monde parallèle ; ici dans un univers empreint de gentillesse, de débrouillardise se terminant par une happy end.

C’est une parenthèse sympathique pour commencer l’été.

https://www.senscritique.com/film/Becassine/26606979

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« Le cercle littéraire de Guernesey » de Mike Newell ***

1946, Londres commence à renaître de ses cendres  La jeune auteure Juliet Ashton reçoit une lettre de Dawsey Adams vivant à Guernesey. Il a trouvé un livre lui appartenant. Commence alors une correspondance dans laquelle Dawsey parle d’un cercle littéraire né à Guernesey pendant l’occupation allemande suite à une arrestation arbitraire. Piquée par la curiosité, Juliet, fraichement fiancée, se rend sur l’île de Guernesey pour faire la connaissance de ces amateurs de littérature. Tout en apprivoisant les insulaires, Juliet découvre des secrets liés à l’occupation allemande quelques années plus tôt.

Si l’occupation allemande est un sujet récurrent au cinéma, l’histoire du cercle des mangeurs de tourte aux épluchures de patates est très originale et se déroule dans de merveilleux paysages. Les acteurs jouent avec grâce et donnent un supplément d’âme à une histoire par certains aspects prévisible.

J’ai beaucoup aimé ce film et n’ai pas vu passer les 2 heures. Du très bon romanesque où l’on retrouve des acteurs de la série culte « Downton abbey ».

https://www.senscritique.com/film/Le_Cercle_litteraire_de_Guernesey/25295352

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« 3 jours à Quiberon » de Emily Atef **

1981, un an avant son décès et quelques mois avant la disparition tragique de son fils, Romy Schneider passe quelques jours en cure à Quiberon. Une amie lui rend visite au moment où deux journalistes du Stern sont attendus pour une interview.

Il y a plusieurs raisons d’aller voir ce film : Marie Baümer incarne Romy Schneider de façon fascinante, la réalisation noir et blanc est soignée, les photos, surtout les extérieurs très belles et la fidélité du scénario à ce que les deux journalistes avaient laissé comme photos et articles est précise.

Comme pour le film sur Giacometti, ce n’est pas un biopic. Si « the final portrait » élaborait le portrait de l’artiste à partir de la genèse d’une oeuvre, « 3 jours à Quiberon » parle de Romy Schneider à partir d’une interview. Ces choix sont très pertinents.

Ceci dit, j’ai deux remarques qui atténuent mon enthousiasme :

Je me suis passablement ennuyée, le film est un peu long. J’ai regretté que Romy Schneider n’apparaisse qu’à travers sa fragilité et son mal-être. Cette actrice bouleversante et douéee aurait mérité qu’on rappelle aussi toute l’étendue de son talent.

Il est néanmoins important qu’enfin le cinéma s’intéresse de nouveau à cette grande artiste.

https://www.senscritique.com/film/3_jours_a_Quiberon/25994683

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« Opération Beyrouth » de Brad Anderson ****

Cet excellent thriller géo-politique est sorti discrètement et ne bénéficie pas sur les sites dédiés au cinéma d’une note exceptionnelle.

Pour ma part, c’est un coup de coeur.

Peut-être n’y a-t’il pas assez d’hémoglobine, d’effets spéciaux, de courses poursuites ? Il se situe malgré l’immense violence palpable dans la bluffante reconstitution du Beyrouth des années 1970/1980, aux antipodes des blockbusters habituels.

En 1972, Mason Skiles, diplomate américain vit à Beyrouth avec sa femme et Karim, un jeune adolescent palestinien dont le couple prend soin. Ce jour-là Mason et sa femme donnent une réception. Cale, un ami de Mason met celui-ci en garde contre Karim dont le frère est dangereux. C’est alors qu’éclate le drame.

Dix ans plus tard, Mason Skiles, devenu alcoolique est négociateur d’entreprise. On le contacte et lui propose de venir faire une conférence à Beyrouth, moyennant une forte somme d’argent.

Le spectateur est pris dès le départ dans la situation complexe du Liban des années 1970/1980, explicitée grâce aux dialogues fins et intelligents qu’entretiennent les diverses parties en jeu : l’OLP, La CIA, le Mossad, une phalange plus extrémiste. Le suspense est haletant, le scénario très fouillé, le tout très vraisemblable.

L’ambiance, la musique et les décors permettent une immersion dans cette capitale orientale très troublée. John Hamm incarne une personnalité très riche, un génie de la négociation, alcoolique. Rosamund Pike est elle très crédible.

Ce fut passionnant de visionner un film d’espionnage à l’ancienne, sur un sujet rarement abordé au cinéma.

https://www.senscritique.com/film/Operation_Beyrouth/16702180

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« Jurassic world : Fallen Kingdom » de J.A.Bayona **

Je fais preuve d’une certaine fidélité dans mes choix cinématographiques, ainsi j’ai vu tous les « Star Wars » et tous les « Mission Impossible », par exemple. Il en a été de même pour la saga des « Jurassic », -parc- et -world-.

Ceci dit au milieu du film je me suis demandé,  » mais qu’est-ce que je fais là ? », tant le scénario est anxiogène.

Un volcan sera bientôt en phase d’éruption, sur l’île de Nublar, certains amis de la nature veulent s’impliquer pour sauver des espèces de dinosaures. L’ancien propriétaire des lieux, Mr Lockwook avec de gros moyens va organiser l’évacuation de certaines espèces. Il demande à Owen et Claire de participer au projet, afin de récupérer le vélocéraptor « Blue » (si vous vous souvenez).

Bien sûr les responsables de l’expédition ont d’autres projets en tête, ce qui va finalement mettre la Terre entière en péril.

Le film se compose de 2 parties : le sauvetage des dinosaures sur l’île de Nublar et les événements dans la villa de Lockwood en Californie.

Si j’ai beaucoup aimé la première partie, très rythmée, avec de superbes effets spéciaux terminant sur la saisissante image du dinosaure resté à quai ; j’ai moins aimé la seconde, davantage tirée par les cheveux, un peu du réchauffé aussi.

Pour ma part je n’ai aucun goût ni empathie pour les dinosaures et je fais partie de ceux qui voulaient laisser faire la nature, à savoir, ne pas intervenir pour les sauver de l’éruption.

Deux aspects originaux de ce volet, c’est le début et la fin du film, qui en font une oeuvre dystopique et horrifique ; ainsi que le choix de l’enfant, Maisie, mais je n’en dirai pas davantage.

Bien sûr on devine que tout cela n’est pas terminé et laisse prévoir une suite certainement proche de la saga « la planète des singes » -aussi vue en entier, ou les films de zombies. Pas certaine encore d’aller le voir !

https://www.senscritique.com/film/Jurassic_World_Fallen_Kingdom/16856448

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« Alberto Giacometti, The final portrait » de Stanley Tucci ****

1964 à Paris. Alberto Giacometti propose à l’écrivain américain, James Lord, de peindre un portrait de lui en deux jours, juste avant que celui-ci ne rentre aux USA.

Ce détour par l’atelier de l’artiste va durer plus longtemps que prévu.

Dans des teintes grises et ocres, on découvre avec James Lord, l’atelier du sculpteur, partageant progressivement son quotidien et se promenant dans des quartiers parisiens (reconstitués en studio). Giacometti vit avec son frère Diégo, sa femme Annette, mais est fasciné par sa maîtresse, une prostituée prénommée Caroline, très présente au domicile conjugal.

La caméra capte chaque détail. Le spectateur, comme James Lord assiste à la genèse d’une oeuvre et aux affres de la création que rencontre Alberto Giacometti.

Même si certaines images sont redondantes, l’idée de centrer le film sur la réalisation d’un portrait et les circonstances qui s’y rattachent, est excellente.

Geoffrey Rush est bluffant dans le rôle de Giacometti offrant une composition saisissante et contrastant avec le très net Armie Hammer. Mention spéciale à Tony Shalhoub qui interprète Diego.

Teinté d’un humour sombre, ce film est une petite pépite, j’ai vraiment beaucoup aimé et je le recommande aux amateurs de l’artiste.

https://www.senscritique.com/film/Alberto_Giacometti_The_Final_Portrait/22466765

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« Trois visages » de Jafar Panahi ***

Dans ce film iranien, chaque principal protagoniste joue son propre rôle.

Jafar Panahi, le réalisateur, reçoit sur son smartphone, la vidéo d’une jeune femme qui se pend dans une grotte, parce que ses parents n’acceptent pas qu’elle devienne actrice. La vidéo est adressée à une actrice célèbre, Mme Jafari.

Jafar Panahi et Behnaz Jafari se rendent alors en voiture dans un village reculé d’Iran pour enquêter sur cette jeune fille. Les voilà immergés en pleine campagne iranienne.

Le film est tourné avec peu de moyens, assurant un grand dépaysement, mettant en scène des situations assez drôles, malgré des sujets graves : la place de la femme et des artistes avant, pendant , après la Révolution. Jafar Panahi contribue au ton léger du film en adoptant une attitude très détachée.

Les trois visages sont trois figures féminines du film, trois actrices, chacune appartenant à une génération différente.

La situation, elle-même assez improbable est un habile détour pour faire passer les messages de Panahi malgré la censure qui pèse sur lui.

https://www.senscritique.com/film/Trois_visages/32108590

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