« Braguino » de Clément Cogitore ***

Résultat de recherche d'images pour "braguino affiche"Film documentaire très original de 50 minutes.

Sibérie orientale, en dehors de la saison hivernale, un hélicoptère arrive dans une région isolée, inaccessible par la route, au milieu de la taïga envahie par les moucherons. Une famille nombreuse, avec de jeunes enfants très blonds accueille ce qu’on devine être l’équipe de tournage du film. C’est la famille Braguine. Issue d’une communauté de croyants orthodoxes.

Tous attablés, le père raconte leur histoire au réalisateur, ils sont venus s’installer là pour vivre en autarcie voilà plusieurs années. Les garçons sont nés ici. Mais une autre famille, les Kiline se sont invités dans la taïga. Braguine raconte qu’ils leur prennent du terrain, les épient comme à l’époque soviétique. Un mur a été construit entre les deux familles.

D’autres intrus, les « corrompus » menacent de briser leur choix de vie, en s’appropriant les terres pour chasser.

Clément Cogitore filme comme il peindrait une grande toile, par touches, en explorant et construisant l’espace, jouant avec la lumière.

On suit Mr Braguine à la chasse, dans son bateau à moteur sur la rivière, dans la forêt sibérienne.

Les enfants vont jouer sur une petite île, plument le gibier rapporté par le père, se retrouvent tous sur la petite île où les rejoint la ribambelle d’enfants de la famille Kiline : des images exceptionnelles.

Ce que j’ai détesté : la chasse et le dépeçage de l’ours.

En visionnant ce film, je me suis demandé s’il existe sur Terre un endroit où il soit possible de vivre en autarcie sans être rejoint par la civilisation et par d’autres humains. On voit que même complètement isolés et proches de la nature, des rivalités, de la méfiance peuvent s’installer. L’état de nature ne rend pas les hommes meilleurs.

https://www.senscritique.com/film/Braguino/28053876

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« Les conquérantes » de Petra Biondina Volpe ****

Ce film suisse de facture classique se situe dans la Suisse rurale (à Appenzell) des années 1970 à la fin de l’hiver. L’immersion est très réussie. (A voir en VOST ! ).

La date du référendum sur le droit de vote des femmes approche.

C’est un temps où les femmes n’avaient pas le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari, disposaient de très peu de droits en matière de succession, n’avaient pas encore le droit de vote…

Nora passe ses journées à faire le ménage et servir les hommes de sa maison (son mari, son beau-père, ses deux fils). Sa nièce qui souhaite une vie libérée, fugue mais est rattrapée et mise en prison sous l’autorité de son père.

La campagne de soutien au référendum va faire se croiser Nora et des féministes qui l’amènent à réfléchir sur sa vie.

Avec l’influence de Nora et de deux trois de ses amies, un vent révolutionnaire commence à souffler sur Appenzell. C’est sans compter la résistance des hommes et de la femme qui dirige l’entreprise phare du village.

Pourtant ce seront les hommes au final qui voteront « oui » au droit de vote des femmes.

Le film met en équilibre drame et comédie, réalisme et fantaisie, avec un côté documentaire, sans diaboliser les hommes. Le casting de choix donne un dimension très humaine à l’ensemble.

Un film qui passe très vite et qui fait du bien, vraiment à voir !

https://www.senscritique.com/film/Les_Conquerantes/24977874

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« Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel ****

J’aime beaucoup l’affiche du film comme la bande annonce et ne suis pas sortie déçue de la salle bien au contraire.

Maroc, 1920, Albert Maillard est questionné par des militaires français.

Le 9 novembre 1918, dans une tranchée où se bat Albert, le lieutenant Pradelle apprend que l’armistice est proche, pourtant il décide d’envoyer deux hommes en reconnaissance sur le terrain ennemi.

C’est l’histoire de l’amitié entre Albert, comptable et Edouard Péricourt, dessinateur de génie. L’histoire d’un artiste brisé par l’absurdité et les souffrances de la Grande Guerre.

Lorsqu’un artiste est brisé, peut-être dans un premier temps son imagination en ressort tarie. Ceci dit il se peut que son âme meurtrie produise un univers d’une sensibilité à fleur de peau, des oeuvres folles et sublimes ; dans un tourbillon, un cri de douleur masqué par l’art et le désespoir.

Avec ses couleurs sépia, son grain épais, l’image très bien cadrée met en mouvement ce début du 20ème siècle très bien reconstitué avec des mouvements de caméra osés. Albert Dupontel fait écho à cet artiste cassé par son ton à la fois désespéré et ironique, les superbes masques portés par le héros, les dessins, une histoire qui oscille entre amour et haine, corruption et honneur, vie et mort.

Un film original, émouvant, avec une atmosphère que seul Dupontel est capable de créer.

https://www.senscritique.com/film/Au_revoir_la_haut/12648863

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« L’école buissonnière » de Nicolas Vanier ****

Alors oui, il y a des images d’Epinal, des bons sentiments, des issues positives, point de violence, un scénario prévisible …Ceci dit je prends le contrepied de critiques de presse intello et je souhaite noter généreusement ce très beau film de Nicolas Vanier.

La Sologne est filmée magnifiquement et les images animalières sont de toute beauté. Le message écologiste n’est pas radical, mais parle surtout d’écosystèmes et de respect des équilibres. La façon magnanime qu’a le comte de gérer son domaine participe pleinement à cet équilibre où chacun a sa place.

L’histoire parfois enfantine, mais sans une once d’ennui, fait penser à Marcel Pagnol, elle saura plaire aux familles.

Le casting est bien sympathique et le jeu des acteurs excellent : Valérie Karsenti étonnante et touchante, François Cluzet, Eric Elmosnino, François Berléand très bons ; Jean Scandel craquant.

Un beau voyage spatio-temporel en Sologne !

https://www.senscritique.com/film/L_Ecole_buissonniere/25047575

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« Numéro une » de Tonie Marschall **

Emmanuelle Blachey, ingénieure brillante dans une société spécialisée dans l’énergie est contactée par un réseau de femmes d’influence. Elles lui proposent leur aide pour briguer la direction d’ Anthéa, société du CAC 40.

C’est sans compter sur le machiavélisme de Jean Beaumel qui vise aussi la direction de cette société.

Tiraillée entre sa vie de famille et de couple compliquée, la maladie de son père, sa vie professionnelle, Emmanuelle Blachey va devoir affronter une cascade de coups bas et affaires révélées par son adversaire ; alors que le réseau féminin utilise ses atouts et des arguments féministes pour faire du lobbying en sa faveur.

Finalement, le succès est remporté par le meilleur lobbyiste et celui capable du meilleur coup bas et de traîtrise. Il semble que les compétences soient mises entre parenthèses.

Cette vision plutôt intéressante et sans concessions des arcanes du monde du patronat permet surtout de profiter du jeux subtil et intelligent d’Emmanuelle Devos.

Je n’ai sinon pas été passionnée et parfois ennuyée malgré les qualités du film.

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« Chat Noir, chat blanc » de Emir Kusturica ****

Vu en DVD.

Souhaitant combler mes lacunes sur le cinéma d’Emir Kusturica, j’ai visionné « Chat Noir, chat blanc » et bientôt « Le temps des Gitans ».

C’est un cinéma tout à fait atypique qui emporte dans un tourbillon de folie, de couleurs, de burlesque et de cocasserie (à l’occasion grotesque ou scatologique), sur une musique endiablée.

L’histoire c’est des trafics et contrats, des mariages, des conflits et amitiés, des résurrections, pour quelques familles et générations de gitans vivant sur les bords du Danube.

Si le film est nettement plus léger que « On the Milky Road » frisant lui le gore, on y trouve des points communs : la présence des animaux qui ont un rôle, les « gueules » des protagonistes, les événements rocambolesques, la riche composition de chaque image, un goût pour le folklore. Ici c’est cependant l’humour et l’amour qui l’emportent.

https://www.senscritique.com/film/Chat_noir_chat_blanc/479023

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« Le Redoutable » de Michel Hazanavicius ****

Ce film aux belles couleurs pop et aux décors seventies très réussis s’inspire des écrits de Anne Wiazemski qui fut la femme du cinéaste culte Jean-Luc Godard. Son titre fait allusion au sous-marin solitaire du même nom.

Ce n’est pas un biopic mais une tranche de vie de l’artiste, à partir de la sortie du film « la chinoise » jusqu’à la période du groupe Dziga Vertov et sa rupture avec Anne Wiazemski. L’accent est mis sur la radicalisation politique et doctrinaire de Jean-Luc Godard, pris dans les mouvements étudiants, moment assez stérile sur le plan du cinéma d’après Michel Hazanavicius.

Ce film qui déboulonne les idoles et se rit souvent jaune des croyances et idées d’une époque et d’une jeunesse, même s’il n’a pas plu à tout le monde, est un vrai régal.

J’ai bien apprécié : sa mise en scène très inventive et rythmée, le choix de Louis Garrel au potentiel à la fois comique et agaçant énorme, une Stacy Martin diaphane et d’abord très amoureuse, l’image à la fois nostalgique et critique des années 70, les dialogues drôles mais à leur moment dramatiques, le portrait grinçant d’un homme plein de contradictions, l’hommage au cinéma qui se cache derrière le film.

Jean-Luc Godard dit à un moment que les seuls films qu’on puisse regarder à la rigueur sont les films comiques.

Derrière ce portrait caustique du cinéaste de la Nouvelle Vague, Michel Hazavanicius, s’il ne cache pas ses idées, rend aussi hommage à Jean-Luc Godard. Il donne envie de voir ou revoir des oeuvres des années 60 comme « Pierrot le fou », « A bout de souffle » ou « Le mépris ».

https://www.senscritique.com/film/Le_Redoutable/21062684

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