« Hors normes » de Olivier Nakache et Eric Toledano ****

Le dernier film de Olivier Nakache et Eric Toledano porte bien son nom. Tout y est hors normes : les deux associations d’aide aux personnes autistes qui n’ont aucun agrément ; les jeunes souffrant d’autisme desquels aucun disposif n’accepte de s’occuper ; les éducateurs, jeunes issus de cités en Ile de France ; les responsables des associations qui agissent selon leur propres règles et les lois de la débrouille loin des protocoles ; et enfin la réalisation du film  tourné caméra sur l’épaule, déstructurée, suivant les uns et les autres sans aucune logique si ce n’est une certaine chronologie.

Tourné sur le vif, souvent dans l’urgence, le film met le doigt sur un vide « socio-éducatif » qui existe dans le milieu du handicap, sur l’absence de réponses et de solutions face à des situations complexes.

S’il décrit les actions de deux associations (l’une de jour, l’autre de nuit) dans leur ensemble, le scénario s’attache au destin de deux patients en particulier et de leurs éducateurs respectifs. Les acteurs sont impliqués et très crédibles.

On peut reprocher les bons sentiments qui entrent en jeu, ceci dit ils s’avèrent salutaires face à la misère humanitaire dans laquelle se trouvent les protagonistes.

Il manque des films de cette teneur sur le milieu du handicap psychique.

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« Chambre 212 » de Christophe Honoré */**

L’article 212 du code civil dit que « Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. »

Vous l’aurez deviné, « Chambre 212 » parle du couple, de l’usure du couple un peu, mais surtout de ce qui fait durer un couple contre vents et marées.

Paris, de nos jours, Maria, professeur de droit, est cachée chez son amant et surprend une scène entre celui-ci et une autre maîtresse. Elle rentre chez elle, lorsque son mari Richard trouve par hasard des textos de l’amant.

Après une discussion animée, Maria quitte son domicile et s’installe dans un hôtel face à l’appartement.

La nuit à l’hôtel sera des plus étranges. Maria y rencontre son mari encore jeune et plusieurs autres personnages. Tout se petit monde va parler, se toucher, se mêler. Le passé rejoint le présent, les désirs refoulés s’ajoutent aux désirs présents.

Le couple de Maria et Richard va-t-il en sortir indemne ?

J’ai un avis mitigé sur ce film non dépourvu d’imagination qui file allègrement la métaphore.

Le film ne m’a pas trop interpellée, je n’ai ni ri ni pleuré, par moment je me suis ennuyée et n’ai pas apprécié certains moments (comme la relation entre le jeune de 15 ans et sa prof).

Ce n’est que mon avis.

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« La fameuse invasion des ours en Sicile » de Lorenzo Mattotti ***/****

Le scénario de ce film d’animation est inspiré d’un texte de Dino Buzzati.

En plein hiver, deux baladins (une fillette et un homme) cherchent refuge dans une grotte au coeur des montagnes siciliennes, lorsqu’ils se trouvent nez à nez avec un ours.

Afin d’obtenir les bonnes grâces de l’ours, les saltimbanques lui racontent l’histoire de la fameuse invasion des ours. Tout commence par la disparition de Tonio, le fils du roi des ours, Léonce, lors d’une partie de pêche. Dans un esprit pacifique, les ours descendent dans le monde des hommes à la recherche de Tonio.

J’ai été séduite par la réalisation, le dessin très original, épuré, parfois stylisé, avec de belles couleurs, de belles formes le tout accompagné par une musique bien choisie.

Le temps passe vite, j’ai été captivée, même si la morale de l’histoire est un peu simpliste.

J’ai essentiellement apprécié la forme du récit qui en fait d’abord une belle aventure.

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« Papicha » de Mounia Meddour *****

Nedjma étudie le Français à l’université et vit en cité U avec ses amies et colocataires. Elle est passionnée par la couture et rêve d’organiser un défilé dans les locaux de la fac. Elle est passionnée par les Haïks. Elle sort en discothèque comme beaucoup de jeunes de son âge et flirte avec Mehdi. Elle n’a plus que sa mère et sa grande soeur, Linda, journaliste.

Jusqu’ici juste quoi de plus banal, si ce n’est que Nedjma vit en Algérie dans les années 1990. Des faits viennent obscurcir ce tableau de vies ordinaires où pétille la jeunesse des protagonistes :

  • des femmes en noir viennent perturber le cours de Français et demandent que seul l’arabe soit parlé.
  • Des hommes armés placardent des affiches et distribuent des tracs invitant les femmes à se couvrir corps et visage.
  • Des barrages de police quadrillent la ville et des attentats meurtriers sont commis chaque jour.
  • Un mur de brique est construit progressivement autour de la fac
  • Au restau U on fait ingurgiter du bromure aux jeunes femmes pour calmer leurs ardeurs sexuelles
  • Une des jeunes femmes craint d’être tuée par son frère parce qu’elle aime un autre homme que celui qui lui est destiné.
  • Les quelques jeunes qui échappent à l’idéologie religieuse souhaitent quitter l’Algérie.
  • Et bientôt la tragédie

Malgré les tragédies qui vont marquer son année universitaire, Nedjma continue d’aimer son pays et ses traditions (comme le port du Haïk), rien ne la fera partir.

Mounia Meddour est très prudente dans ses mots et ses discours, ne cible personne ni aucune instance. Ceci dit les images et les faits sont riches de sens et ne mentent pas. Le message est porté tout entier par l’exemple de la jeune héroïne : c’est un appel à la résistance, qui doit venir des femmes elles-mêmes (dans le film aucun homme n’a le bon comportement) et une déclaration d’amour à l’Algérie.

Si tout ce qui montre l’islamisme en action glace les sangs et reste vraiment d’actualité, les dialogues vifs, piqués d’humour et d’esprit forment des répliques effrontées et bienvenues. Je salue le courage de la réalisatrice et des différents acteurs.

Un film essentiel et indispensable, même s’il laisse pessimiste, les projets des jeunes femmes restent humbles face à cet ennemi.

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« Le regard de Charles » de Marc Di Domenico ****

Ce film documentaire a été réalisé à partir d’images filmées en Super 8 et en 16 mm par Charles Aznavour. Le texte a été écrit à partir des notes de l’artiste. Il est énoncé par Romain Duris. On trouve aussi quelques images d’archives.

Imaginez que quelqu’un récupère toutes les images filmées pendant votre vie (sur caméscope ou autre) et en fasse un montage d’une heure vingt. Les images personnelles ont quelque chose d’intime, de singulier et révèlent un part de votre personnalité secrète.

Ici, les images invitent à une vie de voyages (en Afrique, en Union Soviétique, aux USA, en Arménie, dans les Andes, à La Paz, au Japon, à Hong Kong …). Elles montrent aussi une existence ancrée à Paris, une vie d’émotions, un regard sur les visages aimés et sur des visages inconnus, foules, femmes et enfants. C’est une vie de deuils, de joies, de poésie et de musique.

On y voit Lino Ventura, Edith Piaf, Johnny Halliday, Catherine Deneuve, Dalida et d’autres personnes célèbres.

Le texte est très beau et très bien dit.

Si à travers ce documentaire, on devine une vie riche et exceptionnelle, « Le regard de Charles » reste empreint de simplicité, de sincérité et de beaucoup d’humanité.

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« Le Dindon » de Jalil Lespert **

J’aime beaucoup le théâtre de Feydeau, je ne me suis donc pas laissé décourager par les critiques, je suis allée voir « le Dindon » que Jalil Lespert a transposé au cinéma dans une ambiance des années 60.

Le film est loin d’être la daube décrite ici et là, j’y ai trouvé une passe-temps agréable et léger, manquant peut-être un peu de pétillant.

La décoration et les costumes sont très réussis : colorés et pop. L’action se déroule dans trois lieux : deux appartements et un hôtel. Tout est très artificiel et théâtralisé dans le jeu des acteurs, mais cela ne m’a pas déplu. Cela accentue le côté un peu kitsch de l’ensemble.

Le thème de l’adultère est décliné de façon assez amusante. Victoria (Alice Pol) sort du lot : fine, intelligente et de bonne composition elle surpasse ses rivales et ses courtisans, figurant une épouse quasi-irréprochable.

Je ne regrette pas cette sortie, même si c’est un film correct, sans plus.

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Parcs et jardins : « Le jardin de Marguerite » à Plobsheim

J’ai eu un énorme coup de foudre pour ce jardin paradisiaque de 60 ares, créé il y a une vingtaine d’années à partir d’un champ en friche (sans arbres), par Marguerite Goetz et son mari.

Si l’avant de la maison est consacré à un jardin sec sans arrosage, l’arrière, luxuriant, verdoyant est d’inspiration anglaise et compte des centaines d’espèces de plantes. Tout est naturel, et presque tout est recyclé. Les écosystèmes sont tels que la jardinière n’a aucun problème lié aux insectes ou au parasites, les plantes se protégeant les unes les autres.

Du goût, une fine connaissance des plantes, beaucoup de travail et beaucoup d’amour sont à l’origine de cette merveille.

Je vous laisse regarder les photos essentiellement sur le site. Je cherche toujours des photos légères qui permettent une ouverture facile de mon blog, celles que j’ai trouvées conviennent mais ne sont pas les plus représentatives.

http://www.gitelacouranglaise.fr/le-jardin

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