« The third murder » de Hirokazu Kore-Eda ***

Usant d’une palette de couleurs ternes, de beaucoup de dialogues et de questions posées sur la peine de mort ou le droit de vivre, Hirokazu Kore-Eda nous livre un thriller judiciaire avec plusieurs facettes et rebondissements.

La scène initiale nous montre Misumi en train de tuer puis de brûler un homme qui s’avère être son ancien patron. Il sera arrêté et défendu par un célèbre avocat, Shigemori.

Les versions de Misumi et de témoins évoluent au fur et à mesure que le procès avance. Le cinéaste aborde la question de la filiation.

Les échanges entre l’avocat et le suspect sont passionnants et bénéficient d’une excellente mise en scène.

On en vient à douter des images elles-mêmes, en l’occurence de la scène initiale. Qui dit la vérité, qui ment ? Pourquoi ? Au spectateur de se faire son idée.

https://www.senscritique.com/film/The_Third_Murder/24686422

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« L’île aux chiens » ou « Isle of dogs » -I love dogs- de Wes Anderson *****

J’aime énormément le cinéma et les univers créés par Wes Anderson, j’aime énormément aussi les animations en stop-motion -image par image- (« Shaun le mouton », « ma vie de courgette »…), pas de surprise, j’ai adoré « l’île aux chiens »!

J’ai sciemment décidé de regarder ce film avec des yeux d’enfants, dans son sens littéral, sans chercher de message politique caché. Si ce n’est une critique tout en douceur et bien constante de l’effet négatif des rumeurs -fake news- au détriment de la vérité des faits, « l’île aux chiens » est une déclaration d’amour à l’espèce canine.

J’étais dans un premier temps étonnée. Si Wes Anderson fait souvent la vie dure aux animaux de compagnie, par exemple, le chat défenestré dans « Budapest hôtel » ou le chien tué d’une flèche dans « Moonrise kingdom », ici il met les chiens sur un piédestal ..Mais ne ménage pas les chats !

C’est un pur joyau d’animation avec un travail dans le détail et une grande richesse dans chaque image.

Seul le langage des chiens est universel, compréhensible, le langage des humains est juste parfois traduit, ça rend le film encore plus sympathique. Le déroulement de l’histoire est très rythmé, parfois schématisé avec beaucoup d’humour.

Le fond de l’histoire est bien triste : des chiens mis en quarantaine sur une île de détritus, un groupe de chiens encore bien plus misérable, suite à des expériences scientifiques. Mais l’humour, la vaillance du petit garçon et de l’étudiante journaliste américaine, l’amitié entre les jeunes et les chiens et la fluidité de l’animation donnent une note résolument optimiste à l’histoire.

Un régal, comme souvent les films de Wes Anderson.

https://www.senscritique.com/film/L_Ile_aux_chiens/18431528

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« A l’heure des souvenirs » de Ritesh Batra **

Par la réalisatrice du très beau « the lunch box ».

Tony Webster, divorcé et père d’une jeune femme qui a décidé de faire un enfant toute seule, vit à Londres et tient une boutiques d’appareils photographiques Leica d’occasion.

Une lettre de notaire l’informe qu’il hérite du journal intime d’un ami de lycée. Ce journal était en la possession de la mère récemment décédée d’une amie de jeunesse de Tony, Véronica.

Mais Véronica refuse de céder le journal intime à Tony.

Ceci déclenche le retour de souvenirs de jeunesse enfouis et la confrontation avec un acte passé peu glorieux et des événements douloureux.

Si j’ai beaucoup aimé le rythme de la narration, les passages du passé au présent, le cadre londonien, ainsi que les portraits et le jeu des différents personnages ; j’ai trouvé que l’enjeu du film est assez vain et l’intrigue mince et peu intéressante.

Il reste ceci dit une réflexion pertinente sur la conséquences d’actes passés qu’on croyait sans importante, ou oubliés.

https://www.senscritique.com/film/A_l_heure_des_souvenirs/24107858

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« The rider » de Chloé Zhao ****

Au coeur des Etats-Unis, le jeune Brady vit dans une caravane de façon plutôt précaire avec son père et sa soeur qui porte un léger handicap mental… Il est dresseur de chevaux et amateur de rodéo. Mais il vient de subir un grave traumatisme crânien suite au coup de sabot d’une jument, lors d’un rodéo.

Il va chercher un nouveau sens à sa vie, dans cet univers de cow-boys vivant chichement entre bars, troupeaux, pistes de rodéo.

Je recommande ce très beau film sur l’amour des chevaux et la reconstruction d’une vie à partir de peu, triste, émouvant, filmé avec douceur et finesse, dans de très beaux paysages.

Les scènes de dressages très belles, les moments avec son ami en centre de rééducation poignantes, les gros plans sur les visages et les gestes quotidiens, l’atmosphère mélancolique et tranquille contribuent à la composition d’un portrait d’une Amérique méconnue, âpre et humble, de laquelle jaillit parfois une énorme tendresse.

https://www.senscritique.com/film/The_Rider/25210680

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« Gaston Lagaffe » de Pierre-François Martin-Laval **

Je n’ai pas détesté, je ne pense pas que ce film soit le ratage présenté ici et là. J’ai trouvé beaucoup de bonnes choses, même si certains gags ne se trouvent pas dans les Bédés. J’ai longtemps cherché ce qui ne m’a pas fait adhérer complètement au film.

Déjà les bonnes choses : l’univers créé est riches en inventions et en gadgets, j’ai retrouvé avec joie certains gags mémorables de la bédé, Gaston est bien, même si je l’imaginais plus endormi encore. La bonne humeur qui se dégage de l’ensemble est très agréable, j’ai bien ri ici ou là.

Ceci dit, les décors ont un côté très artificiel, très carton-pâte bon marché et ça donne un côté « toc » au film. De plus, l’histoire manque un peu de rythme, peut-être un enchaînement de sketches aurait-il été préférable, le fil conducteur étant un peu hors sujet.

Mais il est toujours facile de critiquer, d’autant qu’adapter Gaston au cinéma est un pari énorme. Ainsi je mets des étoiles.

https://www.senscritique.com/film/Gaston_Lagaffe/24724767

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« Don’t worry, he won’t get far on foot » de Gus Van Sant ****

Le parcours vers la rédemption de John Callahan, alcoolique, dessinateur satirique, devenu tétraplégique à 21 ans. Né en 1951, décédé en 2010.

Coup de coeur pour ce film dont le discours sur l’alcoolisme se situe par delà le bien et le mal.

Construit sous forme kaléidoscopique, dans un éclatement temporel, l’histoire garde une grande cohérence, dans le sens de la rédemption de John Callahan. Gus Van Sant recolle les morceaux au fur et à mesure.

L’essentiel du temps est consacré aux discussions dans le groupe de parole des Alcooliques anomymes, et leur effet sur le quotidien du dessinateur.

Les acteurs sont épatants et investis, notamment Jonah Hill et Joaquin Phoenix, des rôles plus discrets sont attribués à Rooney Mara et Jack Black.

https://www.senscritique.com/film/Don_t_Worry_He_Won_t_Get_Far_on_Foot/24054827

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« Candelaria » de Jhonny Hendrix Hinestroza ***

En 1994, l’embargo américain est en cours à Cuba, alors que la chute du communisme fragilise définitivement les relations commerciales de l’île. La crise économique frappe la société cubaine de plein fouet.

A La Havane, un vieux couple, Victor Hugo et Candelaria, vivent comme ils le peuvent, travaillant , trafiquant, élevant des poussins et déjouant les multiples pannes d’électricité. Leur amour est à l’image de ce pays usé. Jusqu’au jour où Candelaria découvre sur son lieu de travail un caméscope oublié par des touristes.

Le couple connaît un nouveau souffle, jouant de cette caméra, mais c’est sans compter l’emprise du parrain mafieux local qui les entraîne sur une pente glauque.

L’intérêt du film se situe dans les possibilités de l’amour après de nombreuses années de vie commune, davantage que par son témoignage sur la vie à Cuba. C’est plutôt touchant.

https://www.senscritique.com/film/Candelaria/29375593

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