« Une pluie sans fin » de Dong Yue ***

Yu Guowei sort de prison. On le retrouve en 1997, dans une province industrielle au Sud de la Chine, au moment de la rétrocession de Hong Kong. Chef de la sécurité dans une usine, à la demande de la police,il vient prêter main forte sur le lieu d’un crime. Il s’intéresse de près à l’enquête et va mener des investigations en parallèle.

La province connaît des changements et l’usine de Yu s’apprête à fermer ses portes.

Avec son amie, il ébauche des rêves d’une vie meilleure, peut-être à Hong Kong.

Cette année-là, la pluie ne cesse de tomber donnant lieu à un décors beige et gris, terne, monotone, ponctué par les paysages industriels et les friches.

Je conseille de ne pas comparer ce film chinois avec « memories of murder », ni de chercher à voir uniquement un thriller au travers de ces images dont le sens diverge parfois du film à suspense.

Il s’agit également d’un cliché de la Chine à un moment donné et du destin sombre de deux individus pris dans un moment historique.

De ce point de vue, je pense que « Une pluie sans fin » est un très bon film, sombre socialement, malgré la monotonie et le rythme extrêmement lent de la réalisation.

https://www.senscritique.com/film/Une_Pluie_sans_fin/29131328

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« The guilty » de Gustav Möller ****

Je recommande chaudement cette excellent thriller dans lequel se joue un drame terrible. Il tient ses promesses de suspens et la pression va crescendo.

Je ne vais rien dévoiler de l’intrigue à part en donner un résumé sommaire : Asger Holm, policier, travaille au 112, numéro d’urgence au Danemark, à Copenhague. Il prend les derniers appels avant la fin de son service et l’arrivée de l’équipe de nuit.

Le scénario très précis met de chaque côté du téléphone deux personnes dont la communication est a priori sujette à toutes sortes de malentendus. Pris par l’émotion, l’affolement, l’urgence, les appelants décrivent avec leur mots, de façon forcément lacunaire et suggestive une situation d’accident, de drame dont ils sont les victimes.

Le policier, avec son imagination, sa raison, sa patience, son écoute tente de reconstituer les faits, de se forger une compréhension de la situation afin de pouvoir répondre à l’urgence.

C’est ce qui se joue dans ce film qui décortique au millimètre près une situation, la description qu’en font les victimes, la compréhension et l’aide que peut apporter Asger Holm.

Le film est très réaliste, palpitant et éprouvant rappelant par ces aspects la série « the killing », danoise aussi.

https://www.senscritique.com/film/The_Guilty/25336120

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« Woman at war » de Benedikt Erlingsson ****

J’ai tout aimé dans ce film, sauf peut-être les dernières images. Même si la partie finale est excellente !

J’aime beaucoup l’humour islandais, (je pense notamment aux films de Solveig Anspach) qui ressemble un peu à l’humour du finlandais Kaurismaki, intemporel et nourri de bon sens détourné.

Les acteurs principaux sont très bons. La langue islandaise rocailleuse et aride comme les magnifiques paysages donne une saveur dépaysante à l’histoire.

La description du monde, très caustique est assez désespérée malgré le burlesque : les progrès galopants de la technologie, les méthodes de surveillance et d’investigation, les dégâts du réchauffement climatique. Ceci dit, nos héros parviennent à déjouer la modernité avec des méthodes issues d’un autre âge (comme le déguisement en mouton) et c’est réjouissant, mais insuffisant bien sûr.

Des moments de tendresse et d’émotion ponctuent cette aventure improbable -ce qui n’est pas trop grave pour une fable-, mais très captivante.

J’ai bien aimé les musiciens et la musique accompagnant le scénario, conférant au film un côté « Europe centrale », ou balkanique comme dans certains films de Kusturiça.

Impossible à catégoriser, réservant des surprises à chaque moment, un moment de cinéma à savourer!

https://www.senscritique.com/film/Woman_at_War/32119862

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« Fleuve noir » de Eric Zonca *

François Visconti est un commandant de police blasé, démotivé, amateur de whisky, ne prenant aucun soin de lui-même. Sa vie personnelle semble vide, il entretient des rapports conflictuels avec son fils adolescent sur la pente de la délinquance.

Il enquête sur la disparition d’un adolescent, dont la mère est fragile, la soeur handicapée et le père souvent absent. Un professeur inquiétant rôde dans le sillage de cette famille.

J’ai beaucoup aimé la première heure de ce film, laquelle m’a fait penser au cinéma policier coréen poisseux à souhait, hanté par des personnages étranges et marginaux à en devenir parfois comiques.

Ceci dit, les pistes que suit le réalisateur mènent à des dénouements décevants et trop glauques ou inintéressants.

C’est assez dommage.

https://www.senscritique.com/film/Fleuve_noir/21975026

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« Bécassine !  » de Bruno Podalydès ***

Bécassine est née un jour où des bécasses ont pris leur vol. Elle grandit dans une ferme bretonne et chérit particulièrement son oncle Corentin.

Devenue adulte, elle décide de partir à Paris. A peine partie, elle croise le chemin de la marquise de Grand-air et de son conseiller Mr Proey-Minans. Ils viennent de renvoyer la nounou de la petite Loulotte, une enfant qu’ils ont adoptée. D’emblée Bécassine est douée pour s’occuper du bébé. Elle est alors engagée par la marquise.

Commence une nouvelle vie dans la propriété de sa patronne, avec les autres membres du personnel.

J’ai trouvé ce film très plaisant, tour à tour poétique, burlesque, décalé (je pense qu’on peut aimer ou non le ton pris par la comédie). Avec Bruno Podalydès on a parfois le sentiment d’évoluer dans un monde parallèle ; ici dans un univers empreint de gentillesse, de débrouillardise se terminant par une happy end.

C’est une parenthèse sympathique pour commencer l’été.

https://www.senscritique.com/film/Becassine/26606979

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« Le cercle littéraire de Guernesey » de Mike Newell ***

1946, Londres commence à renaître de ses cendres  La jeune auteure Juliet Ashton reçoit une lettre de Dawsey Adams vivant à Guernesey. Il a trouvé un livre lui appartenant. Commence alors une correspondance dans laquelle Dawsey parle d’un cercle littéraire né à Guernesey pendant l’occupation allemande suite à une arrestation arbitraire. Piquée par la curiosité, Juliet, fraichement fiancée, se rend sur l’île de Guernesey pour faire la connaissance de ces amateurs de littérature. Tout en apprivoisant les insulaires, Juliet découvre des secrets liés à l’occupation allemande quelques années plus tôt.

Si l’occupation allemande est un sujet récurrent au cinéma, l’histoire du cercle des mangeurs de tourte aux épluchures de patates est très originale et se déroule dans de merveilleux paysages. Les acteurs jouent avec grâce et donnent un supplément d’âme à une histoire par certains aspects prévisible.

J’ai beaucoup aimé ce film et n’ai pas vu passer les 2 heures. Du très bon romanesque où l’on retrouve des acteurs de la série culte « Downton abbey ».

https://www.senscritique.com/film/Le_Cercle_litteraire_de_Guernesey/25295352

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« 3 jours à Quiberon » de Emily Atef **

1981, un an avant son décès et quelques mois avant la disparition tragique de son fils, Romy Schneider passe quelques jours en cure à Quiberon. Une amie lui rend visite au moment où deux journalistes du Stern sont attendus pour une interview.

Il y a plusieurs raisons d’aller voir ce film : Marie Baümer incarne Romy Schneider de façon fascinante, la réalisation noir et blanc est soignée, les photos, surtout les extérieurs très belles et la fidélité du scénario à ce que les deux journalistes avaient laissé comme photos et articles est précise.

Comme pour le film sur Giacometti, ce n’est pas un biopic. Si « the final portrait » élaborait le portrait de l’artiste à partir de la genèse d’une oeuvre, « 3 jours à Quiberon » parle de Romy Schneider à partir d’une interview. Ces choix sont très pertinents.

Ceci dit, j’ai deux remarques qui atténuent mon enthousiasme :

Je me suis passablement ennuyée, le film est un peu long. J’ai regretté que Romy Schneider n’apparaisse qu’à travers sa fragilité et son mal-être. Cette actrice bouleversante et douéee aurait mérité qu’on rappelle aussi toute l’étendue de son talent.

Il est néanmoins important qu’enfin le cinéma s’intéresse de nouveau à cette grande artiste.

https://www.senscritique.com/film/3_jours_a_Quiberon/25994683

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