« C’est ça l’amour » de Claire Burger **

Forbach, en Lorraine. Mario Messina commence un cours d’improvisation théâtrale au théâtre où travaille sa femme qui vient de le quitter. Il travaille à la sous-préfecture et s’occupe seul de ses filles adolescentes, Frida et Nicky. Fragile et vulnérable, il est mis à l’épreuve par sa plus jeune fille qui souhaite aller vivre avec sa mère.

Le film est une juxtaposition de scènes du quotidien (travail, théâtre, domicile, relations familiales et amicales…), à mon goût peu savoureuses et peu rythmées, parfois sans vraiment d’intérêt.

C’est dommage, parce que les rôles sont vraiment bien incarnés par les acteurs au jeu très réaliste. C’est parfois même assez déprimant.

Je conseille ce film essentiellement aux amateurs de films naturalistes.

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« Dans les bois » film documentaire de Mindaugas Survila ***

Ce film d’à peine plus d’une heure a été tourné dans une forêt lituanienne, sans texte ni musique, juste avec les bruits naturels.

C’est l’hiver, le loup erre dans les bois, un homme nourrit les chevreuils, les corbeaux et un aigle se partagent une charogne. On rencontre putois, serpent, mulot, grand tétras, abeilles, fourmis …

Le temps et les saisons s’écoulent sur une durée d’un an, sur le rythme contemplatif de l’observateur en pleine nature. La caméra capte la vie animale par ralentis, gros plans, qu’elle soit minuscule ou alors de la taille d’un bison ou d’un élan.

Une promenade étonnante et attentive dans une forêt encore à l’état sauvage et peuplée de multiples êtres.

Je recommande aux amateurs d’observations animales.

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« Rebelles » de Allan Mauduit **

Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais arrive à Boulogne-sur-Mer et se rend chez sa mère , gardienne de camping, vivant dans un mobile-home. Peu de temps après, elle est embauchée dans une conserverie de poissons. Le contremaître l’agresse, elle le blesse mortellement en se défendant. Avec deux collègues venues à la rescousse, elle se débarrasse du corps et récupère un sac plein d’argent.

Bientôt les trois femmes ont à leurs trousses la pègre locale et belge ainsi qu’un lieutenant de police.

Ce film aux allures de western tonique (avec une musique excellente), mêle humour noir (parfois très noir voire gore) et violence, tout en caricaturant le milieu ouvrier ch’ti. Je n’étais pas à 100% dans le film, n’accrochant pas forcément à tout.

J’ai en revanche été séduite par le trio d’actrices, dont Yolande Moreau que j’aime particulièrement. Les trois femmes triomphent avec énergie et ténacité de cette horde d’hommes lancée à leurs trousses, c’est assez jubilatoire par moments.

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« Les Témoins de Lendsdorf » de Amichai Greenberg ***/****

Le film est inspiré de faits réels, le massacre de Rechnitz en 1945 , en Autriche. Le héros est un personnage de fiction et l’histoire est construite comme un thriller historique.

Yoel, historien israélien et juif orthodoxe, enquête sur le massacre de 200 juifs à Lendsdorf en Autriche. La fosse où sont enterrés les hommes n’a toujours pas été retrouvée et les habitants du village projettent de bétonner la zone.

Yoel a quelques jours pour trouver des preuves et des témoins, il se heurte au silence et aux impasses. Lors de ses recherches, il découvre un témoignage troublant de sa propre mère.

Ce film minutieux met en lumière les difficultés du travail d’historien, lequel ne dispose que d’éléments épars, devant reconstituer des puzzles et trouver la vérité. Yoel se bat contre l’oubli qui gagne rapidement du terrain et la volonté d’étouffer les faits. Dans ce double combat, l’historien mène aussi une réflexion sur sa propre identité.

J’ai apprécié ce film sobre et austère, intéressant, au message nécessaire.

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« Les étendues imaginaires » de Siew Hua Yeo ***

En Asie, d’immenses chantiers contribuent à la poldérisation de Singapour. Le sable est importé de Malaisie, du Vietnam et d’ailleurs pour les extensions et des centaines d’ouvriers chinois, bengalis travaillent dans des conditions déplorables , laissant leur passeport aux patrons.

Un jour, l’inspecteur Lok vient enquêter sur un de ces chantiers à propos d’un ouvrier chinois disparu, Wang, sans qu’on sache qui l’a prévenu de cette disparition. L’enquête commence et mène Lok au dortoir sordide des ouvriers. Il trouve des somnifères sous le matelas de Wang. C’est alors qu’un glissement progressif se produit : l’inspecteur Lok laisse la place à Wang , après s’être rendu dans un cybercafé tenu par l’étrange et belle Mindy.

On découvre l’histoire de Wang. Plus tard, un autre glissement nous ramène à Lok, bientôt, les identités se mêlent.

Ce film a trois visages : photographique, réaliste et hallucinatoire.

Ce dernier côté onirique est à mon avis le moins réussi, parce qu’assez nébuleux, pour l’apprécier il faut se laisser porter sans se poser de questions, mais c’est difficile.

La photographie de Singapour (lien entre réel et imaginaire) : des chantiers, des lumières de la ville la nuit est fascinante et dépaysante, j’ai été magnétisée par l’ambiance créée par  Siew Hua Yeo.

L’aspect réaliste du film est intéressant et montre une face méconnue de Singapour qu’on décrit souvent comme la Suisse de l’Asie : tout ce monde d’ouvriers exploités sur ces chantiers aux allures de paysages de science fiction. La fuite vers le rêve serait alors presque une nécessité.

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« Le Mystère Henri Pick » de Rémy Bezançon ***/****

A Crozon en Bretagne, une jeune éditrice, Daphné, visite dans une bibliothèque, la salle des livres jamais publiés, créée par un bibliothécaire original. Elle y découvre un manuscrit signé Henri Pick, un restaurateur de Crozon. Le texte, qui séduit Daphné, va être édité et connaître un grand succès. Or lors d’une émission littéraire, le célèbre critique Jean-Michel Rouche remet en question la paternité de ce roman : pour lui, Henri Pick n’a jamais pu écrire ce magnifique roman, qui nécessite une plume aguerrie et des connaissances sur la culture russe.

Il  commence une enquête discrète entre Paris et Crozon afin de démasquer le véritable auteur de ce texte.

J’ai beaucoup aimé ce film très agréable et intriguant, fan de Fabrice Luchini, je n’ai pas été déçue.

Même si la fin est abrupte (on aurait aimé une chute plus en douceur et en détails et interactions), le film se déroule comme une enquête avec de fines déductions et recherches dans les magnifiques paysages du Finistère.

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A découvrir, une web série « Boldiouk et Bradock »

A découvrir, Boldiouk et Bradock, une web-série méta-fantastico-plouc réalisée par Théophile Mou, et co-produite et diffusée par la RTBF. Ses scénaristes : Romuald Dagry, Ianis Habert, Alexandre Mailleux, Théophile Mou et Tom Vander Borght.

Boldiouk, un jeune scénariste en panne d’inspiration et incapable de terminer la moindre histoire, se retrouve plongé dans un monde habité par ses créations inachevées : le Schpountz.
Avec l’aide de Bradock, un homme fou et impulsif à la chevelure étrange, parviendra-t-il à affronter les dangers de ce monde pour rentrer chez lui sain et sauf ?

La saison 1 est divisée en 11 épisodes d’environ 7 minutes. Deux nouveaux épisodes sont mis en ligne chaque jeudi sur Auvio, la plateforme de la RTBF, Facebook et YouTube.

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