« Pentagon papers » de Steven Spielberg ***

1971, USA : La question se pose au Washington post de publier ou non le rapport de McNamara sur les impasses de la guerre du Vietnam, alors que le gouvernement affirme que les USA dominent cette guerre.

En tant que film « Pentagon papers » est parfait, excellent à tout point de vue, surtout si vous aimez les mises en scène classiques.

Au départ, Steven Spielberg pose les jalons de l’intrigue avec précision, puis la machine sous très haute tension se met en route, s’emballe, comme un thriller efficace dégageant aussi de l’émotion et un point de vue féministe au passage.

Meryl Streep, tout en finesse, douceur, nuances, fragilité et doutes saura prendre une décision courageuse.

Tom Hanks, comme d’habitude habite pleinement son personnage, lui conférant du réalisme et un caractère travaillé.

Les autres acteurs sont très impliqués, le scénario est haletant.

Si le sujet est la liberté de la presse, je trouve néanmoins son traitement manichéen (les gentils journalistes qui veulent dire la vérité et les méchants politiciens qui complotent et mentent). La mise en scène met le spectateur du côté de Tom Hanks.

Beaucoup de questions peuvent se poser sur le rapport entre la presse et le pouvoir :

La liberté est-elle possible avec une indépendance restreinte ? Combien de journaux ne sont-ils pas traversés par des courants politiques ou idéologiques ? Qu’en est-il du rapport entre financements et liberté ?

Comment articuler liberté et vérité ? En plus du droit à la liberté, n’y a t-il pas un devoir de dire la vérité (à une époque où on parle de « fake news », notamment) ?

Qu’est-ce qui doit primer : la vérité ou la raison d’Etat ? en temps de guerre, notamment ?

………

Ainsi si j’ai énormément aimé le film, je reste un peu sur ma fin quant sa position finale.

https://www.senscritique.com/film/Pentagon_Papers/24966007

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A découvrir ! « Cache-cache » de Guillaume Chemouili

Au cinéma le Saint-André des Arts, au 30 rue Saint-André des Arts, 75006 Paris, ne manquez pas le 24 janvier la sortie de ce film d’auteur, « Cache-cache ». Il sera projeté jusqu’au 20 février.

Guillaume Chemouili et son équipe ont tenté un challenge : réaliser un film dont le budget s’élève à 10 000 €. De plus un film fantastique !

Un prologue aux couleurs sépia se déroule dans une belle villa isolée à la fin des années 40.

De nos jours, l’héritier de cette maison invite un couple d’amis et deux amis célibataires alors qu’il prend possession de son héritage. Attention, dans cette villa isolée, ni internet, ni réseau téléphonique !

Petit à petit des phénomènes étranges viennent perturber leur joyeux week-end.

Ce qui m’a vraiment plu, c’est la façon qu’a le film d’évoluer vers le fantastique. Au départ, il montre de façon très réaliste et sympathique un week-end entre trentenaires comme on en a tous connu.

C’est alors qu’interviennent par des effets d’illusionniste (grâce un très bon montage, et des plan astucieux) des petits événements étranges. Porte ou verrou qui se ferme, apparitions d’un enfant, objets qui bougent… Attention spoiler : Les événements vont s’amplifier jusqu’à la disparition d’un des hôtes.

Cette mise en scène permet de créer du suspense, la dernière demi-heure est très captivante et stressante. Les explications sont révélées à la fin du film avec quelques surprises.

Les acteurs ont un jeu très naturel, ce qui donne l’impression que l’histoire est davantage vécue que jouée, cela creuse encore le contraste entre le réalisme du début et le virage fantastique.

Pari réussi !

https://www.cachecachelefilm.com/

https://www.facebook.com/CacheCacheLeFilm/

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« Last flag flying » de Richard Linklater ***

USA 2003. Larry Shepperd, autrefois infirmier  chez les « marines » au Vietnam, après 30 ans, retrouve Sal Nealon, barman et ancien camarade de l’armée. Il le persuade de le suivre et l’emmène chez un troisième ancien des marines devenu pasteur, Richard Mueller. Les trois hommes vont passer quelques jours ensemble sur les routes et dans les trains.

Ils discutent beaucoup. De la vie, de la foi, d’amour et de sexe,  de la guerre, de l’armée, de la honte, du mensonge.

Pour Larry Shepperd c’est aussi le début d’un deuil douloureux, apaisé par la présence et l’humour de ses anciens amis.

Le film est peut-être un peu long, mais l’histoire s’avère intéressante, touchante et plus complexe qu’il n’y paraît.

https://www.senscritique.com/film/Last_Flag_Flying/24628798

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« 3 billboards, les panneaux de la vengeance » de Martin McDonagh ****

Mildred Hayes loue 3 panneaux publicitaires sur la route où sa fille a été sauvagement assassinée. Elle y fait placarder des affiches qui remettent en cause la police locale. S’en suit une cascade de rapports de forces entre les divers habitants de la petite ville.

Attention spoiler : j’ai été très déçue que l’enquête ne progresse pas d’un poil. Le but du réalisateur n’était pas visiblement de résoudre une énigme policière.

Mais…

Martin McDonagh dresse une galerie de portraits d’habitants de la campagne du sud des Etats Unis. Ils ont chacun un caractère bien trempé voire brutal et sans fard. Ils s’affrontent verbalement et physiquement. Les échanges se situent hors du champ du politiquement correct, entre fureur, insulte, humour et rudesse.

Les trois personnages principaux sont excellents :

Frances McDormand est une femme calme qui ne sourit jamais et étouffe son chagrin. Elle bouillonne et se cache derrière un bagout au vitriol.

Woody Harrelson campe un personnage touchant, complexe, sachant aussi manier l’humour noir à l’occasion.

Sam Rockwell ( Dixie) évolue tout au long du film et laisse filtrer finalement une humanité attachante.

Les autres personnages sont très intéressants aussi. Nous sommes loin du pays des bisounours, loin du pays des méchants et des gentils, même s’il y a au moins un vrai méchant.

La société dépeinte par Martin McDonagh dégage une humanité rude et passionnante née aux forceps, meurtrie par de multiples souffrances. (sociale, personnelle, historique certainement aussi). L’humour y côtoie le drame.

Un film vraiment à voir.

https://www.senscritique.com/film/3_Billboards_les_panneaux_de_la_vengeance/23227814

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« Quai des orfèvres » de Henri-Georges Clouzot *****

Finalement j’ai eu l’occasion de visionner un autre Henri-Georges Clouzot et je suis toujours autant éblouie par le réalisateur. Je n’avais jamais vu « Quai des orfèvres », tournée en 1947 en noir et blanc. Impossible d’être exhaustive pour parler d’un tel bijou. Je ne dévoilerai rien de l’intrigue.

Dans une première partie, tout se met petit à petit en place et mène à un crime. Dans une seconde partie plus longue, interviennent la police et l’inspecteur joué par Louis Jouvet. Implacable, il va remonter les pistes et défaire les éléments de la première partie, jusqu’à trouver l’assassin. Les détails menant au crime sont dévoilés puis mis à jour par l’inspecteur avec une précision chirurgicale.

Le film est aussi beaucoup plus qu’une intrigue policière. Il y a des personnages passionnants, si humains, chacun pris dans un prisme complexe. Les images sont d’une richesse incroyable. Chaque élément des décors semble avoir une place naturelle dans le déroulement du film et tout à la fois extrêmement travaillée. Le spectateur découvre le milieu du music hall ainsi que l’univers du quai des orfèvres avec ses bureaux légendaires et ses hordes de journalistes à l’affût des derniers éléments de l’enquête.

Les acteurs sont inoubliables. Suzy Delair en peste au grand coeur, Simone Renant joue avec grande classe et mystère, Bernard Blier se fragilisant au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue. Louis Jouvet , génial inspecteur et père adoptif émouvant, avec des répliques rentrées dans les annales du cinéma.

Certaines réalisations actuelles paraissent bien fades au regard de ce film d’une si grande richesse.

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« Normandie nue » de Philippe Le Guay **

Ce film a beaucoup de choses pour plaire : un casting d’acteurs extrêmement sympathiques et doués, François Cluzet en tête ; il se passe en Normandie, bien filmée ici; c’est un film chorale très plaisant à regarder , le sujet pas forcément innovant peut prêter à la comédie.

D’autres aspects m’ont moins intéressée : je suis végétarienne, donc le plaidoyer pour la viande et les bouchers, c’est pas trop mon truc. Je n’ai pas trop compris en quoi la photo des nus allait faire avancer leur cause. La jalousie du boucher est à un moment assez violente et apporte un bémol à la dimension comique du film. La fin du film ne fait pas trop mouche, à mes yeux est un peu bâclée.

Je ne me suis pas ennuyée et suis restée captivée par l’histoire malgré tout.

https://www.senscritique.com/film/Normandie_nue/24775758

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« Seule sur la plage la nuit » de Hong-Sang So *

Dans une courte première partie, Young-Hee est en Allemagne chez une amie, elle mange une saucisse, se promène et s’extasie dans un parc, achète une partition dans une librairie, déjeune avec des amis. On apprend qu’elle vient de rompre avec avec un homme marié.

Dans une seconde partie, Young-Hee est de retour en Corée. Elle va au cinéma, va boire un verre dans un café, mange et boit avec des amis, va en bord de mer et se couche sur la plage.  Des propos d’une banalité consternante alternent avec des considérations sur l’amour (lesquelles ne m’ont pas vraiment interpelée). Vers la fin du film on en apprend un peu davantage sur elle.

Je n’ai pas trouvé la réalisation exceptionnelle. Kim Min-Hee est l’atout essentiel du film par ailleurs assez confus et sans réel intérêt à mes yeux.

https://www.senscritique.com/film/Seule_sur_la_plage_la_nuit/24389708

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