« Crash test Aglaé » de Eric Gravel ****

Une entreprise va être délocalisée en Inde. Aglaé, à la vie assez chaotique depuis l’enfance, a trouvé ses repères et sa raison de vivre dans les crash tests qu’elle y fait passer aux voitures. Elle est par ailleurs excellente joueuse de cricket.

Elle décide alors d’accepter le contrat bidon proposé à tous les salariés avant le licenciement : aller travailler en Inde. Les choses se compliquent lorsque la direction annonce qu’ils ne paieront pas le billet d’avion. C’est sans compter le soutien de deux des collègues d’Aglaé.

Il est important de ne pas tenir compte de deux points : la voix off trop présente au départ, justement un début un peu long et se laisser porter par ce film atypique, réelle source d’enthousiasme.

J’ai adoré l’ensemble, un vrai coup de coeur et pour plusieurs raisons :

  • Une Aglaé (India Hair) pas du tout charismatique -c’est son rôle qui le veut-, névrosée, blessée par la vie et par ses différences, s’accrochant désespérément à son travail, mais qui va s’épanouir et s’embellir au fur et à mesure.
  • Julie Depardieu fragile et forte, Yolande Moreau excellente avec un air détaché et des répliques très très drôles.
  • Une critique caustique de la mondialisation du capital.
  • Et pourtant un éloge de l’amitié entre les individus de différents peuples.
  • Un voyage palpitant en seconde partie.
  • Un mariage à la Kusturica.
  • De magnifiques images du Kazakhstan, avec l’atterrissage hallucinant des parachutes.
  • …..

Au final une histoire vraiment peu ordinaire, avec un humour très bon, des personnages attachants et une profondeur inattendue dégageant quelque chose de positif.

La comédie de l’été !

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=241113.html

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« Valérian et la cité des mille planètes » de Luc Besson ***

Il faut vraiment le souligner, l’univers visuel créé par Luc Besson pour « Valérian » est époustouflant.  Notamment les diverses espèces (avec une mention pour les pearls ou pour Bubble, joué par Rihanna) et les décors ( j’ai adoré le marché au début du film).

Les vingt premières minutes avec un extrait de « space oddity » de David Bowie, puis la planète Mül, sont très prometteuses et riches en émotions.

Malgré quelques courses poursuites et péripéties, le scénario n’est finalement pas très original, c’est un peu le défaut de ce film.

Je conseille de le voir en VOST (au détriment de la 3D avec la VF). Avec sa voix réelle Dan DeHaan, a davantage de charme et de dimension qu’en VF. Cara Delevingne semble elle moins figée.

Je le conseille tout de même chaudement, c’est un vrai dépaysement.

https://www.senscritique.com/film/Valerian_et_la_Cite_des_Mille_Planetes/15495511

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« Avant la fin de l’été » de Maryam Goormaghtigh **

Trois jeunes iraniens, en été, voyagent dans le sud de la France, avant le retour de l’un d’entre eux en Iran. Ils vont de fêtes foraines en camping, arrivent à la mer, rencontrent des jeunes femmes musiciennes et discutent de leur pays, de religion de leurs familles, de la France.

Il faut juste se laisser porter par ce road movie sans prétention, aux dialogues souvent improvisés, aux cadrages qui semblent parfois aléatoires.

Ne chercher ni message profond, ni scénario structuré.

Ce film flaire bon l’été, la liberté et rend je trouve un discret hommage à la province estivale française.

https://www.senscritique.com/film/Avant_la_fin_de_l_ete/25240881

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« Un vent de liberté » de Behnam Behzadi ***

Téhéran de nos jours. Niloufar , célibataire de 35 ans , sans enfants, vit avec sa mère âgée et dirige un petit atelier de couture. Elle a une soeur et un frère aînés. Elle fréquente un entrepreneur immobilier, Soheil. Jusqu’au jour où sa mère ne supporte plus la pollution de la capitale iranienne et se trouve hospitalisée pour insuffisance respiratoire.

Le frère et la soeur de Niloufar décident de l’avenir à sa place, alors qu’elle apprend que son ami Soheil a la garde de son fils.

Comme plusieurs films iraniens diffusés dans nos salles d’art et d’essai, « Un vent de liberté » se situe hors de tout contexte politique ou religieux explicite. Les femmes y portent un foulard. L’accent est mis sur le drame familial qui se joue lequel pourrait avoir une portée universelle, non contextuelle. Et certaines circonstances du monde contemporains : la pollution atmosphérique et l’interminable sonnerie des téléphones portables.

Je ne trouve pas ce film particulièrement féministe. Les préjugés familiaux sur la soeur qui n’a ni mari ni enfants pourraient se rencontrer ailleurs.

J’ai plutôt saisi un message sur les difficultés de communication propres à l’époque (à cause des portables, mais pas seulement), dans un couple ou dans une famille.

Comme le dit le titre, la liberté ici reste un vent, et non un fait.

Au final, un film vraiment intéressant, très bien joué, singulier (comme d’autres films iraniens), dans un Téhéran plus qu’irrespirable.

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« My cousin Rachel » de Roger Michell **

D’après un roman de Daphné du Maurier.

La côte anglaise au XIXème siècle. Philip, un jeune propriétaire terrien a été élevé par son cousin Ambrose. Celui-ci pour des raisons de santé va vivre dans le sud de l’Europe. Il y rencontre une jeune veuve, Rachel, qu’il épouse. Quelque temps plus tard il décède d’une tumeur au cerveau.

Philip soupçonne Rachel de l’avoir assassiné et met en doute les résultats de l’autopsie. Mais lorsque la jeune femme arrive dans la propriété anglaise, Philip ne sait résister à son charme.

Tous les attraits du film terrien british sont déployés : beaux paysages, costumes d’époques, belle demeure, fermes et paysans.

C’est un film sur le doute, à tous les niveaux, aussi à celui du spectateur et il faut dire qu’il est bien distillé et alimenté au moyen de divers détails, dans une atmosphère malsaine.

Je n’ai rien à reprocher ni à la réalisation, ni aux acteurs, ni à la mise en scène ou au scénario. Il y a juste que l’histoire ne m’a que moyennement intéressée. Je n’ai pas lu le roman, mais l’intrigue de Rebecca (que j’ai lu et vu au cinéma) m’a davantage captivée. Peut-être est-elle plus complexe et n’est-elle pas que malsaine.

C’est un bon film, mais avec une intrigue qui peut ne pas accrocher.

https://www.senscritique.com/film/My_Cousin_Rachel/21828777

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« Les confessions » de Roberto Ando ***

Dans le cadre de l’opération DVDtrafic de juillet/août 2017 destinée aux bloggeurs, un DVD contre une chronique, j’ai pu visionner ce film sorti début 2017, avec Toni Servillo, Daniel Auteuil, Connie Nielsen, Marie-Josée Croze, Lambert Wilson …

D’emblée, un très beau casting, et une mention pour l’excellent Toni Servillo.

L’action se déroule essentiellement dans un hôtel de luxe au bord de la mer Baltique. La réalisation est discrète et classique, centrée sur le luxe de l’hôtel et les manigances et discussions des différents personnages.

Au cours d’un sommet du G8, des ministres des finances se réunissent autour du directeur du FMI, pour décider d’un accord qui mettra une partie du monde en péril. Les économistes sont entourés de gardes et de certains invités particuliers (une auteure pour enfants, un moine italien).

Après s’être confessé, le directeur du FMI est retrouvé mort.

Scellée par des secrets, l’histoire bénéficie de très bons dialogues, parfois abstraits et sibyllins, mais souvent riches de signification. Toni Servillo, d’abord peu loquace, du fait de ses voeux de silence, va peu à peu prendre la parole.

La place du religieux est je trouve remarquable, quasi révolutionnaire par rapport à l’ordre établi et c’est là que réside tout l’intérêt du film, à mes yeux. J’ai adoré les 10 dernières minutes.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237601.html

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« Dunkerque » de Christopher Nolan ****

1940, à Dunkerque, les troupes alliées se trouvent acculées par les allemands sur une plage : 400 000 hommes attendent d’être rapatriés de l’autre côté de la Manche.

Il faut savoir (et le film ne le dit pas assez) que les français participaient à la défense du périmètre de sécurité de la zone. En environ une semaine, des centaines de bateaux privés et des destroyers aideront à l’évacuation des troupes, sous le feu des Stukas allemands et des torpilles. Les forces alliées échappent à un massacre et parviennent à se replier.

Christopher Nolan ne fait passer aucun message et il s’attarde peu sur les destins individuels, même si on retrouve certains soldats et civils tout au long du film, notamment les pilotes, le marin anglais et son fils.

Il raconte cet événement à partir de trois lieux et de trois temporalités différents, lesquels finiront par fusionner dans un présent intense : Ce qui se passe sur terre en France et sur la jetée, pendant une semaine ; ce qui se passe en une journée pour les marins venus d’Outre Manche ; ce qui se passe pendant une heure, pour les pilotes des spitfire.

Les mêmes attaques sont filmées alors selon chaque point de vue et c’est avec une certaine gymnastique que le spectateur construit les faits dans leur globalité. On retrouve le goût de Christopher Nolan pour les constructions spatio-temporelles complexes.

Les images sont impressionnantes et constituent une réelle claque cinématographique. La musique apporte de la tension.

Le réalisateur, avec sa technique narrative et ses plans incroyables, parvient tout à la fois à donner une dimension sensorielle très forte au film et un stress palpitant.

Vraiment, du cinéma !

https://www.senscritique.com/film/Dunkerque/17103116

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« Baby Driver » de Edgar Wright **

C’est l’histoire, à Atlanta, d’un jeune chauffeur de la pègre, taiseux et accro à ses playlists, amoureux , qui cherche à quitter les milieux mafieux.

Les courses poursuites sont très bien, rythmées avec de la musique pop, l’idée d’accompagner l’action avec les morceaux de la playlist, intéressante ; les jeunes héros sont mignons et ils s’en sortent tant bien que mal, ça contraste avec la violence du film, les méchants sont bien joués, le casting est de choix.

Ce film ne restera peut-être pas longtemps dans ma mémoire, tout est dans la forme, il n’en demeure pas moins un énième film de gangsters avec un scénario prévisible.

https://www.senscritique.com/film/Baby_Driver/11855174

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« Eté 93 » de Carla Simon Pipo ***

Le thème de l’histoire -une enfant de 6 ans qui a perdu ses parents, recueillie par un oncle et une tante à la campagne- peut faire peur et craindre un mélo saturé d’émotions.

C’est tout autre chose que montre Carla Simon Pipo. Déjà l’histoire est auto-biographique, elle sent le vécu, dans ce qu’il a de singulier et de sincère. Le choix narratif, naturaliste, réaliste met en valeur le jeu exceptionnel des deux enfants. Ici la caméra est un témoin discret de scènes du quotidien de Frida, recueillie par son oncle. L’enfant est centrale.

Le drame qui se joue n’explose qu’à la fin du film et l’ensemble devient une histoire très poignante et vraie.

Ce que j’ai apprécié, c’est l’absence de lourdeur, d’analyses psychologiques, le fait d’être juste le témoin discret d’une histoire à la fois belle et rude.

https://www.senscritique.com/film/Ete_93/24857016

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« On the milky road » de Emir Kusturica ***

Une des grosses lacunes de ma culture cinématographique est la connaissance du cinéma d’Emir Kusturica. Je crois n’avoir vu que « Papa est en voyage d’affaire ».

Découvrir « On the milky road » est ainsi une première pour moi. Je vais essayer d’en parler sans préjugés, avec un regard neuf de Candide.

C’est un film très éprouvant, trop long sur la fin. Pourtant ..

Il est clair que Kusturica est profondément marqué par la guerre. Cette allégorie qui en exprime toute l’empreinte est très poignante.

Le film est construit et imagé comme un rêve éveillé, avec de réels passages cauchemardesques. De la poésie onirique, de la musique tzigane, des fêtes, de la danse, de l’alcool , des tronches. Mais aussi du sang, du feu, des larmes. De magnifiques paysages, des scènes de guerre angoissantes, des situations improbables elles aussi oniriques.

Les animaux occupent au moins la moitié de la scène : oies, poules, faucon, cochon, chats, ours, moutons, chèvres, âne, serpent, abeilles, papillons …attachants, inquiétants, indispensables, dans des scènes aussi malheureusement tragiques.

Une fin très apaisante et mélancolique. Une histoire d’amour touchante.

Alors mon envie en sortant du cinéma, est de vite regarder d’autres oeuvres de ce cinéaste créateur d’univers, comme « le temps des gitans » ou « chat noir, chat blanc. »

https://www.senscritique.com/film/On_the_Milky_Road/10439828

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