« L’amour flou » de Philippe Rebbot et Romane Bohringer ****

Je ne savais pas que Philippe Rebbot et Romane Bohringer avaient fondé une famille. Ce film nous l’apprend en nous faisant découvrir leurs enfants,  la famille de Romane et celle de Philippe.

Si le film parle de la séparation réelle du couple et de leur projet post-séparation, il est très structuré, composé et « écrit » , avec des seconds rôles fictifs et non moins savoureux.

Par delà tout principe sur la famille et le couple, j’ai été emportée par ce tourbillon de situations rocambolesques où l’humour, la tendresse et l’émotion l’emportent.

Il est clair qu’il y a une grande connivence, un lien difficile à briser entre Romane et Philippe, déjà par le fait qu’ils ont écrit ce film ensemble. Leur réflexion sur l’amour sonne très juste, sans prétention ni dogmes et se résume effectivement au titre du film « l’amour flou ».

Depuis longtemps je n’avais pas autant ri pour une comédie.

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« Dilili à Paris » de Michel Ocelot *****

Paris, à la Belle Epoque. Dilili, petite métisse canaque a quitté la Nouvelle Calédonie clandestinement. Son institutrice, qui n’était autre que Louise Michel, lui a appris le Français qu’elle parle avec distinction et élégance. Recueillie par une comtesse, elle participe à des spectacles d’indigènes pour touristes. C’est alors qu’elle rencontre Orel, un jeune et beau livreur en triporteur qui connaît le Tout Paris.

Avec lui, elle arpente la capitale, à la recherche de petites filles mystérieusement disparues,  enlevées par une secte obscure, les Mâles- Maîtres. Pendant leur enquête la fillette et son ami rencontrent artistes et scientifiques qui ont élu domicile dans la capitale ( Toulouse-Lautrec, Louis Pasteur, Marie Curie, Sarah Bernhardt, Eric Satie, Picasso, Renoir, Marcel Proust ..). Ils découvrent plusieurs lieux célèbres, comme le Moulin Rouge.

Michel Ocelot a photographié Paris sur une durée de 4 ans et a retenu les images qui évoquent le Paris de la Belle Epoque. L’animation s’inscrit dans ce décor photographique minutieusement sélectionné. Quel magnifique travail d’orfèvre !

Michel Ocelot, avec finesse, aborde des sujets à vocation polémique et les intègre dans un conte pour enfants, avec ses ressorts et ses péripéties. Il parle de racisme et de sa relativité selon le point de vue pour une petite fille métisse, à travers les propos innocents et malicieux de la petite héroïne.

Il évoque le lourd sujet de l’oppression des femmes. S’il y a des allusions assez évidentes aux dérives obscurantistes d’une certaine religion, des détails rocambolesques viennent pimenter le scénario.

Ses idées passent bien. Elles gardent une part d’humour et beaucoup d’imagination, dans un récit aux allures d’une aventure de Jules Verne.

Comment la légèreté et les lumières d’une civilisation s’opposent à une gangrène obscurantiste et triomphent. Comment mêler la vérité historique (sauf pour le préfet de police) et le conte.

Un double pari délicat pour un film à destination des plus jeunes,  et au final magnifiquement réussi !

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« A star is born » de Bradley Cooper ***

Lors d’une sortie dans un bar, un chanteur célèbre de style rock/country découvre Ally, chanteuse de cabaret à ses moments perdus. Très vite, il la fait participer à un de ses concerts. Le succès est immédiat et une relation amoureuse s’installe entre les deux artistes. Repérée par un chasseur de talents, Ally devient après quelques mois de travail intense et de concerts la révélation de l’année.

Mais Jackson Maine commence à être sur le déclin, il évolue bientôt dans l’ombre de la talentueuse Ally.

Il s’agit d’un mélodrame vraiment triste. Le film analyse assez finement les problèmes du couple, exacerbés par la célébrité des protagonistes. Ca peut lasser, si on n’aime pas les mélos.

Ceci dit, le film vaut vraiment le coup pour la façon fiévreuse qu’à Bradley Cooper de filmer les concerts, pour la transformation de Lady Gaga par le « star system ».

Lady Gaga est superbement mise en valeur et sa voix fascine.

Bradley Cooper campe plutôt bien ce chanteur sur le retour.

Malgré sa longueur, c’est un film à voir.

https://www.senscritique.com/film/A_Star_is_Born/17510434

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« Nos batailles » de Guillaume Senez ****

Olivier est chef d’équipe dans une usine de type « Amazon ». Les ouvriers y subissent une pression inhumaine et les délégués syndicaux essaient de faire au mieux pour les soutenir.

Olivier est aussi en couple et père de 2 enfants. Le jour où sa femme disparaît sans donner d’explications, il va devoir faire face, avec l’aide de sa mère, sa soeur et ses amis du syndicats.

Si j’ai regretté qu’on n’apprenne finalement rien sur la disparition de la femme d’Olivier, j’approuve tout à fait les critiques très élogieuses qui soulignent la justesse de ce film criant de vérité.

Les enfants, pas simplement figurants sont dirigés de façon exceptionnelle. Les rôles féminins sont beaux. Romain Duris incarne avec sincérité cette homme qui se bat sur plusieurs fronts. Malgré les sujets abordés, le film reste léger et légèrement teinté d’humour.

La caméra est un témoin discret du cheminement de cette famille blessée et exsangue qui finit par puiser des forces dans l’amour qui les anime et dont ils sont entourés.

https://www.senscritique.com/film/Nos_batailles/32114998

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« La prophétie de l’horloge » de Eli Roth **

Parmi le choix de films actuels, j’ai finalement choisi un film fantastique récréatif. J’ai longtemps hésité à aller voir un film comme « Donbass » ou « Climax ».  Malgré l’intérêt que ces derniers suscitaient chez moi, je n’avais pas envie de visionner des films « difficiles » émotionnellement. D’où ce choix un peu régressif.

Si « la prophétie de l’horloge  » est destiné aux enfants, attention à certaines scènes d’horreur, soft, cependant.

A la mort de ses parents, Lewis 10 ans, va vivre chez son oncle célibataire, très proche d’une voisine, Madame Zimmermann, dans une demeure un peu inquiétante. Lewis découvre que son oncle est un sorcier.

J’ai bien aimé l’atmosphère magique et fantastique de ce film, comme le jeu plaisant de Jack Black et Cate Blanchett. Certaines trouvailles scénaristiques ou dans la mise en scène sont intéressantes. Le temps passe tranquillement sans ennui.

Un bon moment récréatif finalement !

https://www.senscritique.com/film/La_Prophetie_de_l_horloge/26902934

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« I feel good  » de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Jacques, un loser pétri d’idées de droite à la limite de la caricature, débarque chez sa soeur Monique, qui dirige la communauté Emmaüs de Pau. Il tente d’enrôler des compagnons dans son projet « feel good » qui consiste à aller en Bulgarie se faire opérer par un chirurgien esthétique.

A priori ce film est tout à fait mon style de film : décalé, avec des protagonistes humbles et simples, un scénario foufou et un voyage en Bulgarie. De plus il fait intervenir Yolande Moreau que j’adore, avec Jean Dujardin, cela était prometteur. L’idée de faire participer les compagnons d’Emmaüs est très bonne.

Je me réjouissais pour cet événement mais finalement j’ai été assez déçue, m’étant par moments ennuyée.

Si Jean Dujardin est souvent excellent, ses vannes drôles, je trouve que dans une première partie son rôle plutôt que de valoriser les compagnons, les ridiculise. Ca m’a dérangée. Même si bien sûr au final, c’est lui qui est ridiculisé et les compagnons décrits sous leur vrai jour.

Après, le soufflé retombe assez vite, je n’ai pas accroché, l’histoire ne m’a pas emballée, il manque à mon goût un ou deux ingrédients pour que l’alchimie se réalise.

C’est juste mon avis.

https://www.senscritique.com/film/I_Feel_Good/29090634

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« Thunder road » de Jim Cummings **

  « Thunder road » est le titre d’une chanson de Bruce Springsteen que l’on n’entend jamais dans le film.

Jimmy Arnaud assiste aux obsèques de sa mère. Alors qu’il est invité à parler pendant la cérémonie, il peine à contenir ses émotions et élabore tant bien que mal son discours d’adieu.

Il est agent de police dans une petite ville. Toujours débordé par ses émotions, il traverse ensuite des épreuves -perte de la garde de sa fille, soucis au travail… Sur le fil du rasoir, au bord de la crise de nerfs, il perd pied petit à petit .

Si le film est centré sur la personnalité plutôt stressante de Jimmy Arnaud, il a tout de même le mérite de mettre en scène un homme fragile, sensible, émotif, qui dérape souvent dans l’expression de ses sentiments, aux antipodes des canons de la virilité.

Je trouve l’idée intéressante, mais je n’ai pas vraiment été gagnée par la vague d’émotions incontrôlées qui porte ce film.

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« Les frères sisters » de Jacques Audiard ****

Le dernier film de Jacques Audiard, un western en langue Anglaise, a été tourné en Roumanie et en Espagne, dans de très beaux paysages intacts, sur le rythme d’une musique envoûtante qui ne correspond pas aux codes du genre.

Charlie et Eli Sisters sont des tueurs à gage à la solde du Commodore, un vieil homme qui semble terroriser l’Oregon. Ils partent à la recherche de Hermann Kermit Warm, un chimiste idéaliste ayant découvert une façon efficace de trouver de l’or. Leur complice, le détective John Morris se rapproche de Warm et guide les frères à leurs trousses.

Jacques Audiard décrit un ouest américain, gangréné par la violence et la loi du plus fort, avec une mise en scène et des décors très crédibles. Personne n’échappe à la violence, malgré le tempérament a priori doux de certains protagonistes. Ceci dit chacun semble espérer un monde meilleur, un retour à une vie plus paisible.

Les 4 principaux personnages, dont les personnalités respectives sont très intéressantes voire attachantes, amènent chacun à sa manière, une réflexion sur la violence.

C’est ce qui fait de ce film aussi autre chose qu’un western classique ou crépusculaire.

J’ai aimé ce film pour la réalisation exceptionnelle, pour le jeu en particulier de John C. Reilly et de Riz Ahmed, et pour la singularité du propos et ici et là des moments assez cocasses (l’épisode de l’araignée par exemple, des toilettes ou de la brosse à dents. ..), malgré un côté ultra violent.

https://www.senscritique.com/film/Les_Freres_Sisters/17096076

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« Le poulain » de Mathieu Sapin ***

Arnaud Jaurès, 25 ans, rejoint l’équipe de campagne d’une candidate des primaires dans le cadre des présidentielles, en tant qu’assistant de l’attachée de communication, la caustique Agnès Karadzic.

Dans la lignée de « quai d’Orsay », le film de Mathieu Sapin qui explore les coulisses d’une campagne électorale en France, n’est pas une franche comédie, plutôt une satire de la vie politico-médiatique française. Alexandra Lamy excelle dans son rôle.

Les protagonistes, tantôt manipulateurs, tantôt opportunistes, surfant sur l’actualité et le réel grâce aux médias ou à une connaissance abstraite ou de seconde main de la vraie vie, donnent une image assez pitoyable de la caste politique.

Pris dans leurs stratégies diverses ou leur besoin de séduire, ils semblent éloignés de toute réelle conviction et des préoccupations des électeurs.

Le constat final est plutôt amer et certainement bien vu.

https://www.senscritique.com/film/Le_Poulain/27659215

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« Mademoiselle de Joncquières » de Emmanuel Mouret ****

Je recommande chaudement cet excellent film d’Emmanuel Mouret inspiré par l’oeuvre de Denis Diderot.

Madame de la Pommeraye, jeune veuve aristocrate,  se laisse séduire par le libertin marquis des Arcis, qui la courtise depuis de nombreux mois. Mais  il finit par la délaisser, le couple rompt et les amants redeviennent amis.

Mme de la Pommeraye ourdit une vengeance contre le marquis, faisant intervenir Mme de Joncquières et sa fille, deux courtisanes.

J’ai réellement tout aimé dans ce film : la limpidité, la richesse et la fluidité du scénario, la grande qualité du texte et de sa diction par les comédiens, la fraîcheur et les détails des décors tant intérieurs qu’extérieurs, le choix des costumes, l’accompagnement musical adéquat à l’action.

L’histoire dans un premier temps sulfureuse est assez jubilatoire, pour qui approuve la vengeance de Mme de Pommeraye. Puis elle prend des virages, se complexifie et la morale n’est pas celle que l’on croyait. Ceci marque une grande différence par rapport à Choderlos de Laclos et ses « liaisons dangereuses ».

Une oeuvre de choix dans le paysage cinématographique français.

https://www.senscritique.com/film/Mademoiselle_de_Joncquieres/31733278

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