Un homme et un jeune garçon volent des denrées dans un supermarché. Sur le chemin du retour, ils croisent une fillette de 5 ans transie de froid et affamée. Ils la recueillent et l’emmènent chez eux. Ils partagent une petite maison modeste, aux décors et meubles frustes, avec une dame âgée « mamie », une femme d’âge mur et une jeune femme. La fillette semble avoir été maltraitée et ne réclame pas ses parents, elle accepte gentiment de rester avec ces personnes qui vont lui offrir soins et affection.
Le temps passe.
Il s’avère que cette famille n’est pas unie par les liens du sang, on découvre de fil en aiguille pour chaque personnage une histoire et une origine.
Mais un jour cette structure en apparence solide éclate sous l’action d’un des enfants. Cette famille pauvre, immorale et hors norme mais aimante était-elle suffisante pour que les enfants y grandissent ? Kore-Eda ne tranche pas, chaque protagoniste y apporte sa réponse et son point de vue.
La question la plus cruciale et la plus triste n’est-elle pas celle du devenir de la petite fille ?
Le film est réalisé avec une virtuosité exceptionnelle, le scénario chemine jusque dans ses retranchements les plus enfouis, la vérité voit le jour petit à petit comme par nécessité.
Malgré la misère et la simplicité des décors, le cinéaste explore chaque espace avec sa caméra et photographie avec raffinement.
Cette famille Thénardier japonaise -misérable mais sans méchanceté apparente- est touchante et interprétée de façon subtile et juste notamment par les enfants. La découverte des méfaits des aînés renverse les idées de départ mais tout est remis en question dans les derniers plans du film.
Toute la finesse et la quintessence du cinéma japonais, dans ce film sur la paupérisation dans le pays du Soleil Levant.