« Apollo11 » de Todd Douglas Miller *****

Malheureusement ce documentaire époustouflant n’est plus projeté dans les salles que pour les scolaires. Il a bénéficié de 6 projections je crois. Si vous avez eu la chance de le voir, j’espère que vous l’avez aimé autant que moi. J’en ai eu le souffle coupé.

A partie d’images d’archives souvent inédites et en couleur, d’échanges radio entre les astronautes et la base de la NASA, le cinéaste propose un montage où le suspense rythme les diverses étapes de l’odyssée d’Apollo 11, du décollage au retour sur Terre, avec les 18 jours de quarantaine. Certains passages plus pédagogiques permettent de comprendre ce qui se passe.

C’est émouvant de voir les spectateurs du lancement à 30 km des lieux, en 1969, dans des images sans trucages, ni effort de reconstitution historique, avec une mode qui déchire et les visages des vraies personnes.

J’ai trouvé incroyable le décalage entre la technologie de l’époque et la précision des trajectoires, de la coordination et du timing.

Le film est ponctué par plusieurs moments très forts : le lancement, la séparation, l’arrivée dans l’orbite lunaire avec le lâché du module lunaire. L’alunissage, les premiers pas, le retour du module et l’arrimage à la fusée, le largage du module, le retour avec l’arrivée angoissante dans l’atmosphère, puis l’ouverture des parachutes et l’arrivée dans l’eau !

Et puis les paroles de Nixon, la liesse à Chicago. Je ne fais que résumer ce film d’une richesse historique et avec des images impressionnantes. Je le reverrais volontiers.

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« Vif-Argent » de Stéphane Batut ***/****

Voilà un film singulier, enveloppé d’étrangeté et de mystère par lequel il faut se laisser porter sans raisonner.

A Paris, de nos jours. Un jeune homme se retrouve sous un pont, personne ne le voit, sauf un autre homme qui lui propose de l’aide. Un peu plus tard, le jeune homme, prénommé Juste, passe un entretien avec une femme en blouse blanche.

Des années plus tard il arpente les rues de Paris, des quartiers populaires aux Buttes Chaumont. Il discute avec un homme d’origine africaine, pénètre avec lui dans un de ses rêves et le mène à la femme en blouse blanche. Un jour il rencontre Agathe, qui reconnaît en lui un ami nommé Guillaume.

Paris et ses quartiers sont superbement filmés, avec douceur et tranquillité. Le cinéaste nous emmène aussi dans une forêt tropicale, en montagne puis au bord de la mer. Certaines explications dispersées ici et là permettent de comprendre un minimum de l’histoire.

J’ai bien sûr pensé à Wim Wenders, à Berlin et « les Ailes du désir ». Stéphane Batut aborde les thèmes du deuil, du passage vers l’autre monde avec simplicité et poésie mais avec un final plus mélancolique que celui des « Ailes du désir ».

Un film qui mérite le détour.

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« Thalasso » de Guillaume Nicloux **

Michel Houellebecq et sa femme se disent au revoir dans un hôtel chic de Cabourg : Michel y passera quelques jours pour une thalassothérapie. Mais ses habitudes sont contrariées : il ne peut ni boire de vin, ni fumer, de plus certains soins l’indisposent beaucoup comme la cryothérapie. Heureusement il rencontre Gérard Depardieu avec qui il va transgresser certaines règles de l’établissement et discuter de divers sujets.

Le film est composé d’une série de sketches, avec une intrigue secondaire.

Si certains gags sont très drôles et d’autres émouvants, l’histoire de Dédé et Ginette m’a paru sans intérêt et ennuyeuse.

La présence respective de l’écrivain et de l’acteur, valait le déplacement. Le talent d’acteur de Gérard Depardieu pour moi ne fait aucun de doute, il est à la mesure -ou à la démesure- de son allure. Celui de Michel Houellebecq avec des airs de semi-clochard pince-sans-rire et sensible perdu à Cabourg, ne laisse pas deviner ses talents d’écrivain, mais a des ressorts comiques si on connaît et apprécie certains de ses écrits.

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« Late night » de Nisha Ganatra ****

Chaque apparition d’Emma Thompson au cinéma est pour moi un régal,  (même dans « men in black ») et son interprétation de Katherine Newbury  dans « late night » ne fait pas exception.

Katherine Newbury, la cinquantaine passée, est l’animatrice télé d’un talk-show à New York. Elle travaille entourée d’auteurs masculins qu’elle mène à la baguette, prise par le train train de l’émission. Ceci dit, la directrice de la chaîne annonce qu’elle va bientôt la remplacer, suite à un audimat insatisfaisant.

C’est à ce moment que la chaîne engage une jeune femme d’origine indienne, Molly Patel, pétillante, sensible et drôle.

Le point fort du film est son déroulement rythmé énergiquement par un humour de très bonne qualité (à mon goût) qui ratisse large et ose s’attaquer à des tabous qui font consensus dans la société. Le film n’est pas « mal-pensant », mais parvient à dédramatiser et à donner de la légèreté à des sujets de société.

Les acteurs sont bons et apportent une bonne dose de bonne humeur. (Les spectateurs sortis de la séance précédente avaient tous le sourire aux lèvres.)

Pour passer un très bon moment de cinéma.

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Eté au jardin : le jardin Lilaveronica à Thanvillé et le jardin monastique à Eschau

Nous avons récemment ces deux jardins bien différents : à Thanvillé, le jardin Lilaveronica, pour le pur plaisir des yeux et le jardin monastique à Eschau d’un grand intérêt botanique et culturel.

Le jardin Lilaveronica à Thanvillé

Il faut s’avancer jusqu’au château de Thanvillé, le prolonger, et sur le flanc vosgien se dessine une prairie mouvante, irriguée par un circuit fermé d’eau, donnant naissance à plusieurs bassins avec leurs nénuphars et leurs plantes aquatiques. L’hydrangéa est la plante vedette de ce jardin de plus de 1ha. Autour et à côté des plans d’eau, le propriétaire a créé des ilots où ondoient les différentes espèces. Le jardin est encore jeune, mais sa beauté et la qualité du travail d’entretien procurent un réel plaisir visuel et amènent un moment de détente appréciable.

https://www.lilaveronica.com/

Le jardin monastique d’Eschau

https://www.alsace-jardins.eu/jardin.php?id=67

Il est situé face à l’église abbatiale romane du Xème siècle que je vous invite à visiter. Nous avons pu bénéficier d’une visite guidée passionnante.

Le jardin est le fruit d’un immense labeur associatif. Toutes les espèces sont répertoriées. On y trouve des plantes culinaires, médicinales (dont certaines espèces mortelles), aromatiques …

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« Roubaix, une lumière » de Arnaud Desplechin ****

C’est la nuit à Roubaix, le commissaire Daoud patrouille. Avec son équipe, dont un jeune lieutenant qui vient de les rejoindre, il travaille sur plusieurs affaires : une voiture brûlée, un incendie dans une maison, une fugue, un viol. Cette première partie du film passe très vite, au rythme des interrogatoires extrêmement bien mis en scène par Arnaud Desplechin. Le commissaire Daoud se confie à son lieutenant après le travail.

Suite à l’appel de deux femmes vivant à proximité de la maison qui a brulé, la police trouve le cadavre d’une dame âgée. Ne suivant que son intuition, le commissaire Daoud fait arrêter les deux jeunes femmes et mène les deux interrogatoires séparément. Petit à petit la vérité va émerger.

Les acteurs rayonnent dans ce film : Roschdy Zem, calme et tranquille, déterminé et humaniste. Sara Forestier est méconnaissable et incarne complètement la jeune et fragile Marie en proie à l’égarement.  Léa Seydoux également, sans un fard, rude et insaisissable, finit par se dévoiler.

Chaque détail est précis et donne beaucoup de réalisme à la ville comme aux procédures policières. J’ai admiré la façon dont les reconstitutions et les interrogatoires ont été filmés : théâtralisés, menés en choeur, et pourtant très vraisemblables et crédibles.

C’est un très bon film policier avec une aura singulière, empreinte du calme et de l’humanité de Daoud.

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« Perdrix » de Erwan Le Duc ***

J’ai été sous le charme de ce film fantaisiste tourné dans les Vosges entre Gérardmer et Plombières-les- Bains. Si vous avez envie de fuir l’actualité et les préoccupations habituelles, « Perdrix » permet de passer un petit moment intemporel et déconnecté.

Juliette Webb a tout ce qu’elle possède dans sa voiture, comme ses petits carnets dans lesquels elle consigne chaque jour de sa vie. Au moment où elle s’arrête sur un parking vosgien, une nudiste lui dérobe sa voiture.

Pierre Perdrix est capitaine dans une gendarmerie du coin où le temps semble interminable. Juliette le rencontre là. Pierre vit avec sa mère, veuve inconsolable et animatrice d’une émission radio dédiée au grand amour, avec son frère, biologiste spécialisé dans les vers de terre, et sa nièce qui ne rêve que de quitter cet endroit.

Dans le même temps des associations locales travaillent sur des reconstitutions historiques de la seconde guerre mondiale.

Erwan Le Duc met en place des circonstances et un décor que j’ai trouvées dépaysants et parfois amusants, avec en filigrane des histoires d’amour touchantes, dont celle entre Pierre ancré dans sa routine et ses responsabilités, et Juliette, légère et libre.

Comme dans le regard de Swann Arlaud, quelque chose pétille dans ce film et lui donne une légèreté qui le rend très attachant.

A découvrir.

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« Je promets d’être sage » de Ronan Lesage **

En Bourgogne, de nos jours. Franck est metteur en scène de pièces contemporaines qui ne séduisent pas forcément la critique. Après un échec cuisant, au bord du burn out, il abandonne le théâtre et trouve un emploi d’agent de surveillance dans un musée d’art. Parmi ses collègues tous peu ordinaires, Sybille est encore plus à part à cause d’un caractère acerbe. Obligé de travailler sur l’inventaire du musée avec elle, il découvre qu’elle cherche à camoufler un vol d’oeuvres d’art.

La début du film est plutôt drôle et prometteur, ceci dit, je trouve que le film de prend pas.  Les gags ne m’ont pas fait rire et je n’ai pas trop cru à l’idylle entre Franck et Sybille. Pio Marmaï ne m’a pas convaincue pas dans ce rôle de metteur en scène raté, à la vie de bohème et mal dans sa peau.

Dommage, même si j’ai suivi l’histoire malgré tout agréable, sans ennui.

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« Once Upon a Time… in Hollywood » de Quentin Tarantino *****

Je fais partie des personnes qui n’apprécient pas habituellement Quentin Tarantino. Même si j’ai toujours reconnu son talent de surdoué, je n’accrochais jamais à la thématique de son cinéma. L’ultra-violence au service de la réécriture jubilatoire de l’Histoire comme dans « Django enchained » ou « inglorious basterd » m’avait fortement déplu.

Ceci dit, j’ai été complètement passionnée par « Once Upon a Time …in Hollywood » et très touchée par l’émotion, voire la délicatesse (c’est ainsi que j’ai ressenti des passages pourtant atroces, restant malgré tout du cinéma) qui se détachent de l’hommage rendu à Sharon Tate. Je ne trahis pas l’histoire en parlant de Sharon Tate dont tout le monde connaît le destin tragique.

Le film est dédié à ce drame qui a eu lieu en 1969 à Hollywood. Quentin Tarantino reconstitue le Hollywood de cette année-là en introduisant dans la grande Histoire deux héros imaginaires : l’acteur Rick Dalton et sa doublure pour les cascades, Cliff Booth.

C’est une ville fantasmée qu’il met en scène en lui donnant une dimension mythique fascinante. Rien que pour cela le film vaut largement le déplacement.

Léonardo Di Caprio et Brad Pitt sont brillants, cabotins à leur moment, il est clair que ce sont des acteurs, et de grands acteurs ! Certaines scènes resteront dans les annales, bien sûr, la fin du film, mais j’ai été scotchée par la scène dans le ranch des Hippies avec Brad Pitt. Je n’en dis pas davantage pour les scènes d’anthologie.

Ainsi, Quentin Tarantino reconstitue dans les moindres détails et sur la durée (je salue le travail titanesque) le contexte d’un massacre, lequel s’inscrit dans un moment charnière de l’Histoire du cinéma américain. Cette double articulation lui donne une grande complexité que je laisserai aux spécialistes le soin d’analyser.

Pour moi, c’est un des grands films de l’année, préféré à « Parasite ».

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« Le gangster, le flic § l’assassin » de Lee Won-Tae ***/****

Dans cette ville de Corée du Sud, sévit un tueur en série : il a déjà fait plusieurs victimes avec son poignard. Pendant le même temps une guerre des gangs oppose deux caïds et leurs hommes. Un policier tente d’y mettre de l’ordre malgré un chef corrompu. Il va malgré lui faire alliance avec un des chefs de gang pour traquer le tueur en série.

Tout est excellent dans ce film : la mise en scène, les acteurs, la musique, le rythme, l’orchestration et l’histoire survoltée.

S’il s’agit d’un pur film d’action au scénario bien huilé, la question des limites entre les forces de l’ordre et la mafia reste en filigrane. Je conseille de le voir en VO, pour les accents vocaux très marqués en coréen. Ultra-violent et généreux en hémoglobine, le film garde une bonne dose d’humour.

Si vous ne cherchez pas de film à message mais du bon cinéma d’action, avec une dose d’intelligence et d’humour, je vous conseille le dernier « Lee Won-Tae ».

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