Coup de coeur « Eliott et Caroline » de Thomas Amblard

Produit par l’association TALMA.

L’avant-première de ce film a eu lieu le 29 avril 2017.

Ce soir-là Johanna organise un dîner. Elle invite chez elle ses amis Eliott, Lucas. Ainsi que Caroline qui arrive un peu plus tard. Johanna est la meilleure amie d’Eliott, mais Eliott sortait avec Caroline depuis des années. Or depuis quelques semaines, Caroline ne donne plus de nouvelles à Eliott, si ce n’est une lettre qui parle à demi-mots de rupture. Que va réserver cette soirée aux différents jeunes gens ?

J’ai beaucoup aimé l’écriture fine (texte et réalisation) et les cadrages précis aux décors travaillés de cette histoire. Si le présent s’ancre au cœur de cette soirée entre amis, il est ponctué par de subtils flash-backs qui permettent au spectateur de construire l’histoire de ce jeune couple dont le crépuscule se dessine. Une toile se tisse avec le moment de la rencontre lors d’une soirée, des scènes entre Johanna et Eliott, entre Eliott et la mère de Caroline, de belles images du couple amoureux sur une plage en Bretagne, des scènes entre Caroline et les amis du couple. Le spectateur peut reconstituer la genèse de l’histoire d’amour comme les symptômes de son délitement.

L’histoire, même si elle semble banale –des ruptures, il y en a tous les jours-, s’avère au contraire complexe, douloureuse, touchante. L’auteur montre les personnages jusque dans leurs retranchements et leur singularité. Les jeunes acteurs sont très crédibles.

Pour davantage d’informations voici des liens et une interview de l’équipe TALMA :

Lien vers l’interview

http://www.facebook.com/eliottetcarolinelefilm/

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=243740.html

http://www.youtube.com/channel/UCHZLl5W7AS6aOdCFW2Csk0Q

Pour aider l’association :

http://www.leetchi.com/c/talma

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« Glory » de Kristina Grozeva et Petar Valchanov ***

« Glory » est une marque imaginaire de montre, en réalité « Slava ».

La réalisation, peu centrée sur l’esthétique peut rebuter, ainsi que quelques longueurs.

Je pense ceci dit qu’il faut vraiment passer outre ces deux points parce que l’histoire, écrite au vitriol, avec de l’humour, une part de burlesque et de nihilisme est édifiante.

Un honnête et humble cantonnier des chemins de fer bulgares par excès d’honnêteté se voit pris au piège dans un engrenage de situations conséquentes de sa probité.

J’ai beaucoup aimé l’acteur, ce barbu candide, soignant ses lapins comme s’ils étaient ses enfants, riche seulement d’une montre de marque, héritée de son père.

Le système est kafkaïen et corrompu, alors qu’il se flatte d’être européen.

Ce ton, cette absence de complaisance, ce regard réflexif caustique se retrouve dans d’autres fils d’Europe orientale (« Baccalauréat », « le trésor »…) et me fait aussi penser à certains films latino-américains (« les nouveaux sauvages »). Vraiment à découvrir.

https://www.senscritique.com/film/Glory/22934964

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« Emily Dickinson, a quiet passion » de Terence Davis **

Un biopic sur la poétesse américaine Emily Dickinson.

Les plus du film :

De beaux costumes et des décors travaillés, de beaux intérieurs. Une voix off qui dit tout au long du film des textes de  la poétesse.

L’époque décrite en filigrane, avec la guerre de sécession, évoquée de façon émouvante ; les moeurs dévoilés par des dialogues plutôt subtils, il est question de religion, de famille, de la place des femmes. Le personnage d’Emily Dickinson est intéressant, même si elle vit repliée sur elle-même et semble s’embourber dans les convenances de l’époque qui pourtant la rebutent, elle a en elle cette force créatrice. La genèse des poèmes a toute sa place dans le film et lui donne du relief.

Les moins du film :

Le film peut paraître long, il y a d’interminables scènes de maladie, d’agonie, de dispute, surtout dans une longue dernière partie. C’est dommage.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=237788.html

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« Album de famille » de Mehmet Can Mertoglu

Je trouvais le synopsis intéressant. Il annonce une étude des moeurs liée à la stérilité et l’adoption en Turquie.

Mais je n’ai pas apprécié la réalisation ni certaines idées (plans interminables dont on se demande l’utilité, introduction peu fine qui établit un parallèle avec la fécondation d’une vache et le vêlage). J’ai trouvé au final le film plutôt ennuyeux sans beaucoup d’intérêt.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246768.html

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« Aurore » de Blandine Lenoir ***

Encore un film de femme sur les femmes, ici une cinquantenaire à moment charnière de sa vie. Porté par Agnès Jaoui, à la présence forte et attachante, le résultat est un film avec beaucoup de moments drôles et un humour qui fait mouche.

C’est un film très divertissant qui donne la pêche. Que je conseille chaudement.

https://www.senscritique.com/film/Aurore/24190216

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« A mon âge je me cache encore pour fumer » de Rayhanna Obermeyer *****

Alger en 1996, en pleine explosion de violences et extension de l’islamisme.

Samia et Fatima travaillent dans un hamman. Ce jour-là, alors qu’elles reçoivent les habituées, Mereim, tombée enceinte hors mariage et sur le point d’accoucher, vient se réfugier chez elles par crainte des représailles de son frère rentré spécialement de France.

Dans le hamman, les vêtements, voiles et foulards tombent et les femmes discutent, avec leurs paroles et leurs corps comme seuls atours. Tout est criblé dans leurs dialogues : le mariage, le divorce, l’islamisme, les émigrés de France, la France, les traditions, l’amour, les hommes…

La réalisation du début à la fin est très belle, tant pour les vues d’Alger (avec la poignante scène finale) que pour les images prises au hamman : vapeurs, eau et chairs, pudeur et formes féminines, visages à découvert.

Les dialogues sont exceptionnels, la comédie cocasse et hilarante côtoie la plus infâme des tragédies ; le film, tantôt un vrai régal d’humour, tantôt glaçant et effrayant -lorsqu’il s’agit d’islamisme.

Les actrices superbes, chacune dans un rôle, une personnalité bien travaillés et marquants.

J’ai trouvé ce film vraiment exceptionnel, intelligent. Cris et rires de femmes, plus féminines que féministes, laissant percevoir de l’espoir, mais comme un rêve qui reste à réaliser, tant le désespoir est grand.

https://www.senscritique.com/film/A_mon_age_je_me_cache_encore_pour_fumer/24686426

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« La colère d’un homme patient » de Raul Arevalo ***

Raul Arevalo avait joué dans l’excellent « la Isla minima ».

Ce thriller court, où suintent la moiteur et la chaleur ambiante de la province espagnole, m’a rappelé l’époque des westerns.

Il s’agit d’un règlement de compte, avec des hommes taiseux et impitoyables, de la violence, une réalisation au plus près des visages et de certains détails.

Un film très bien fait et captivant.

https://www.senscritique.com/film/La_colere_d_un_homme_patient/22686100

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« Après la tempête » de Hirokazu Kore-Eda ***

Au Japon, de nos jours. Ryôta, après un premier roman prometteur, ne trouve plus d’inspiration. Il travaille dans une agence de détective, où il arnaque les clients et dépense son argent dans les courses cyclistes. Son père est mort récemment, il rend souvent visite à sa mère. Sa femme, Kyoko l’a quitté et élève leur fils Shingo. Elle est en passe de refaire sa vie. Un soir de typhon, Ryôta, Kyoko et Shingo se retrouve dans l’appartement en HLM de la mère de Ryôta.

J’ai été déçue, ayant beaucoup aimé les deux films précédents, je trouve qu’ « Après la tempête » manque d’âme, de souffle. Les personnages stagnent, n’évoluent pas, le film met surtout les désillusions et les échecs en relief.

Ceci dit, les acteurs sont très bons, mention spéciale à la grand-mère, Kirin Kiki, déjà remarquable dans « les délices de Tokyo ». L’analyse de la société japonaise, avec ce portrait croisé, reste intéressante.

https://www.senscritique.com/film/Apres_la_tempete/18880530

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« Cessez-le-feu » de Emmanuel Courcol ****

Le film commence par une courte scène dans les tranchées en Argonne en 1916. Avec des événements qui portent en eux une grande partie de l’horreur de cette guerre.

1923

Trois frères ont vécu cette guerre : Jean, porté disparu ; Marcel, de retour chez sa mère, traumatisé et sourd ; Georges qui a fui en Afrique en Haute Volta (actuel Burkina Faso).

Georges rentre en France et tente d’y retrouver une place, il rejoint sa famille. Il rencontre Hélène, infirmière et professeur des langues des signes de Marcel, son frère.

Emmanuel Courcol raconte avec finesse, sensibilité et intelligence comment chaque personnage parvient à se démener quelques années après, détruit par les traumatismes de la Grande Guerre. Chacun ne peut faire que ce qu’il peut. Seuls les liens de l’amour et de l’amitié parviennent parfois à remettre les personnes sur le chemin de la vie.

Un très beau film avec d’excellents acteurs. L’Afrique est magnifiquement filmée.

https://www.senscritique.com/film/Cessez_le_feu/18203878

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« Eugène Onéguine » Opéra de Piotr Tchaïkovsky ****

Vu au cinéma en direct du Metropolitan de New York. D’après un roman en vers d’Alexandre Pouchkine.

Avec Anna Netrebko dans le rôle de Tatiana et Dmitri Hvorostovsky dans celui d’Onéguine, tous deux superbes.

J’ai redécouvert cet opéra très beau musicalement.

J’ai surtout été admirative et enchantée par la mise en scène, les décors, les costumes.

Le style est très réaliste, au départ, la véranda d’une demeure campagnarde dans la Russie profonde, avec une grande verrière et en arrière plan une forêt de bouleaux.

Il y a plusieurs changements de décors avec des extérieurs saisissants. On assiste en direct au travail de l’équipe d’une trentaine de techniciens affairés entre chaque scène à changer les décors.

Les costumes sont tout aussi travaillés rendent parfaitement le 19 ème siècle russe.

L’histoire est intéressante : trois moments de rencontre entre une jeune femme au départ naïve et amoureuse, qui va mûrir et s’affirmer, et un homme égoïste finalement pris au piège de ses principes de vie.

Un très beau moment  !

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246055.html

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