« Photo de famille » de Cécilia Rouaud **

Dans la famille, il y a le père, divorcé et en ménage avec une jeune femme ; la mère, psychanalyste restée en contact avec la grand-mère ; la grand-mère paternelle atteinte de troubles de la mémoire ; le fils, informaticien doué et dépressif ; la fille, artiste de rue ; une autre fille désolée de ne pas tomber enceinte ; le petit-fils, qui préfèrerait vivre chez son père …

Et un casting très sympathique : Jean-Pierre Bacri, Chantal Lauby, Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps …

Ceci dit, je n’ai pas vraiment été captivée, peut-être parce que le film oscille entre comédie et drame (par exemple la triste situation de la grand-mère) prenant un virage plutôt triste qui dénote avec le reste. Je n’ai pas été convaincue par les personnages et leurs relations, que j’ai trouvé artificiels.

Ceci dit « Photo de famille » reste un film agréable à regarder avec de bons jeux d’acteurs.

https://www.senscritique.com/film/Photo_de_famille/25000765

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« Burning » de Lee Chang-Dong **

Jong-Soo jeune homme timide de condition modeste, est livreur en attendant de devenir écrivain. Sa mère les a abandonnés lui et sa soeur, enfants, les laissant seuls à la campagne avec un père que Jong-Soo déteste.

Jong-soo rencontre par hasard Haemi, une amie d’enfance, de condition modeste et encore plus paumée que lui. Ils deviennent amants. En départ pour le Kenya, Haemi demande à Jong-Soo de s’occuper de son chat.

Lors du retour d’Afrique, Haemi revient accompagnée de Ben un riche jeune homme qui vit à Séoul dans le quartier huppé de Gangnam.

Ben semble se jouer de Jong-soo tout en séduisant Haemi.

Ce film a beaucoup pour plaire : une magnifique photographie, une réalisation fluide, un choix de musique pertinent. Lee Chang-Dong distille le mystère en ne révélant jamais la vérité, si ce n’est celle de la passion dévorante de Jong-Soo. Il sème des indices, des paroles, que le spectateur peut interpréter, menant cependant celui-ci inexorablement au final.

J’ai pourtant trouvé le temps long (près de 2h30) et je ne suis pas rentrée dans l’histoire, pas vraiment intéressée par les personnages, sortant du cinéma avec peu d’émotions et un sentiment de vacuité. Mais ce n’est que mon ressenti, consciente que ce film a inspiré nombre de critiques élogieuses.

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« Guy » de Alex Lutz ****

J’avoue, je suis tombée dans le panneau : pendant un certain temps après avoir vu la bande-annonce et la campagne publicitaire lancée par les cinémas strasbourgeois, j’ai cru à l’existence réelle de Guy Jamet. Je me demandais comment j’avais fait pour, à mon âge, rater cet homme et surtout son tube « Dadidou ».

Bon .. au moment d’aller voir le film j’avais compris que c’était un faux documentaire. Le début ressemble à un documentaire avec l’inclusion de pseudo vieilles images, mais le film fait ensuite penser à ces vidéos furtives familiales, lorsqu’on filme les gens qu’on apprécie.

Le coup de maître d’Alex Lutz est double : parvenir à faire croire à l’existence de son personnage ; créer de toutes pièces et de façon très crédible un personnage dans sa singularité très détaillée, réaliste et originale. Guy Jamet, non seulement a de la voix, mais il a un humour qui lui est propre, une nonchalance désabusée et tendre, beaucoup de finesse.

On finit par être touché par ce chanteur des années pop, à présent septuagénaire avec un passé de crooner. Mais Guy Jamet est toujours plein de ressources.

Des surprises attendent le spectateur tout au long du film, je ne citerai que l’interprétation pleine de sensibilité d’une chanson de Charlebois.

Mention spéciale aux compositeurs Vincent Blanchard et Romain Greffe, dont la chanson principale aurait pu être un tube et me trotte encore dans la tête.

Vous l’aurez compris, ce film est un coup de coeur.

https://www.senscritique.com/film/Guy/29828424

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Du 14 au 23 septembre à Strasbourg : Festival européen du film fantastique

Le Festival européen du film fantastique de Strasbourg va entamer sa 11e édition du 14 au 23 septembre 2018.

En plus des traditionnelles sections de programmation, à savoir la compétition internationale de films fantastiques, la compétition internationale de Crossovers et les Midnight Movies, le Festival lance, à compter de cette année, une compétition internationale de films d’animation.

Cette section, soutenue par la Région Grand Est, vise à mettre en valeur la diversité et l’originalité du cinéma d’animation. Si le cinéma d’animation est bien souvent empreint d’onirisme, il aborde également des sujets politiques, sociaux ou traite des conflits armés de manière très réaliste.

le Festival européen du film fantastique de Strasbourg aura le plaisir d’accueillir le réalisateur américain John Landis en tant qu’invité d’honneur.

Grand cinéphile, John Landis quitte le lycée et commence sa carrière en se faisant embaucher comme coursier à la 20th Century Fox. Il enchainera plusieurs métiers dont celui d’acteur puis de cascadeur sur plusieurs wester spaghettis tournés en Espagne à la fin des années 60 avant d’écrire et de , son premier long-métrage, hommage aux films de monstres. Réalisateur de plusieurs comédies et de blockbusters à succès tels Trois Amigos !, Un fauteuil pour deux, Un Prince à Le Flic de Beverly Hills 3 avec Eddie Murphy ou encore avec Michelle Pfeiffer, il réussit le tour de force de rassembler Ray Charles, Aretha Franklin, Cab Calloway, John Lee Hooker et James Brown à l’écran dans la comédie musicale Les Blues Brothers
John Landis recevra un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors de la cérémonie d’ouverture du Festival le vendredi 14 septembre, puis prêtera à l’exercice d’une master classe le dimanche 16 septembre et une séance exceptionnelle des Blues Brothers. Une rétrospective sélective permettra de redécouvrir ses films sur grand écran.

A Strasbourg, aux cinémas Star, Vox et UGC ciné cité.

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A découvrir « Reconstruction » de Jules Tardif – Interview du réalisateur

« Reconstruction » de Jules Tardif est un court métrage d’une vingtaine de minutes, en langue anglaise, se déroulant dans un appartement. Un homme y vit, prostré. Des amis lui rendent visite et tentent de le raisonner.

Dans une chambre d’enfant, il construit des buildings avec des legos.

Le court métrage se déroule selon un rythme travaillé et captivant, enchaînant dialogues, errance, gros plans, scènes de désespoir, de colère et d’apaisement. La place de la musique est pertinente.

Jules Tardif va à l’essentiel, grâce à des images éloquentes et des textes sobres.

Entretien avec Jules Tardif, réalisateur français résidant à New York.

« Comment présenteriez-vous votre univers?

La notion de passé est très importante. Quel que soit le genre, je cherche d’avantage à présenter des personnages en perte de contrôle, au bord de la crise de nerfs. Des rêveurs qui ont tout perdu mais qui continue de s’accrocher désespérément à ce qui leur manque, car c’est la dernière chose qui leur permet de ne pas sombrer. J’ai réalisé deux films, un troisième est actuellement en route. Malgré leurs fortes différences de forme et de ton, je pense que ces œuvres se rejoignent sur ce point: mes personnages refusent de laisser tomber, souvent à tort. Leur salut résidera alors dans leur capacité à aller de l’avant.

Vous êtes également assistant réalisateur ?

Oui, c’est un métier assez méconnu du grand public. L’assistant réalisateur fait le lien entre la production et les différents départements sur le plateau. Il est en charge de l’organisation et de l’aspect logistique. C’est quelque part le maître du temps ! C’est un rôle assez hybride. On est considéré comme un technicien par le producteur et comme un producteur par le technicien. J’adore ça ! J’ai appris tellement plus sur l’art de créer des films en travaillant à ce poste que durant mes trois ans d’études à Paris. C’était aussi pour moi une formidable porte d’entrée dans le cinéma car j’y ai construit tout mon réseau. Par exemple, mon deuxième film a été produit par un producteur que j’ai rencontré en tournage (JayNemar Smith). Il a lu mon script Love Story et si aujourd’hui ce film entre en festival, c’est en grande partie grâce à lui. Il l’a rendu possible !

Pourquoi New York ?

Quand on est cinéphile les USA, ça fait rêver. Pourtant je me suis retrouvé sur New York par hasard. C’est mon parcours, mes différents choix qui m’ont amené vers cette ville magique. Voilà maintenant plus de deux ans que j’y réside et je n’ai qu’un souhait: y rester ! Il faut s’accrocher. Le milieu du cinéma n’est pas «facile» pour ainsi dire, mais si on travaille dur, et qu’on ne lâche pas le morceau, alors il y a quelque choses à construire et beaucoup d’expériences géniales à la clé.

La suite ?

Mon deuxième film ouvre sa campagne festival en septembre, c’est une période excitante car c’est l’occasion de présenter son travail au monde de l’industrie. On est confronté aux critiques et on fait de belles rencontres, aussi bien humaines que professionnelles. Mon script de long métrage Out of Time Man a été accepté dans quelques compétitions. C’est l’occasion de démarcher des investisseurs. On arrête jamais de développer notre réseau. Côté assistanat de réalisation, je continue de travailler en freelance, je rencontre de nouvelles équipes régulièrement, je travaille sur des plateaux de plus en plus importants et j’accrois mes ambitions. »

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« Arythmie » de Boris Khlebnikov ****

C’est l’histoire d’Oleg, un peu plus de trente ans, médecin ; de son couple ; du quotidien de son équipe du SAMU, dans une ville Russe.

Le début et la fin du film sont particulièrement réussis.

Les premiers plans nous montrent Oleg avec son collègue infirmier, chez une patiente qui les appelle tous les jours. D’emblée le ton est donné : Oleg est professionnel, médecin jusqu’au bout des ongles, mais il est aussi un électron libre, doté d’une dose d’humour noir, pris dans l’action, souvent étranger aux contraintes du système.

Dans la scène suivante il rejoint sa femme Katya. Ils partent fêter l’anniversaire du père de celle-ci. Oleg a déjà bu et continue de boire, il est invivable pendant la fête. C’est là que Katya pense au divorce.

Au travail rien n’est simple et se complique avec la venue d’un nouveau responsable, obsédé par les nouvelles règles de rentabilité.

Le film se déroule ensuite au jour le jour, démontrant l’absurdité du nouveau système des urgences médicales, à l’aide de plusieurs cas poignants et des équipes médicales sympathiques. Le couple d’Oleg sombre petit à petit. La situation le brise et le pousse dans ses retranchements.

Ce film très proche du terrain, du quotidien, très convaincant est rempli d’émotion et aussi d’espoir. Un coup de coeur pour moi.

https://www.senscritique.com/film/Arythmie/27658760

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« Le poirier sauvage » de Nuri Bilge Ceylan ****

Ce nouveau film de Ceylan dure plus de 3 heures, mais se laisse regarder sans ennui, comme une escapade dans ce coin des Dardanelles.

Sinan vient de terminer son cursus universitaire à Canakkale (anciennement Troie). Il rentre à Cana dans l’appartement où vivent ses parents et sa soeur. Son père, Idris, instituteur, dépense une partie de son salaire dans les courses et passe son temps libre dans le village familial. Il y retrouve son chien et tente de creuser un puits dans un pré aride, en échafaudant des projets agricoles pour sa retraite.

Sinan et sa soeur ont du mal à comprendre Idris, ils le perçoivent comme un raté. La mère de  Sinan qui a beaucoup aimé son mari cherche à le défendre malgré un certain désarroi.

Sinan a écrit un roman « le poirier sauvage », il cherche des fonds pour le faire éditer. Il frappe à plusieurs portes, sur le chemin il rencontre diverses personnes avec lesquelles il discute. Les débats sont plus ou moins intéressants, parfois difficiles à suivre. Petit à petit Sinan, présomptueux et antipathique gagnera en humilité.

Le film vaut vraiment le déplacement pour la façon dont Nuri Bilge Ceylan décrit la relation père/fils. Les dialogues réussis et émouvants sont ceux qui se déroulent entre Sinan et sa mère, Sinan et son père ou Idris et sa femme. La façon délicate de filmer les paysages de la Turquie est aussi une bonne raison de visionner ce film.

Ainsi pour ma part une mention toute particulière (et le nombre d’étoiles) à Murat Cemcir (Idris, le père) dont le rôle poignant et le jeu tout en sensibilité m’ont paru exceptionnels.

https://www.senscritique.com/film/Le_Poirier_sauvage/28532373

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« JSA-Joint security area » de Park Chan Wook ****

Réalisé en 2000 en Corée, ce film de Park Chan-Wook (cf le récent « Mademoiselle »), entièrement tourné en studio, est enfin sorti sur les écrans français.

« JSA », c’est la zone commune de sécurité à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du sud. De chaque côté les armées respectives veillent. Un pont sépare les deux postes.

Ce jour de novembre, une fusillade éclate dans le poste frontière du Nord, laissant deux morts et un blessé nord coréens. Un suspect sud coréen présent sur les lieu est arrêté, l’arme du crime à la main.

Afin d’établir la vérité (le pourquoi du drame) en toute neutralité, une enquêtrice suisse est mandatée. Elle interroge le suspect et le blessé nord coréen et poursuit des investigations.

Ce film dur, sombre et violent est construit comme un thriller très précis avec un long flash back qui permet au spectateur de construire les faits la nuit de la fusillade. L’enquêtrice très perspicace et méthodique parvient petit à petit à mettre la lumière sur une réalité qu’on préférerait ne pas connaître.

Les cinq acteurs principaux sont très crédibles et contribuent à la tension du film.

Tant l’intrigue que la réalisation et le mise en scène brillantes valent le détour.

https://www.senscritique.com/film/Joint_Security_Area/404331

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« Contes de juillet » de Guillaume Brac **

Ce court film de 1h10 propose deux histoires distinctes. Chacune se déroule sur une journée en juillet 2016 (le 10 et le 14 juillet).

Elles mettent en scènes des très jeunes adultes pris dans des relations de badinage.

J’ai bien aimé l’humilité et la simplicité de la réalisation, du propos (malgré les références à Eric Rohmer).

Les histoires se révèlent plus amères que douces, dans un contexte réel qui fut tragique.

La seconde histoire est plus aboutie que la première.

Le ton désabusé, pourtant léger et l’analyse fine des relations, donnent toute son originalité à ces deux courts métrages. Les jeunes comédiens incarnent parfaitement leurs semblables.

https://www.senscritique.com/film/Contes_de_juillet/26869010

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« Mary Shelley » de Haifa el-Mansour ***

Il est très intéressant de découvrir une partie de la vie de l’auteure du célèbre roman « Frankenstein » au début du 19ème siècle.

Mary Godwin a perdu sa mère à sa naissance. A 16 ans, elle vit à Londres avec son père et sa belle-mère qui tiennent une librairie dans un quartier poisseux, aux côtés de son demi-frère et de sa demi-soeur. Lors d’un séjour en Ecosse elle fait la connaissance du jeune poète Percy Shelley.

Elle va tout abandonner pour lui, alors qu’il est marié et père d’une petite fille. Commence une vie de bohème : dettes, alcool, deuil  vont ponctuer cette nouvelle vie aux accents sulfureux.

Petit à petit l’idée de la créature de Frankenstein, abandonnée et désespérée, va germer dans son esprit. La célébrité, avec une reconnaissance tardive de son nom d’auteure permettent momentanément à Mary de sublimer sa jeunesse malheureuse.

Elle Fanning, excellente, incarne intensément cette jeune femme tourmentée à la recherche de sa propre « voix » d’écrivain. J’ai moins aimé les jeux des hommes.

Dommage aussi que la cinéaste semble partir de l’idée que tout le monde connaît Frankenstein. Il aurait été intéressant de développer davantage les détails du roman.

Les décors sont convaincants et apportent du réalisme au biopic.

Une découverte plutôt passionnante.

https://www.senscritique.com/film/Mary_Shelley/17383910

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