Le premier long métrage d’Aurélien Milhaud aborde de façon poético-fantastique la question de la marginalité et de la possibilité d’une marge. Il prend la forme d’un road-movie faisant référence à des modèles du genre, comme « into the wild » ou « Paris Texas ».
Les protagonistes, Gis et Rémy, occasionnellement rejoints par Edouard, voyagent à pied et en camping-car dans le sud de la France à la recherche du « vrai lieu ». Ils fuient les « briseurs de rêves ». Gis et Rémy sont des vagabonds portant des valises avec vêtements, vin et saucisson. Rémy, le plus fragile suit son ami, aussi un peu mentor. Le chemin est l’occasion de rencontres diverses.
Le film n’explique jamais ce que sont « le vrai lieu » ni « les briseurs de rêves ». On devine que le « vrai lieu » est un ailleurs, une marge géographique qui s’inscrirait dans l’au-delà du paysage. « Les briseurs de rêves » ce sont les personnes intégrées dans le fonctionnement sociétal que les deux hommes fuient.
J’ai beaucoup aimé le rythme du film, voyage à travers champs, forêts, paysages verdoyants ou plus désertiques, enfin les marais salants et la mer. Avec des couleurs et des cadrages de très belle facture. Le chemin démarre en ville, les vagabonds traversent aussi un village, plus tard une autre ville aux tours vertigineuses et écrasantes, avec des citadins semblant venir d’un monde parallèle. Ici, l’histoire prend une dimension fantastique.
Le tout est ponctué par de longues scènes avec de la musique, dans les moments où par exemple ils cheminent ou arrivent à destination. La bande son donne elle aussi un sentiment d’étrangeté, parfois de liberté. Il y a l’une ou l’autre touche d’humour, mais le fond de l’histoire est plutôt désespéré.
Le cinéma indépendant, lui aussi en marge des systèmes de production, a trouvé un « vrai lieu » : la diffusion sur internet, un espace monde virtuel où les rapports entre élites et personnes ordinaires sont parfois inversés.
J’espère que ce film touchant à la réalisation très soignée, au message triste, sera visionné un grand nombre de fois. Peut-être trouvera-t-il une place de choix dans l’imaginaire des spectateurs, leur offrant une invitation vers un « vrai lieu » cinématographique.
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Le film de Stéphane Brizé, qui se déroule sur une trentaine d’années adopte une forme très stylisée :
Emmanuelle Bercot raconte le combat du Docteur Irène Frachon, pneumologue à Brest, surnommée « la fille de Brest ». C’est un combat de David contre Goliath, du Dr Frachon contre les laboratoires Servier. Avec son équipe, elle a en effet découvert et démontré la toxicité du « Médiator » (entre 500 et 1000 décès), utilisé chez des patients diabétiques et provoquant de graves problèmes cardiaques.
Cette oeuvre poétique et allégorique parle de la vieillesse et de l’amour de la vie, par le biais d’une superbe animation : impression de peinture animée grâce à des images de synthèse, avec des douces couleurs pastel.
Corée du Sud, dans une petite ville minière en pleine restructuration, de nos jours, en hiver. Le cinéaste pose un décor simple et austère, presque désert.

Ce film est un véritable régal, essentiellement dans ses détails et décors et dans le jeu de certains personnages.
Le film est entièrement porté par la jeune Anastasia Shevtsova et ma note est inspirée essentiellement par la jeune actrice danseuse.
Il y a tous les ingrédients pour faire un très beau film : un beau casting, des décors et costumes somptueux et soignés jusque dans le détail, des belles couleurs, de beaux cadrages.