« Le vrai lieu » de Fabien Dovetto et Aurélien Milhaud

Le premier long métrage d’Aurélien Milhaud aborde de façon poético-fantastique la question de la marginalité et de la possibilité d’une marge. Il prend la forme d’un road-movie faisant référence à des modèles du genre, comme « into the wild » ou « Paris Texas ».

Les protagonistes, Gis et Rémy, occasionnellement rejoints par Edouard, voyagent à pied et en camping-car dans le sud de la France à la recherche du « vrai lieu ». Ils fuient les « briseurs de rêves ». Gis et Rémy sont des vagabonds portant des valises avec vêtements, vin et saucisson. Rémy, le plus fragile suit son ami, aussi un peu mentor. Le chemin est l’occasion de rencontres diverses.

Le film n’explique jamais ce que sont « le vrai lieu » ni « les briseurs de rêves ». On devine que le « vrai lieu » est un ailleurs, une marge géographique qui s’inscrirait dans l’au-delà du paysage. « Les briseurs de rêves » ce sont les personnes intégrées dans le fonctionnement sociétal que les deux hommes fuient.

J’ai beaucoup aimé le rythme du film, voyage à travers champs, forêts, paysages verdoyants ou plus désertiques, enfin les marais salants et la mer. Avec des couleurs et des cadrages de très belle facture. Le chemin démarre en ville, les vagabonds traversent aussi un village, plus tard une autre ville aux tours vertigineuses et écrasantes, avec des citadins semblant venir d’un monde parallèle. Ici, l’histoire prend une dimension fantastique.

Le tout est ponctué par de longues scènes avec de la musique, dans les moments où par exemple ils cheminent ou arrivent à destination. La bande son donne elle aussi un sentiment d’étrangeté, parfois de liberté. Il y a l’une ou l’autre touche d’humour, mais le fond de l’histoire est plutôt désespéré.

Le cinéma indépendant, lui aussi en marge des systèmes de production, a trouvé un « vrai lieu » : la diffusion sur internet, un espace monde virtuel où les rapports entre élites et personnes ordinaires sont parfois inversés.

J’espère que ce film touchant à la réalisation très soignée, au message triste, sera visionné un grand nombre de fois. Peut-être trouvera-t-il une place de choix dans l’imaginaire des spectateurs, leur offrant une invitation vers un « vrai lieu » cinématographique.

Visible sur You tube :

Vous pouvez soutenir les auteurs en louant ou en achetant le film.

https://levrailieu.okast.tv/#/

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« Une vie » de Stéphane Brizé ***

Afficher l'image d'origineLe film de Stéphane Brizé, qui se déroule sur une trentaine d’années adopte une forme très stylisée :

  • décalage entre le son et l’image, avec juste quelques scènes où ils sont en adéquation
  • rythmé par des images d’arbres,  de jardinage, ou de scènes accompagnées de musique au fil des saisons et du temps qui passe.

Il est inspiré par le premier roman de Guy de Maupassant et raconte l’histoire dramatique de Jeanne, issue de la noblesse rurale normande, soumise à la religion catholique.

Le choix stylistique laisse une grande place à la temporalité (durée et temps qui passe), à la ruralité et au naturalisme. Jeanne et son destin sont des éléments d’un décor terrien, ancré dans le temps et l’espace. Elle subit davantage qu’elle n’est actrice de ce qui lui arrive.

Je pense que l’esprit du roman de Guy de Maupassant est extrêmement bien rendu par cette mise en scène.

http://www.senscritique.com/film/Une_vie/15798982

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« La fille de brest » d’Emmanuelle Bercot ****

Afficher l'image d'origineEmmanuelle Bercot raconte le combat du Docteur Irène Frachon, pneumologue à Brest, surnommée « la fille de Brest ». C’est un combat de David contre Goliath, du Dr Frachon contre les laboratoires Servier. Avec son équipe, elle a en effet découvert et démontré la toxicité du « Médiator » (entre 500 et 1000 décès), utilisé chez des patients diabétiques et provoquant de graves problèmes cardiaques.

Malgré 2 bémols (des scènes crues et une lisibilité un peu opaque du monde des instances pharmaceutiques), je trouve ce film excellent. Bien sur pour ce qu’il dénonce, à savoir le pouvoir et l’infiltration des laboratoires dans le milieu médical, pharmaceutique, universitaire et de la recherche. Mais aussi parce qu’il est construit comme un thriller, sur un rythme soutenu et haletant.

Bravo à Sidse Babett Knudsen qui incarne Irène Frachon avec passion, émotion et conviction. C’est elle qui porte le film de bout en bout.

http://www.senscritique.com/film/La_fille_de_Brest/18211595

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« Louise en hiver » de Jean-François Laguionie ***

Afficher l'image d'origineCette oeuvre poétique et allégorique parle de la vieillesse et de l’amour de la vie, par le biais d’une superbe animation : impression de peinture animée grâce à des images de synthèse, avec des douces couleurs pastel.

C’est un film par lequel il faut se laisser porter pour en saisir toute la tendresse.

http://www.senscritique.com/film/Louise_en_hiver/22183402

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« La petite fille de la terre noire » de Jeon Soo-il ***

Afficher l'image d'origineCorée du Sud, dans une petite ville minière en pleine restructuration, de nos jours, en hiver. Le cinéaste pose un décor simple et austère, presque désert.

La lumière hivernale glacée et éblouissante est très belle. Le film est essentiellement composé de longs plans fixes, le mouvement ne vient que rarement de la caméra, il est crée dans les plans, par les acteurs, les animaux ou les objets (véhicules).

Les lieux et leur immobilisme sont le théâtre de l’enfance brisée de la petite Young-lim, 9 ans. Véritable petite maman pour son grand frère souffrant visiblement de troubles mentaux , elle gère le quotidien pour son père, ouvrier de la mine en arrêt maladie.

Peu de mots, de paroles. Sans cette lumière qui traverse à la fois le film et la petite Young-lim lorsqu’elle s’occupe de son frère, il ne resterait que de la déprime.

DVD en vente à partir du 15 novembre chez le distributeur : https://filmsduparadoxe.com/accueil/

http://www.cinetrafic.fr/film-recent

http://www.cinetrafic.fr/film-adolescent

http://www.senscritique.com/film/La_Petite_Fille_de_la_terre_noire/409283

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« Iris » de Jalil Lespers **

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Ce thriller m’a bien plu par sa forme : Images bleutées avec de nombreux flash backs qui donnent son sens à l’intrigue ; plusieurs rebondissements qui donnent du ressort et du suspens à l’ensemble.

J’ai beaucoup aimé l’aspect psychologique : les personnages évoluent tout au long du film et le maître du jeu n’est finalement pas celui à qui on songeait.

Après « un petit boulot » Romain Duris retente le film noir, ici il campe parfaitement un personnage plus sombre qu’il n’y paraît. J’apprécie chaque apparition de Camille Cottin sur petit ou grand écran. Jalil Lespers et Charlotte Lebon ont aussi leur face obscure.

Après on peut n’être que moyennement ou pas du tout intéressé, captivé par le coeur de l’histoire.

Je ne vais pas mettre la BA qui laisse deviner trop de choses.

http://www.senscritique.com/film/Iris/19601324

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« Les têtes de l’emploi » d’Alexandre Charlot et Franck Magnier

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Je garde un arrière-goût désagréable après avoir vu ce film, je n’ai pas vraiment ri, voire pas du tout. J’étais néanmoins curieuse de le découvrir et déçue après coup.

http://www.senscritique.com/film/Les_tetes_de_l_emploi/23037015

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« Les animaux fantastiques » de David Yates ***

Afficher l'image d'origineCe film est un véritable régal, essentiellement dans ses détails et décors et dans le jeu de certains personnages.

En effet, dans les détails, on retrouve la patte de JK Rowling si appréciable : la fantaisie, la riche imagination, l’humour. La valise de Nobert : une belle trouvaille !

J’ai adoré le personnage de Norbert Dragonneau, très bien interprété, avec charme,  originalité et une fausse ingénuité. Sa grande affection pour les animaux le rend très attachant.

Le personnage de Jacob est très réussi également, malchanceux, désabusé et drôle. Les deux soeurs Goldstein sont drôles et émouvantes.

Dans l’univers de la romancière, les forces obscures côtoient la magie amusante, ce spin off n’y échappe pas. L’idée freudienne des forces destructrices issues du refoulement de la magie est intéressante.

La reconstitution du New York de 1926 m’a bien captivée aussi.

Les bémols que j’apporte :

  • La marque du numérique est trop présente dans les effets spéciaux
  • J’ai trouvé le scénario moyennement original, malgré une réalisation de choix

Un film à voir et qui devrait être apprécié par tous les fans de Harry Potter.

http://www.senscritique.com/film/Les_Animaux_fantastiques/10449188

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« Polina, danser sa vie » de Angelin Preljocaj et Valerie Müller ****

Afficher l'image d'origineLe film est entièrement porté par la jeune Anastasia Shevtsova et ma note est inspirée essentiellement par la jeune actrice danseuse.

C’est l’histoire d’un parcours et d’un cheminement intérieur, portrait intense d’une jeune artiste, lauréate du concours du célèbre ballet du Bolchoï à Moscou. Un parcours tout sauf lisse, prédestiné.

Ce portrait se double d’un questionnement passionnant sur la danse contemporaine et sur l’essence de l’art.

J’ai beaucoup aimé aussi l’écriture du film, claire et originale, ponctueé de musique, de gestes et de mouvements des corps, avec une trame narrative classique, romanesque.

http://www.senscritique.com/film/Polina_danser_sa_vie/11326985

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« Planétarium » de Rebecca Zlotowski

Afficher l'image d'origineIl y a tous les ingrédients pour faire un très beau film : un beau casting, des décors et costumes somptueux et soignés jusque dans le détail, des belles couleurs, de beaux cadrages.

Je devais être fatiguée, mais je n’ai jamais pu me concentrer davantage que deux trois minutes d’affilée, perdant constamment le fil de l’histoire. Je dois dire que j’ai décroché et me suis juste laissée bercer par la beauté des images, égarée quelque part dans la narration.

http://www.senscritique.com/film/Planetarium/15498694

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