« Miss Sloane » de John Madden ****

S’il est un film à voir cette semaine, c’est bien « Miss Sloane », véritable coup de coeur !

On ne voit pas le temps passer et le film, construit comme un thriller haletant dure plus de 2h.

Elisabeth Sloane, lobbyiste cynique et brillante quitte son employeur pour épouser la cause des « anti port d’arme libre ». On ne connaîtra jamais vraiment la raison qui la pousse à choisir cette cause, mai elle va s’engager dans une lutte très risquée.

Comme dans « Zéro dark thirty », Jessica Chastain tient le rôle d’une femme à l’intelligence  et la constance hors pair, même si dans « Miss Sloane », le personnage reste très ambigu. A voir en VO absolument, pour le timbre de voix unique de l’actrice.

Assez complexe, le film reste compréhensible. Il décrit les arcanes du pouvoir aux USA, le fonctionnement du lobbying, les luttes sans merci dans les coulisses du pouvoir et par média interposées, les entreprises de démolition de personnes représentant un danger politique.

Il donne à mon avis une vision très réaliste des enjeux et des méthodes en politique.

Les femmes, pour leur intelligence, sont à l’honneur, dans trois rôles notamment.

https://www.senscritique.com/film/Miss_Sloane/19338644

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« Monsieur et Madame Adelman » de Nicolas Bedos ***

Le jour des obsèques du célèbre écrivain Victor Adelman, un journaliste interviewe sa veuve Sarah, dans le but d’écrire un livre sur elle. Elle va raconter l’histoire de son couple depuis ses débuts dans les années 70. On perçoit aussi l’histoire à travers les yeux de Victor, notamment lorsqu’il est chez son psychanalyste.

Nicolas Bedos nous offre un film plein d’énergie, ne faisant pas toujours dans la dentelle, mais drôle, aussi triste, avec des personnages hauts en couleur, et des dialogues souvent en forme de joutes verbales.

Sa façon de raconter l’histoire d’un couple sur des dizaines d’années est percutante.

Le résultat est un film que j’ai trouvé plutôt original, très vivant, bien joué.

https://www.senscritique.com/film/Monsieur_Madame_Adelman/23189184

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« La Traviata » de Guiseppe Verdi ****

En direct du Metropolitan de New York.

Mise en scène de  Willy Decker

orchestré par Nicola Luisotti. Avec Sonya Yoncheva et Michael Fabiano.

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=246059.html

Ce que j’ai le moins aimé, ce sont les décors et les costumes : une salle blanc cassé circulaire, avec sur la droite un cadran de montre géant. Les costumes, pour le 1er acte du rouge pour Violetta et du noir pour les autres. Au second acte, des peignoirs, un plafond et des plaids en tissus fleuris.

J’ai bien aimé le plafond de la fin du 3ème acte : un fond fleuri rouge et noir.

Mais ceci est une parenthèse.

La Traviata est un opéra exceptionnel, que d’airs célèbres et marquants ! Une alternance équilibrée de soli, de duos, d’air chantés par les choeurs, avec un trio célèbre.

Sonya Yoncheva est très émouvante et fait vibrer le spectateur dans plusieurs arias.

Les choeurs chez Verdi sont souvent impressionnants et mémorables et cette représentation ne déroge pas à la règle.

On en ressort ému par une histoire bien triste et chantée avec intensité.

Dommage, juste que le son soit numérique, sans quoi, la magie opérerait complètement.

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« Les 11 fioretti de François d’Assise » de Roberto Rossellini ****

Film de 1950.

En 1210, François et ses compagnons obtiennent du Pape Innocent III l’autorisation de vivre selon leur philosophie : dans la pauvreté absolue grâce à l’aumône. Ils s’installent à la campagne près de la ville d’Assise.

Le film se compose de  chapitres autonomes et se clôt par la dispersion de la confrérie. Comme Jésus, François appelle ses frères à aller prêcher. Un personnage vole la vedette à François, c’est Ginepro, dont la naïveté finira par être salutaire.

Tout en parlant des préceptes religieux de François, Roberto Rossellini donne au scénario une forme quasi burlesque, pouvant plaire à tout public. Mais le film en devient aussi (comme le dit Rossellini dans l’introduction) un éloge de l’innocence, présentée comme état de grâce. Pour les croyants la grâce est essentielle. J’ai beaucoup pensé aux Béatitudes (discours sur la montagne dans les Evangiles) que ce film illustre en partie.

C’est un très beau noir et blanc avec des beaux mouvements de groupes, entrant ou sortant du champ, une simplicité toute franciscaine dans les décors, costumes et paysages.

Merci encore à Princeranoir de m’avoir fait découvrir ce film très singulier.

https://www.senscritique.com/film/Les_11_Fioretti_de_Francois_d_Assise/488258

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Appel à films …Festival Ptit Clap

Appel à films 2017

Le Festival Ptit Clap lance son 8ème concours de courts métrages avec son appel à films du 1er Janvier au 31 Mars 2017. Il est destiné aux jeunes réalisateurs âgés de 15 à 25 ans du monde entier. Il n’y a pas de thème ni de genre imposé. Les films d’animation et d’images 3D ne sont pas acceptés. Le film ne doit pas dépasser 14 minutes et 59 secondes, générique compris.

Créé en 2010 par la Ville de Levallois pour offrir un tremplin aux jeunes cinéastes, le Festival Ptit Clap est devenu aujourd’hui un rendez-vous incontournable de cette jeune génération du 7ème art.

Les films finalistes seront projetés lors de la cérémonie officielle du Festival Ptit Clap, le samedi 3 Juin 2017 au cinéma Pathé Levallois devant un jury de professionnels du cinéma et un public de passionnés. Plus de 10 000 € de prix seront remis lors de ce rendez-vous de la jeune création cinématographique qui offre chaque année de nouvelles perspectives aux lauréats…
Modalités d’inscription et règlement : http://www.ptitclap.com

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« Patients » de Grand corps malade et Mehdi Idir ****

C’est l’histoire de Benjamin (Ben), devenu tétraplégique après un accident à la piscine, d’après le livre de Grand corps malade. Il va passer un an dans un centre de rééducation fonctionnelle.

Il raconte le réveil, le monde vu avec les yeux de la personne alitée, ensuite les soins, la rééducation, les exercices, les journées en fauteuil roulant et surtout les moments d’amitié.

Les cinéastes nous font ainsi connaître le quotidien d’une bande d’amis d’infortune.

La grande richesse de ce film ce sont les dialogues dits par des acteurs vraiment très crédibles.

Les dialogues souvent en argot font mouche, avec un humour salvateur qui met la souffrance à distance, sans la cacher. Le courage des ces jeunes personnes est vraiment palpable. Les propos de Soufiane Guerrab, l’ami de Ben ajoutent de la sagesse.

Si Ben fait des progrès, d’autres auront moins de chance. C’est tout de même l’espoir qui donne sa teinte au film.

https://www.senscritique.com/film/Patients/23203018

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« A ceux qui nous ont offensés » de Adam Smith *

Cette histoire qui se déroule au sein un clan de gitans britanniques a davantage l’allure d’un film de gangsters qu’une chronique sociale. Cette optique intéressante permet de dresser le portrait d’un patriarche manipulateur gérant son clan comme une secte, dont l’ennemi est la police.

Le déplacement vaut le coup essentiellement pour Brendan Gleeson (le père), assez effrayant dans son genre. Michael Fassbender parvient à toucher dans son rôle de père et d’époux même s’il est déconcertant face à son propre père. Il semble pris dans un sombre déterminisme, malgré un désir d’émancipation.

Malgré ces aspects intéressants, le film ne m’a pas trop captivée, peut-être parce que le côté antipathique de cette famille l’emporte sur le côté sympathique.

https://www.senscritique.com/film/A_ceux_qui_nous_ont_offenses/12907579

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« 20th century women » de Mike Mills ***

Dorothea, ingénieure, 55 ans vit à Santa Barbara et élève seule son fils de 15 ans, Jamie. Nous sommes en 1979. Elle possède une grande maison dont elle loue des chambres à Abbie et à William. La meilleure amie de Jamie, Julie, 17 ans, passe souvent du temps dans la maison.

Dorothea a des doutes sur ses capacités à éduquer son fils. Elle fait appel à Julie et à sa locataire Abbie, pour l’aider dans cette tâche. Mais les choses se compliquent.

L’histoire de ces destins croisés, donne lieu à de beaux portraits de femmes et se déroule avec de nombreuses scènes en voix off. Il est beaucoup question de sexe, de féminisme, de musique et d’amitié.

Ce n’est pas sans nostalgie des années 80 que j’ai regardé ce film très agréable à suivre, à des lieux du récent « noces ».

https://www.senscritique.com/film/20th_Century_Women/19443512

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« Les oubliés » de Martin Zandvliet ***

L’histoire se déroule en 1945 sur les plages de l’ouest du Danemark. Les danois emploient des soldats allemands pour déminer les plages. On suit de près un groupe d’adolescents dirigés par un sergent qui a et on le comprend, la haine des allemands.

(Il me semble que les Conventions de Genève déjà en 1929 traitaient du sort des prisonniers de guerre mais je n’en connais pas les détails. Cela a été repris en 1949. Il est clair que les danois (et d’autres pays européens) agissaient à l’encontre du droit international. Face aux Nazis ça peut se comprendre)

C’est un film complexe sous très haute tension.

Comme il s’agit de déminage, il est évident qu’on s’attend à chaque instant à un accident et c’est parfois insoutenable. C’est le seul reproche que je ferais à ce film : le choix d’un sujet en partie anxiogène et stressant. Ce n’est pas mon genre de film, mais le sujet, davantage que le déminage m’intéressait.

Filmé sur les plages danoises, dans une très belle lumière, le film est précis, détaillé et réaliste. Grâce à des acteurs excellents et à la construction du scénario, il installe une présence des faits et des personnes, très forte .

Il est clair que Martin Zandvliet n’inverse pas les rôles, ni n’est manichéen. Il ne remet pas en question les crimes du régime Nazi, je pense qu’au contraire, il les accable de ce crime là aussi.

Ce sont bien les Nazis qui ont envoyés ces gamins à peine sortis de l’adolescence se battre à la fin de la guerre qu’eux-mêmes ont déclarée. C’est tout aussi monstrueux et inhumain que ne l’est cette image de « Full metal jacket », du sniper vietnamien qui n’est autre qu’une jeune adolescente.

Le sergent danois, très haineux des allemands va pourtant les prendre en pitié et comprendre le côté inacceptable de la situation.

Un film qui fait détester la guerre, en montrant ses côtés pervers.

https://www.senscritique.com/film/Les_oublies/16206098

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« Noces » de Stephan Streker ****

Il y a plusieurs choses importantes dans ce film : l’aspect purement cinématographique, la découverte d’une jeune actrice profonde et intense, la question des mariages forcés en Europe.

J’étais assez inquiète par la question des mariages forcés, ici posée d’après une histoire vraie survenue en Belgique. Inquiète de la façon dont serait traitée la question.

Je sors du cinéma remplie de haine et de révolte … et pourtant la famille de Zahira est charmante, bienveillante, aimante, apparemment intégrée, honnête. Mais complètement butée et intransigeante sur la question du mariage de la jeune femme.

Pour une française d’âge mûr, la position de cette famille est absolument intenable, tant je suis persuadée de la valeur universelle des questions de liberté et d’égalité (pour les femmes en l’occurrence). Universalité transcendante, pour moi, aux cultures, traditions, déterminismes culturels et volonté de ne pas être ethnocentriste.

Le grand mérite du film est en apparence de ne pas trancher, mais de poser les questions, d’établir les faits. Il déroule jusque dans ses retranchements l’argumentaire de la famille de Zahira, sans jamais vraiment y répondre. (Les arguments d’Olivier Gourmet manquent de force persuasive) . Ceci dit, même s’il présente la famille pakistanaise avec le moins de préjugés possibles, il se place finement et définitivement du côté de Zahira et de sa volonté de résister aux traditions. L’issue invite à questionner radicalement les diverses positions de la famille, une fois les émotions apaisées. (Père, mère, frère, soeur).

On se demande pourquoi il n’y a pas encore eu de campagnes contre les mariages forcés et que font les gouvernements européens pour lutter contre cela.

D’un point de vue cinématographique, j’ai bien aimé la façon de filmer les personnages au plus près, la façon d’utiliser la musique et de la prolonger au-delà de la scène initiale. J’ai trouvé dommage qu’il soit assez prévisible (l’affiche à elle seule est parlante) même s’il sait installer un peu de suspense. Je me demande pourquoi il n’y a pas de sous-titres lors des prières du mariage de Zahira.

La jeune Lina El Arabi est une actrice à suivre de près, le personnage qu’elle incarne est très attachant et intelligent.

Je conseille ce film à tout public, notamment aux jeunes, à condition de se lancer sur le terrain du débat, à partir de toutes les questions qu’il pose.

https://www.senscritique.com/film/Noces/22404381

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