« Rebelles » de Allan Mauduit **

Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais arrive à Boulogne-sur-Mer et se rend chez sa mère , gardienne de camping, vivant dans un mobile-home. Peu de temps après, elle est embauchée dans une conserverie de poissons. Le contremaître l’agresse, elle le blesse mortellement en se défendant. Avec deux collègues venues à la rescousse, elle se débarrasse du corps et récupère un sac plein d’argent.

Bientôt les trois femmes ont à leurs trousses la pègre locale et belge ainsi qu’un lieutenant de police.

Ce film aux allures de western tonique (avec une musique excellente), mêle humour noir (parfois très noir voire gore) et violence, tout en caricaturant le milieu ouvrier ch’ti. Je n’étais pas à 100% dans le film, n’accrochant pas forcément à tout.

J’ai en revanche été séduite par le trio d’actrices, dont Yolande Moreau que j’aime particulièrement. Les trois femmes triomphent avec énergie et ténacité de cette horde d’hommes lancée à leurs trousses, c’est assez jubilatoire par moments.

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« Les Témoins de Lendsdorf » de Amichai Greenberg ***/****

Le film est inspiré de faits réels, le massacre de Rechnitz en 1945 , en Autriche. Le héros est un personnage de fiction et l’histoire est construite comme un thriller historique.

Yoel, historien israélien et juif orthodoxe, enquête sur le massacre de 200 juifs à Lendsdorf en Autriche. La fosse où sont enterrés les hommes n’a toujours pas été retrouvée et les habitants du village projettent de bétonner la zone.

Yoel a quelques jours pour trouver des preuves et des témoins, il se heurte au silence et aux impasses. Lors de ses recherches, il découvre un témoignage troublant de sa propre mère.

Ce film minutieux met en lumière les difficultés du travail d’historien, lequel ne dispose que d’éléments épars, devant reconstituer des puzzles et trouver la vérité. Yoel se bat contre l’oubli qui gagne rapidement du terrain et la volonté d’étouffer les faits. Dans ce double combat, l’historien mène aussi une réflexion sur sa propre identité.

J’ai apprécié ce film sobre et austère, intéressant, au message nécessaire.

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« Les étendues imaginaires » de Siew Hua Yeo ***

En Asie, d’immenses chantiers contribuent à la poldérisation de Singapour. Le sable est importé de Malaisie, du Vietnam et d’ailleurs pour les extensions et des centaines d’ouvriers chinois, bengalis travaillent dans des conditions déplorables , laissant leur passeport aux patrons.

Un jour, l’inspecteur Lok vient enquêter sur un de ces chantiers à propos d’un ouvrier chinois disparu, Wang, sans qu’on sache qui l’a prévenu de cette disparition. L’enquête commence et mène Lok au dortoir sordide des ouvriers. Il trouve des somnifères sous le matelas de Wang. C’est alors qu’un glissement progressif se produit : l’inspecteur Lok laisse la place à Wang , après s’être rendu dans un cybercafé tenu par l’étrange et belle Mindy.

On découvre l’histoire de Wang. Plus tard, un autre glissement nous ramène à Lok, bientôt, les identités se mêlent.

Ce film a trois visages : photographique, réaliste et hallucinatoire.

Ce dernier côté onirique est à mon avis le moins réussi, parce qu’assez nébuleux, pour l’apprécier il faut se laisser porter sans se poser de questions, mais c’est difficile.

La photographie de Singapour (lien entre réel et imaginaire) : des chantiers, des lumières de la ville la nuit est fascinante et dépaysante, j’ai été magnétisée par l’ambiance créée par  Siew Hua Yeo.

L’aspect réaliste du film est intéressant et montre une face méconnue de Singapour qu’on décrit souvent comme la Suisse de l’Asie : tout ce monde d’ouvriers exploités sur ces chantiers aux allures de paysages de science fiction. La fuite vers le rêve serait alors presque une nécessité.

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« Le Mystère Henri Pick » de Rémy Bezançon ***/****

A Crozon en Bretagne, une jeune éditrice, Daphné, visite dans une bibliothèque, la salle des livres jamais publiés, créée par un bibliothécaire original. Elle y découvre un manuscrit signé Henri Pick, un restaurateur de Crozon. Le texte, qui séduit Daphné, va être édité et connaître un grand succès. Or lors d’une émission littéraire, le célèbre critique Jean-Michel Rouche remet en question la paternité de ce roman : pour lui, Henri Pick n’a jamais pu écrire ce magnifique roman, qui nécessite une plume aguerrie et des connaissances sur la culture russe.

Il  commence une enquête discrète entre Paris et Crozon afin de démasquer le véritable auteur de ce texte.

J’ai beaucoup aimé ce film très agréable et intriguant, fan de Fabrice Luchini, je n’ai pas été déçue.

Même si la fin est abrupte (on aurait aimé une chute plus en douceur et en détails et interactions), le film se déroule comme une enquête avec de fines déductions et recherches dans les magnifiques paysages du Finistère.

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A découvrir, une web série « Boldiouk et Bradock »

A découvrir, Boldiouk et Bradock, une web-série méta-fantastico-plouc réalisée par Théophile Mou, et co-produite et diffusée par la RTBF. Ses scénaristes : Romuald Dagry, Ianis Habert, Alexandre Mailleux, Théophile Mou et Tom Vander Borght.

Boldiouk, un jeune scénariste en panne d’inspiration et incapable de terminer la moindre histoire, se retrouve plongé dans un monde habité par ses créations inachevées : le Schpountz.
Avec l’aide de Bradock, un homme fou et impulsif à la chevelure étrange, parviendra-t-il à affronter les dangers de ce monde pour rentrer chez lui sain et sauf ?

La saison 1 est divisée en 11 épisodes d’environ 7 minutes. Deux nouveaux épisodes sont mis en ligne chaque jeudi sur Auvio, la plateforme de la RTBF, Facebook et YouTube.

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Jeu concours « Mon Meilleur ami » premier film du réalisateur Argentin Martin Deus

Gagnez 2×2 places de cinéma en répondant aux deux questions suivantes :

Où se déroule le film ?

Comment s’appelle le héros ?

Les gagnants seront tirés au sort la semaine prochaine.

Vous pouvez envoyer vos réponses ici, avec votre adresse postale :

contact.larroseurarrose@gmail.com

Le producteur vous enverra directement les places.

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« La chute de l’Empire américain » de Denys Arcand *****

Je me suis régalée avec ce film jubilatoire (attention avec deux scènes très violentes), troisième volet de la saga des films de Denys Arcand radiographiant le Canada contemporain.

« La chute de l’Empire Américain » s’attaque avec ironie à la question financière et au capitalisme, aux problématiques touchant le thème de l’argent, parlant de ceux qui en ont -dont certains beaucoup- et de ceux qui n’en ont pas.

Pierre-Paul Daoust, malgré son doctorat de philosophie est un modeste livreur et échoue dans sa vie sentimentale. Un jour, il assiste à un hold-up raté et récupère quelques millions de dollars.

Résistant aux inspecteurs qui mènent l’enquête, échappant aux truands à qui il a dérobé l’argent ; entouré entre autres d’une escort-girl et de son chauffeur, d’un expert financier fraîchement sorti de prison et d’un avocat véreux ; il élabore un plan astucieux pour placer les millions.

Pierre-Paul est aussi bénévole dans un centre pour personnes sans domicile fixe.

Denys Arcand distille habilement un suspense qui va crescendo, créant des dialogues dignes d’Audiard (à mon humble avis) et un scénario abracadabrant. Il met en scène sans temps mort des malfaiteurs bien sympathiques, d’autres plus cruels et des policiers croyant en leur mission, décrivant sans donner d’espoir, un monde où seul l’argent fait loi, ne comptant plus les laisser pour compte au bord du chemin.

Un film vraiment brillant.

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Jeu concours « Les étendues imaginaires » de Yeo Siew Hua, sortie le 6 mars 2019

Gagnez 2×2 places de cinéma en répondant aux deux questions suivantes :

Où se déroule le film ?

Quelle est la nationalité du disparu ?

Les gagnants seront tirés au sort la semaine prochaine.

Vous pouvez envoyer vos réponses ici, avec votre adresse postale :

contact.larroseurarrose@gmail.com

Le producteur vous enverra directement les places.

 

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« Deux fils » de Félix Moati *

Jean (qu’on ne voit pas dans le film), frère de Joseph, est décédé, il était malade depuis deux ans. Deux ans que Joseph a quitté son emploi de médecin pour écrire un roman sans rencontrer le succès. Il élève seul ses deux fils depuis longtemps :

Joachim, brillant étudiant en psychiatrie qui déserte la faculté depuis sa rupture avec Suzanne.

La perte de repères de son père et de son frère aîné va entraîner le cadet, Ivan sur les pentes de la rébellion.

Avec un synopsis prometteur et un casting sympathique, j’étais plus qu’enthousiaste en allant visionner « Deux fils », premier film de l’acteur tout aussi sympathique Félix Moati.

Je dois dire que pendant la petite 1h30 de visionnage, j’ai lutté contre le sommeil et les bâillements intempestifs. J’espère que ce premier essai permettra d’autres films plus aboutis.

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« Vice » de Adam Mac Kay

Au début des années 60, Dick Cheney, fiancé, travaillant pour une compagnie d’électricité a des problèmes avec l’alcool. Lynne, sa future femme le sermonne sèchement. Quelque temps plus tard, on ne sait comment, il reprend des études et obtient un poste de stagiaire auprès du Républicain Donald Rumsfeld, qu’il choisit pour son bagout et non pour un idéal politique.

Restant toujours dans l’ombre, Dick Cheney gravit les échelons et devient un jour vice-président auprès de Georges W. Bush.

A partir du 11 septembre 2001, il orchestre l’essentiel des décisions politiques du gouvernement Bush, dont les interventions en Afghanistan et en Irak ou la mise en place de la torture, abolissant légalement les contre-pouvoirs qui pourraient faire obstacle au président et surtout à lui-même, avec un contrôle sur les mails de la Maison Blanche.

A la sortie du cinéma, j’avais l’esprit complètement désordonné et la vilaine impression d’avoir été manipulée tout au long du film, tout sens critique anesthésié.

On peut bien sûr adhérer -ou non- à certaines des thèses d’Adam Mac Kay : les Républicains aux USA sont des êtres cyniques sans idéal, Georges W. Bush était un crétin complètement manipulé par ses hommes de l’ombre, Dick Cheney est un homme monstrueux sans aucune conscience proche du dictateur, responsable de la mort de centaines de milliers de personnes, la guerre en Irak n’avait aucune raison d’être, l’Etat Islamique tel qu’il est actuellement a été au départ créé par les américains …

Mais j’ai trouvé le montage du film structuré de façon assez chaotique, avec des images subliminales ici et là, des sauts temporels pas toujours logiques. Rien n’est démontré, tout est affirmé utilisant parfois des procédés comiques, obligeant le spectateur à se moquer de tout cela comme son auteur, demandant une adhésion sans recul critique.

Le film est long et brasse plusieurs décennies. Pour ma part, j’aurais préféré par exemple un film qui s’attache à la naissance de Daech et ses liens avec les USA, sous forme d’investigation, avec des preuves. Dans le même genre, j’ai nettement préféré l’excellent « la guerre selon Charlie Wilson », ou pour sa forme le film de Spielberg « Pentagon papers », brillant.

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