« The Brutalist » de Brady Corbet ****

En 1947, un homme (Adrien Brody), cahoté dans les transports terrestres et maritimes, débarque avec la foule à New York, qu’on devine en apercevant la statue de la Liberté en diagonale.

Une voix de femme accompagne ce voyage et la caméra épouse le mouvement chaotique de cette arrivée aux USA. L’homme, Laszlo Toth, est hébergé chez son cousin Attila à Philadelphie, où il le seconde dans son magasin de meubles. La vie de Toth est ponctuée par des prises de stupéfiants, des moments passés avec des femmes et avec son ami Gordon (Isaak de Bankolé). Attila met son cousin à la porte, suite à des accusations fausses de sa femme.

Avant son renvoi, Laszlo fait la connaissance d’un homme puissant et riche : Harrison Lee Van Buren (Guy Pearce), qui le recontactera plus tard pour un projet démesuré.

Brady Corbet donne les informations avec parcimonie. Par le biais de paroles entendues ici et là, des échanges épistolaires, le spectateur apprend que Toth est un Juif Hongrois, architecte célèbre en Europe avant la guerre. Sa femme Erszebet et sa nièce Zsofia sont toujours en Europe et rencontrent des difficultés pour émigrer aux USA.

Le film a été entièrement tourné en Hongrie, avec du matériel non numérique. Si la vie Laszlo Toth fait écho à celle d’un architecte Hongrois du mouvement brutaliste (mouvement des années 50 auquel appartient Le Corbusier), l’histoire du film est complètement imaginaire et l’institut que bâtit Laszlo Toth dans le film, créé par les décorateurs.

Brady Corbet raconte l’histoire d’un homme broyé par les camps de concentration, anéanti dès le début du film. Si des indices le suggèrent (addictions, impossibilité de se défendre face à la cruauté), le spectateur découvre l’ampleur immense de cette destruction au fur et à mesure et à la fin du film. La traversée des ténèbres de l’enfer semblait prendre fin avec cet exil loin de l’Europe. Laszlo Toth reste embourbé dans des rapports humains dominé par un bourreau.

Les histoires de Erszebet et de Zsofia sont différentes, Zsofia trouve son salut en partant dans le récent Etat d’Israël.

Détruit, Laszlo Toth pourtant se bat pour construire quelque chose. Son langage architectural, comme le langage cinématographique de ce film, est minimaliste, à l’état brut, sans aucune fioriture, vertigineux ; unique narrateur d’un passé indicible.

L’amour qui unit Laszo et Erszebet est lui sublime, transcendant le film de bout en bout. Cet amour donne un sens à l’oeuvre de l’architecte, de la dignité et la force de se tenir debout, la possibilité de lever le regard en haut, vers une possible évasion.

Ce film joué par des acteurs tous exceptionnels est dérangeant et ne m’a pas laissée indifférente. Il laisse une empreinte de toute l’horreur commise au 20ème siècle. l’Amour et le retour en Israël comme uniques saluts.

Je mets les étoiles pour le travail colossal autour de ce film, même s’il n’est pas parfait. Je trouve le portrait complexe de Laszlo Toth très crédible et bouleversant.

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Princecranoir

Dasola

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2 Responses to « The Brutalist » de Brady Corbet ****

  1. Avatar de princecranoir princecranoir dit :

    Un film marquant je crois et d’ailleurs, le public americain l’a très bien accueilli. Les comédiens sont formidables. Merci pour le lien 🙏

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