« Une grande fille » de Kantemir Balakov *

Iya travaille dans un hôpital auprès de blessés de guerre à la fin de la deuxième guerre mondiale à Leningrad. Elle est très grande et souffre de moments d’absences certainement dus à de l’épilepsie (ce n’est pas dit dans le film). Elle vit dans un appartement communautaire avec son petit garçon : Pashka.

Le film n’est pas explicite sur les événements historiques, mais il met en scène des personnages qui ne sont que douleur. Le thème, c’est le désir de maternité d’une femme qui a perdu un enfant. Il est aussi question d’euthanasie, d’homosexualité.

Ce qui m’a le plus touchée, c’est ce sentiment de malheur impalpable,  dans une URSS exsangue, avec des personnages déshumanisés tant ils ont souffert. Seul le médecin semble éprouver des sentiments non corrompus, une certaine morale.

Les acteurs sont taiseux et leurs gestes sont lents, leurs visages souvent comme figés.

Kantemir Balakov a écrit un film visuellement très beau et coloré dans lequel le vert et le rouge sont à l’honneur.

Pourquoi alors si peu d’étoiles ? J’ai été très mal à l’aise : j’avais l’impression de faire le grand écart tout au long du film entre le plaisir des images à l’esthétique parfaite et la souffrance portée par une histoire avec des scènes et une ambiance très éprouvantes. Du plaisir mêlé à de la souffrance, ça m’a beaucoup dérangée. Je préfère les films dramatiques avec une réalisation très classique, discrète, sobre, dans lesquels, la forme s’efface devant le fond.

Ma notation ne révèle que mon ressenti et non les qualités certaines du film.

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8 commentaires pour « Une grande fille » de Kantemir Balakov *

  1. ceciloule dit :

    J’avais vu Tesnota de ce réalisateur et j’avais détesté… une histoire sans beaucoup d’intérêt, des images très violentes, et pourtant, comme pour Une grande fille, les critiques étaient dithyrambiques !

    • Bonjour Ceciloule je comprends que tu n’aies pas forcément aimé son précédent film. Dans « une grande fille » il y a aussi une grande violence (pas forcément crue) dans certaines images et pourtant elles sont aussi esthétiquement parfaites.

  2. dasola dit :

    Rebonsoir Anne, j’a préféré Une grande fille à Tesnota. Je n’ai pas été mal à l’aise malgré l’histoire. Le plus terrible, c’est la mort de Paschka. Bonne soirée.

  3. princecranoir dit :

    Les avis sont très partagés sur ce film qui visiblement allie une esthétique remarquable à un sujet extrêmement douloureux. Après celui de Pascale, c’est le deuxième avis contrasté que je lis. Mais cela m’intrigue, j’avoue, et je pense que les deux aspects ne sont pas forcément incompatibles (combien de tableaux somptueux mettent en scène des atrocités). Je ne sais pas si j’aurai le temps d’aller le voir et me faire un avis avant qu’il ne quitte les écrans.
    Bonne journée.

    • Bonjour Princecranoir, je comprends bien ton argument et j’espère que tu auras l’occasion de te faire ta propre opinion. Ceci dit, une peinture se situe à autre degré de représentation qu’un film, le film a quelque chose de plus réaliste. Mais c’est sûr, je ne dis pas de faire un film laid pour parler d’une chose laide. Mais, je dirais pour « une grande fille » que la forme n’est pas adéquate au contenu : contemplative et chatoyante parfois, elle ne correspondait pas pour moi aux messages très douloureux du film. Je comprends que les avis soient partagés.

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