« Emilia Perez » de Jacques Audiard ****

Au Mexique de nos jours. L’avocate Rita Moro Castro (Zoe Saldana) permet à son cabinet de gagner un procès dont l’accusé était pourtant coupable du meurtre de sa femme. Juste après, elle est amenée chez un chef de cartel de drogues de synthèses, Juan « Manitas » Del Monte (Carla Sofia Gascon). Celui-ci veut devenir une femme dans le plus grand secret et laisser sa vie de criminel violent derrière lui.

De nombreuses questions se posent. S’il change d’identité sexuelle, que va devenir sa personnalité, son identité profonde ? Comment va-t-il/elle vivre la séparation avec sa femme et ses enfants ?

Trouvera-t-il le chemin de la rédemption ou alors se fera-t-il rattraper par la violence comme le prédit le proverbe biblique : « ceux qui prennent l’épée périront par l’épée ».

J’ai regardé ce film comme une fable racontée par Audiard, n’ayant que peu d’empathie pour les personnages pris dans cette histoire peu vraisemblable.

Cela dit, je suis ressortie du cinéma très enthousiaste et émue, touchée par d’autres sujets. Notamment par la description d’un Mexique exangue à cause des cartels de la drogue, de la corruption, des assassinats et des disparitions. Un Mexique peu sensible à la condition féminine.

La partie musicale est extraordinaire, les chansons aux mots justes, rythmées par de la danse, de belles voix et une musique qui se coule parfaitement dans ce monde à la dérive. La place faite à l’amour (dans un sens large) par Jacques Audiard est essentielle et laisse une touche d’espoir à l’histoire.

Malgré mes réserves, je conseille vivement d’aller voir ce film très original.

Voici les chroniques de Princecranoir, de Dasola et de Christoblog.

https://www.senscritique.com/film/emilia_perez/54313969

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« Le Roman de Jim » de Arnaud et Jean-Marie Larrieu ****

Aymeric (Karim Leclou) vit à Saint-Claude dans le Jura. Après un court séjour en prison, il rencontre Florence (Laeticia Dosch). Celle-ci attend un enfant d’un autre homme et le met au monde alors qu’elle est la compagne d’Aymeric.

Le couple s’installe à la campagne et élève l’enfant, un petit garçon prénommé Jim. Mais Christophe (Bertrand Belin), le père de Jim réapparaît, en grande détresse, suite à un drame familial. La famille initiale va être bouleversée.

Le temps passe, Aymeric est maintenant avec Olivia (Sara Giraudeau).

Lu sur internet ou sur papier, ce résumé semble correspondre à une histoire banale, voire ennuyeuse, déjà vue et revue.

Dans la salle et sur la toile il n’en est rien, tant le jeu des acteurs est délicat, sensible, débordant d’émotions souvent tues ou étouffées, parfois déclamées.

Les sujets sont abordés avec subtilité, sans préjugés et questionnent les idées sur la famille contemporaine. J’ai pensé au cinéaste japonais Hirokazo Kore-eda et notamment à « Tel Père, tel fils » ou « Notre petite soeur » pour la finesse du propos, le regard empreint d’humilité et de tendresse porté sur les questions familiales complexes.

Un très beau film.

Voici les articles de Dasola et de Christoblog.

https://www.senscritique.com/film/le_roman_de_jim/74938659

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« Le conte d’hiver » de William Shakespeare au Théâtre du Peuple à Bussang **** Mise en scène Julie Delille

Chaque été la représentation théâtrale du Théâtre du Peuple est un événement à Bussang. Cette année, la directrice du théâtre, Julie Delille a choisi de mettre en scène « Le conte d’hiver  » de William Shakespeare avec la traduction de Bernard Marie Koltès.

Avec essentiellement des comédiens amateurs et moins de 10 acteurs professionnels, « Le conte d’Hiver » est une pièce en 2 parties : l’une tragique et l’autre, comique et pastorale.

La partie tragique se déroule en Sicile. Elle est représentée avec des décors en bois sombre qui rappellent les formes d’un palais. Une musique omniprésente avec de l’orgue accentue le côté solennel et sombre de la tragédie. Il s’agit comme dans Othello d’une jalousie maladive qui pousse un roi vers la tyrannie.

Quelques moments du spectacle sont joués sous forme d’expression corporelle.

Le théâtre de Bussang est très spécial : le mur du fond de la scène peut s’ouvrir sur une forêt qui devient alors le décor naturel des pièces. Julie Delille exploite cet espace boisé dans la deuxième partie pastorale, se déroulant en partie en Bohème, 16 années après la première partie.

Shakespeare change de registre et offre une réparation au mal causé par le roi de Sicile.

J’ai beaucoup aimé l’ensemble, malgré une musique parfois pesante avec l’orgue. Le cadre du théâtre y est pour beaucoup, ainsi que la mise en scène plutôt classique et respectueuse de l’oeuvre avec des clins d’oeil aux vosgiens et leur théâtre de Bussang.

https://theatredupeuple.com/

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« Largo Winch : le prix de l’argent » de Olivier Masset-Depasse

Quelque part en Asie du Sud-Est, Tomer Sisley torse-nu les muscles saillants, bronzé, tente de réparer une machine avec des villageois. S’en suit une discussion avec son fils adolescent sur l’intérêt d’être le fils d’un milliardaire. Peu après à proximité de la tombe de sa mère, le fils de Largo Winch, Noom, se fait enlever.

Pendant ce temps, à Bangkok, la société multi-nationale de Largo Winch subit un revers financier.

Voici le début d’un film d’action sans répit sur le thème du complot, dans lequel les cadavres s’amoncellent, et dont la conclusion laisse prévoir une suite.

J’avais bien aimé le premier opus, le second un peu moins, « le prix de l’argent » m’a déçue. Malgré de bons côtés : voyage à travers le monde (Canada, Asie), découverte de la jeune actrice Elise Tilloloy, rythme soutenu ; le film présente des incohérences et des raccourcis qui nuisent à la crédibilité de l’ensemble.

J’ai trouvé le film bâclé c’est bien dommage avec le potentiel porté par l’histoire de Largo Winch.

https://www.senscritique.com/film/largo_winch_le_prix_de_l_argent/15158418

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« Moi, Moche et méchant 4 » de Patrick Delage et Chris Renaud ***

Même si nous sommes déjà au 4ème Opus de « Moi, Moche et méchant », j’ai été ravie de retrouver Gru, sa femme et leurs 3 filles, leur chien et surtout les Minions…et d’autres surprises.

Le début du film rappelle « Hôtel Transylvania » lorsque Gru se rend à une soirée des anciens élèves de son école pour méchants, un manoir lugubre, hissé sur un rocher. Gru y retrouve Maxime Le Mal, un ancien qui lui voue une rancune sans bornes, à cause d’une blessure adolescente.

Gru et sa famille devront se réfugier dans la ville de Mayflower.

Le rythme du film d’animation est très tonique et coloré et les péripéties se succèdent. J’ai particulièrement apprécié les nouveaux personnages : le bébé de Gru et Lucy ; la directrice de l’école des méchants au nom imprononçable et son putois domestique ; la petite voisine de Mayflower, Poppy ; les Minions transformés en super héros gaffeurs. Maxime le Mal est le moins original. Les Minions sont toujours ébouriffants et la fin est très réussie !

L’opus de cette année est un bon cru !

L’article de Christoblog.

https://www.senscritique.com/film/moi_moche_et_mechant_4/46647833

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« Horizon : une saga Américaine chapitre 1 » de Kevin Costner ****

1859 USA : « Horizon « est une vaste terre en bord de rivière dans la vallée de San Pedro (actuel Arizona). Dans différents Etats, un tract invite les pionniers à s’installer sur ces terres pour un avenir meilleur.

Mais dans la vallée de San Pedro les Apaches déjà à deux reprises tuent les colons qui tentent de fonder une ville au bord de la rivière. Frances et Kitty Kitteredge font partie des rescapés évacués par l’armée de l’Union. D’autres hommes vont se lancer à la poursuite des Indiens.

Les Indiens ne sont pas forcément d’accord sur l’attitude à adopter, mais tous craignent l’invasion irreversible des hommes blancs.

Dans le Montana, Kevin Costner raconte aussi l’histoire de Lucy/Helen, Sam son fils, la prostituée Marigold et le vendeur de chevaux Hayes Ellison ; qui tentent d’échapper à la vengeance de la famille Sykes. Les colons chinois ont aussi un rôle.

Sur la piste de Santa Fe, un convoi de pionniers se dirige vers Horizon dans de rudes conditions.

Les acteurs, parmi lesquels plusieurs indiens, se fondent parfaitement dans les personnages écrits par Kevin Costner. (Sienna Miller, Sam Worthington, Abbey Lee, Tom Payne..)

Cette saga qui aura 3 parties, réalisée sous la forme d’un film chorale, invite le spectateur dans des aventures hors norme. On découvre ou redécouvre l’immensité, la diversité et la beauté des vallées, cours d’eau , montagnes, désert, rochers des Etats-Unis.

La violence qui traverse le film n’est jamais crument filmée.

C’est un beau Western classique, avec une belle musique et des thèmes récurrents dans les films du genre. Je me suis laissée portée par les différents histoires et j’ai hâte de voir la suite en septembre.

Voici les articles de Dasola et de Princecranoir.

https://www.senscritique.com/film/horizon_une_saga_americaine_chapitre_1/46432851

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« To the Moon  » de Greg Berlanti ***

1969 : En pleine Guerre Froide, aux Etats-Unis, alors que le projet Apollo 11 voit le jour, les américains semblent peu enthousiastes par l’objectif d’atteindre la Lune. Ils sont davantage préoccupés par la Guerre du Viet-Nam. Moe (Woody Harrelson), un obscur agent du gouvernement demande à Kelly Jones (Scarlett Johansson), une experte en publicité sans foi ni loi, de développer la communication autour du projet.

Si le sérieux Cole Davis, responsable à la Nasa, est opposé à toute publicité et médiatisation de l’événement, la pétillante Kelly Jones va chercher des sponsors, développer des publicités et convaincre les sénateurs de voter le budget pour la mission Apollo 11.

C’est alors que l’agent Moe contraint la jeune femme à créer une information fallacieuse.

Scarlett Johansson a un fort potentiel comique. et la romance dans le film est assez sympathique.

Je n’aime pas trop les films qui détournent les événements historiques majeurs ; mais « To the Moon » surtout vers la fin m’a bien fait rire et a remis les choses en place.

Attention spoilers : Malgré l’emballage publicitaire et médiatique, l’événement historique de juillet 1969 et l’émotion qui s’y rattache, transcendent les travers de la société de consommation. L’intervention d’un petit chat noir va ridiculiser toute tentative de faire passer les premiers pas humains sur la Lune pour une fausse information. Les théories du complot sont aussi mises à mal par l’attitude décalée de Woody Harrelson et le bon sens de la jeune femme.

C’est un film agréable avec de la bonne musique pop.

https://www.senscritique.com/film/to_the_moon/47215366

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« Le comte de Monte-Cristo » de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière ****

Je conseille de mettre entre parenthèses ce que vous connaissez déjà sur le roman d’Alexandre Dumas : vos lectures et les films déjà vus.

Regarder cette somptueuse oeuvre romanesque avec un regard neuf, permet d’éprouver beaucoup de plaisir. J’ai ressenti un intérêt semblable à celui de mes premiers moments de cinéma, lorsque plus jeune je savourais les grands films d’aventure et de capes et d’épées.

La mise en scène est grandiose avec de très beaux décors et costumes, les acteurs sont inspirés, certains très sombres.

Je n’ai pas vu les 3 heures passer : le scénario se déroule de façon très fluide et captivante avec certains choix scénaristiques.

Je recommande « Le comte de Monte-Cristo » dans sa version de 2024, pour passer un beau moment de cinéma cet été.

https://www.senscritique.com/film/le_comte_de_monte_cristo/43518594

Les articles de Princecranoir, Christoblog et Dasola.

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« Dune : deuxième partie » de Denis Villeneuve ***/****

Cette deuxième partie, vue en DVD, commence là la première partie a pris fin : Sur la planète désertique Arrakis, Paul Atréides rejoint le peuple des Fremen après un combat à mort. Il est important d’avoir vu la première partie d’abord.

Plusieurs forces sont en jeu : l’Empereur Padishah Shaddam IV, sa fille et ses guerriers Sardaukar ; La maison des féroces Harkonnen représentée par le Baron Vladimir et son neveu Feyd-Rautha ; l’ordre féminin des Bene Gesserit ; le peuple du désert Fremen, avec ceux du Nord, libres, et ceux du Sud, fanatisés par l’ordre des Bene Gesserit ; la Maison Atréides originaire de Caladan, presque entièrement décimée par les Harkonnens à la demande de l’Empereur.

L’enjeu est le contrôle de la planète désertique Arrakis, source de l’Epice, matière première essentielle de cet univers. Arrakis est aussi peuplée de dangereux vers des sables, que seuls les Fremens parviennent à dompter. Certains attendent un Messie qui pourrait être Paul Atréides.

Dans cette deuxième partie, Denis Villeneuve redouble de maestria dans la conception des décors, des costumes, des scènes, des éléments, des matières, des gestes, des formes et des mouvements. Le tout rythmé par la grandiose musique de Hans Zimmer.

Cet univers est unique en son genre. Cela dit le scénario qui s’attachait dans la première partie aux destins individuels, singuliers s’intéresse aussi dans le deuxième opus au comportement des masses : les masses des peuples Harkonnen et impériaux qui cherchent à contrôler l’univers ; mais aussi les masses de Fremens qui voient en Paul Atréides un messie. J’ai trouvé cela assez glaçant, même si le film est formellement exceptionnel.

Voici les articles de Princecranoir, de Christoblog

https://www.senscritique.com/film/dune_deuxieme_partie/45424060

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« The Bikeriders » de Jeff Nichols ***/****

Un étudiant en photographie, inspiré du photographe Danny Lyon, au milieu des années 60, suit une bande de motards, les Vandals de Chicago, dans le but de rédiger un livre. Quelques années plus tard, le photographe retrouve Kathy (Jody Comer), la femme d’un des bikers, Benny. Celle-ci lui raconte l’évolution du groupe.

Le film commence quand Benny consomme dans un bar sans avoir « retiré ses couleurs », il se fait agresser par des clients.

Avec le récit de Kathy, et le regard du photographe, Jeff Nichols offre une chronique passionnante, une histoire d’amour touchante et une belle galerie de portraits d’un groupe de motards créé par Johnny (Tom Hardy). Ces hommes rejoignent le groupe, pour « appartenir à quelque chose ». S’ils n’obéissent pas aux règles de la société, ils se plient à celles du groupe jusqu’à parfois remettre l’autorité de Johnny en cause.

Ces bikers ont aussi un code de l’honneur qui commence à se déliter au moment de la guerre du Viet Nam, un tournant, aussi lorsque les Vandals deviennent de plus en plus nombreux.

J’ai malheureusement vu le film en VF. Malgré tout j’ai apprécié l’ambiance de cette vie marginale, les gros plans sur les visages expressifs, la reconstitution des années 60 avec les motos et les voitures, l’histoire entre Benny et Kathy. Ce n’est pas un film de course poursuite à la Mad Max.

Jeff Nichols met l’accent sur la communauté et les liens qui unissent ses fondateurs.

Merci Princecranoir dont l’article m’a incitée à voir ce film. Voici aussi l’article de Christoblog.

https://www.senscritique.com/film/the_bikeriders/49756816

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