Ken Scott met en scène la vie de l’avocat des célébrités, Roland Perez, d’après son livre auto-biographique.
Dans une première partie, qui se déroule à Paris essentiellement dans l’appartement familial, Roland Perez, le petit dernier, vit avec sa nombreuse fratrie et ses parents d’origine marocaine. Il naît avec un pied bot. Sa mère, Esther refuse de le faire appareiller. Pendant plusieurs années Roland se déplace en rampant dans l’appartement. Jusqu’au jour où la femme d’un rebouteux lui administre des soins. Grand Fan de Sylvie Vartan, Roland apprend à lire grâce à ses chansons et échappe de justesse aux services sociaux (excellente Jeanne Balibar). Le spectateur le suit jusqu’à l’adolescence.
Dans une deuxième partie, Roland a déjà 27 ans. Ken Scott raconte les moments essentiels de sa vie (études, rencontre avec sa femme, mariage, psychanalyse ..) jusqu’à son éloignement de sa mère et le décès de celle-ci.
J’ai suivi ce film très rythmé sans m’ennuyer, j’ai souvent souri. J’ai bien aimé la description nostalgique des années 69 / 70 (vêtements, décors, ambiance).
Certains points m’ont moins plu : le rapport à la temporalité que j’ai trouvé artificiel. Dans la première partie, pour montrer la répétition des routines Ken Scott use et abuse d’une mise en scène saccadée non linéaire. Il fait des sauts dans le temps, surtout dans la deuxième partie, l’histoire en devient morcelée.
Je n’ai pas trop aimé le jeu de Sylvie Vartan (de nos jours), ni le deepfake de l’interview. Le vieillissement de Leila Bekhti est plutôt raté.
J’ai souvent eu pitié de Roland Perez enfant, malgré le ton enthousiaste du film : le garçon est vraiment effacé face à sa mère qui occupe tout l’espace et chosifie son enfant. Même adulte il reste peu affirmé.
Finalement, quelques années de psychanalyse, l’écriture d’un livre, une rupture tardive, ont réconcilié l’avocat avec sa mère. La scène de la fin dans le cimetière de Menton est touchante et clôture bien le film … mais mon opinion reste mitigée.
