Anora, « Ani », 23 ans, travaille dans un club de strip-tease à New-York. De par ses origines, Ani parle russe. Le film débute par des scènes de femmes dénudées avec des clients dans le club. Ivan, un jeune russe demande la compagnie d’une femme parlant russe, ce sera Ani.
Le film est composé de 3 parties, en plus de cette introduction et d’un final plutôt émouvant. La première partie : la vie d’Ani et d’Ivan dans le luxe, la drogue, l’alcool et le sexe. La deuxième partie : dans l’appartement, la confrontation . La troisième partie : la déambulation nocturne dans les rues de New-York, jusqu’au bref voyage à Las Vegas.
Sean Baker s’intéresse à 2 jeunesses chaotiques : celle d’Ani, travailleuse du sexe qui vit dans la précarité et se débat pour échapper à sa condition ; celle d’Ivan, jeune adulte complètement immature qui s’amuse avec les flots de dollars de ses parents. Leur rencontre est détonante.
Il dresse un portrait au vitriol des oligarques russes et de leurs hommes de main. Je me suis demandé comment ces derniers peuvent encore bénéficier de passe-droits au USA malgré la guerre en Ukraine. Les dollars font toujours la loi.
Ani est l’héroïne de cette fable. Grâce à elle et son énergie, le spectateur a droit à des scènes avec un fort potentiel comique.
J’ai beaucoup aimé Igor, un des hommes de main, doté de lucidité et d’humanité.
Cela dit, un élément essentiel m’a vraiment rebutée, ce sont les dialogues et le choix du langage et du vocabulaire. Pas une phrase sans insulte ou terme outrancier, insultes puisées dans un registre très en dessous de la ceinture. Peut-être que ça passe mieux en VO, mais j’ai vu le film en français.
Du coup je me demande vraiment : pourquoi une palme d’or à Cannes, dans un pays avec des dialoguistes comme Michel Audiard ?
La chronique de Christoblog, de Princecranoir.
Sur Allociné.

J’ai beaucoup aimé cette première rencontre avec le cinéma de Sean Baker, pour moi une Palme plutôt méritée même si les rivaux ont aussi de grandes qualités à faire valoir (« Emilia Perez » et « les Graines du figuier sauvage », deux moments forts de cette année de cinéma). Vu en VO, les insultes passent très bien, c’est même presque musical, comme chez Tarantino.
Bonjour Anne, pas encore vu ce film (mais j’y pense). J’avoue que la bande-annonce ne m’a pas trop donné envie. Je pense que les insultes ou termes outranciers passent mieux en VO même si ce n’est pas trop ma tasse de thé. Bonne journée.
Bonjour Dasola, Oui je pense aussi. Cela dit je n’ai pas été trop touchée par le contenu du film, même s’il est intéressant et bien fait.
Bonjour Anne, je viens seulement de chroniquer ce film vu il y a quelque semaines. Tu fais partie de celles qui m’ont convaincue d’y aller. J’ai été agréablement surprise surtout par la deuxième partie qui est sur le ton de la comédie. De là à lui donner la Palme d’or, on peut en effet s’interroger surtout face au film de Rasoulof. Très bonne fête de fin d’année. A bientôt.
Merci pour ton commentaire, Dasola, Très bon Réveillon de Saint Sylvestre, à bientôt.