« Papicha » de Mounia Meddour *****

Nedjma étudie le Français à l’université et vit en cité U avec ses amies et colocataires. Elle est passionnée par la couture et rêve d’organiser un défilé dans les locaux de la fac. Elle est passionnée par les Haïks. Elle sort en discothèque comme beaucoup de jeunes de son âge et flirte avec Mehdi. Elle n’a plus que sa mère et sa grande soeur, Linda, journaliste.

Jusqu’ici juste quoi de plus banal, si ce n’est que Nedjma vit en Algérie dans les années 1990. Des faits viennent obscurcir ce tableau de vies ordinaires où pétille la jeunesse des protagonistes :

  • des femmes en noir viennent perturber le cours de Français et demandent que seul l’arabe soit parlé.
  • Des hommes armés placardent des affiches et distribuent des tracs invitant les femmes à se couvrir corps et visage.
  • Des barrages de police quadrillent la ville et des attentats meurtriers sont commis chaque jour.
  • Un mur de brique est construit progressivement autour de la fac
  • Au restau U on fait ingurgiter du bromure aux jeunes femmes pour calmer leurs ardeurs sexuelles
  • Une des jeunes femmes craint d’être tuée par son frère parce qu’elle aime un autre homme que celui qui lui est destiné.
  • Les quelques jeunes qui échappent à l’idéologie religieuse souhaitent quitter l’Algérie.
  • Et bientôt la tragédie

Malgré les tragédies qui vont marquer son année universitaire, Nedjma continue d’aimer son pays et ses traditions (comme le port du Haïk), rien ne la fera partir.

Mounia Meddour est très prudente dans ses mots et ses discours, ne cible personne ni aucune instance. Ceci dit les images et les faits sont riches de sens et ne mentent pas. Le message est porté tout entier par l’exemple de la jeune héroïne : c’est un appel à la résistance, qui doit venir des femmes elles-mêmes (dans le film aucun homme n’a le bon comportement) et une déclaration d’amour à l’Algérie.

Si tout ce qui montre l’islamisme en action glace les sangs et reste vraiment d’actualité, les dialogues vifs, piqués d’humour et d’esprit forment des répliques effrontées et bienvenues. Je salue le courage de la réalisatrice et des différents acteurs.

Un film essentiel et indispensable, même s’il laisse pessimiste, les projets des jeunes femmes restent humbles face à cet ennemi.

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2 commentaires pour « Papicha » de Mounia Meddour *****

  1. dasola dit :

    Bonjour Anne, j’y vais ce week-end. La bande-annonce m’a donné envie. Bonne journée.

  2. luocine dit :

    J’aimerais beaucoup voir ce film. Hélas il ne passe pas près de chez moi.

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